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Le ChatBot ''3aziza'' de iCompass en renfort contre le covid-19

La Tunisie regorge d'opportunités pour ceux qui sont prêts à y croire, même en ces temps difficiles. Et c'est ce qu'on apprend de Hatem Haddad et Ahmed Nouisser, les deux fondateurs d'iCompass, une entreprise de deep learning qui cartonne depuis 2019. Ces deux phénomènes de technologies se sont fait un nom grâce au dialecte tunisien. Ils reviennent sur leurs secrets de réussite dans un entretien avec IlBoursa.com.

Il s'agit ici de deux profils particulièrement intéressants. Ils ont grimpé les échelons et ont réussi à se faire une place grâce à leur ingéniosité. Ahmed Nouisser, doté de compétences en finance, en technologies et en communication, a commencé son parcours chez Orange France puis dans le monde du conseil. Puis, il a fondé sa propre boite pour enfin démarrer les activités d'iCompass. Pour ce qui est de Hatem Haddad, il possède l'expérience académique qu'on lui envie. Ayant soutenu sa thèse en 2002, il enchaîne l'expérience d'enseignement et de recherche dans divers coins du monde, même dans les pays scandinaves. Il a à son actif une liste interminable d'articles de recherches et de publications scientifiques dans l'ingénierie informatique. Pour ensuite consacrer son génie pour iCompass. 

" C'est une idée qui se trame avec Hatem depuis longtemps maintenant. Il est spécialisé dans la recherche d'informations depuis 20 ans. Depuis que les machines peuvent le faire, il se spécialise dans deep learning et computational linguistics " indique, en ouverture, Ahmed Nouisser. L'idée, pour eux, était de sortir du monde académique vers le business. D'où la création de iCompass.

" La levée de fonds est venue avec la création de la boite et on a pu la réaliser avec CAPSA CAPITAL PARTNERS, ajoute Ahmed Nouisser. Et c'est grâce au monde politique que les deux génies ont pu valider leur Proof Of Concept. " On a réussi à décrocher un contrat pour un des récolter les informations digitales, les traiter en indicateurs et pousser nos conseils en communication ", assène le co fondateur d'iCompass. Ils ont ainsi pu fournir des indicateurs sur la communication de ces candidats et de toute la communication de la scène politique.

Quand la linguistique devient une mine d'or

Sept millions de Tunisiens sont connectés sur les réseaux sociaux, selon les deux fondateurs. Ils parlent et communiquent sur les canaux digitaux et s'expriment généralement en plusieurs langues. En partant du dialecte tunisien jusqu'à l'anglais soutenu. Ce qui fait qu'il y a une masse d'informations indéchiffrables. Et donc le traitement de ces informations devient impossible. Avec iCompass, Ahmed Nouisser et Hatem Haddad ont pu répondre à cette problématique et déchiffrer l'indéchiffrable. " Notre système a pu avoir accès à cette masse d'informations en levant la barrière de la langue et en déduire des résultats. Et ce, grâce au deep learning ", indiquent les ingénieurs.

Ils ont commencé par classer les messages par catégories de langues. Tous les commentaires et textes digitaux ont été traités par leurs machines pour mesurer la performance de la communication. Humainement, cette tâche est impossible mais avec la machine qui fait tout en moins de 3 minutes, ceci devient accessible. Ils ont même pu mettre en évidence les insights, aussi bien négatifs que positifs.

Et cette solution n'est qu'une épingle dans la pile de programmes qu'ils proposent. " Nous avons " RaïCom ", proposé sur le Cloud. " Nous avons aussi créé un ChatBot ''3aziza'' qui se base sur l'Intelligence Artificielle. Il est capable de comprendre le dialecte et peut tenir une discussion soutenue. Nous avons ainsi développé un produit qui est même capable de blaguer et de changer de sujet ", renseigne Ahmed Nouisser. Et d'ajouter qu'en ce moment, ils sont en train d'apprendre le dialecte algérien, marocain et même africains à la machine.

Croisade vers l'international

Comme toute affaire qui se respecte, la sortie vers l'international est au programme. " Pour nous, la première étape est la Tunisie, ensuite ce sera la région MEA dans son ensemble ", explique le co-fondateur d'iCompass.

Sur le plan RH, l'entreprise dénombre 8 personnes dans ses effectifs. La majorité sont des docteurs en informatique. Même le chargé du département légal est un docteur dans son domaine. " Nous voulons être une équipe restreinte mais avec des compétences très pointues. Et l'idée est d'aller au-devant de la technologie et d'avoir les meilleures compétences en Tunisie pour réaliser nos objectifs ", a martelé Hatem Haddad. Il a fait savoir à IlBoursa que l'entreprise travaille par projet et que le maximum, en termes d'effectif, est d'avoir 15-20 personnes recrutées dans la région MEA.

Un atout contre le COVID-19

C'est une calamité qui nous est tombé sur la tête. L'humanité vit une crise qui va confiner les gens chez eux et le stress sera à son summum. Les personnes n'auront à leur disposition que leurs provisions et leurs téléphones. C'est dans ce sens qu'iCompass s'est volontairement proposée pour apporter sa pierre à l'édifice et lutter avec tous les acteurs de la place contre le Coronavirus.

" On offre une solution qui est déployée sur les sites officiels et les pages officielles des organes de l'Etat, ayant pour but de donner aux utilisateurs des informations primaires sur le Covid-19. Et avec une touche de casual chat. On peut même communiquer vers le 190 ou le numéro vert du ministère de la Santé ", rassure le co-fondateur d'iCompass.

Dans sa version plus poussée, en cours de développement, l'intelligence artificielle sera en mesure de détecter un stress chez un des utilisateurs et le mettre en contact avec un médecin qui, à son tour, se chargera de discuter avec la personne et de l'aider du mieux qu'il pourra. Impactantes sont les entreprises qui se mobilisent pour aider la collectivité dans sa détresse.

Propos recueillis par Azyz Meddeb

Publié le 27/03/2020 15:56:10

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