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Lancement officiel de la Banque africaine de l’énergie : Quelle place pour la Tunisie ?

La Tunisie ne fait pas partie des 18 pays fondateurs de cette initiative, mais pourrait-elle bénéficier des financements de la nouvelle Banque africaine de l'énergie ? Dotée d'un capital autorisé de 5 milliards de dollars, cette institution panafricaine ouvre une nouvelle perspective pour le financement des infrastructures énergétiques du continent.

 

 

L'Afrique se dote d'un nouvel instrument de financement pour son secteur énergétique. Afreximbank et l'Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO) ont officiellement créé, le 31 octobre 2026 à Abuja, la Banque africaine de l'énergie (Africa Energy Bank), avec un capital autorisé de 5 milliards de dollars. 

Cette nouvelle institution entend financer des projets sur l'ensemble de la chaîne énergétique, de l'exploration pétrolière et gazière au raffinage, au transport et à la distribution. Selon les estimations avancées par les organisations fondatrices, les besoins d'investissement énergétique du continent atteignent près de 200 milliards de dollars.

La nouvelle banque ambitionne ainsi de mobiliser des capitaux africains et internationaux pour accompagner le développement des infrastructures et réduire la dépendance du continent aux financements extérieurs.

 

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Il convient toutefois de distinguer le capital autorisé de 5 milliards de dollars des fonds effectivement disponibles. Ce montant correspond au plafond de capital que l'institution est habilitée à mobiliser, et non à une enveloppe déjà intégralement versée ou distribuée sous forme de prêts.

À ce stade, aucun portefeuille de projets financés ni calendrier détaillé de décaissement n'a été rendu public. Les premières opérations sont attendues en janvier 2027.

Dix-huit pays producteurs à l'origine du projet

La Banque africaine de l'énergie est portée par deux institutions : Afreximbank, la Banque africaine d'import-export, et l'APPO, qui regroupe 18 pays producteurs de pétrole. Il s'agit de l'Algérie, de l'Angola, du Bénin, du Cameroun, du Tchad, du Congo, de la République démocratique du Congo, de la Côte d'Ivoire, de l'Égypte, de la Guinée équatoriale, du Gabon, du Ghana, de la Libye, de la Namibie, du Niger, du Nigeria, du Sénégal et de l'Afrique du Sud.

La Tunisie ne figure pas dans cette liste et n'est donc pas directement représentée au titre de l'APPO dans la création de la nouvelle banque. Le projet n'est toutefois pas conçu comme un mécanisme réservé exclusivement à ces 18 États.

Son mandat est panafricain et l'établissement prévoit de mobiliser des financements auprès de gouvernements, de compagnies pétrolières nationales, d'institutions financières et d'investisseurs privés pour soutenir le développement énergétique sur le continent.

 

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Pour la Tunisie, l'intérêt pourrait donc se situer davantage dans les possibilités de financement de futurs projets que dans une participation directe à la mise en place de l'institution. Le pays pourrait, sous réserve des conditions d'éligibilité et des critères de financement qui seront définis par la banque, être concerné par ses interventions. À ce stade, aucun projet n'a toutefois été annoncé parmi les premières opérations.

Raffinage, transport et production : les priorités de la nouvelle banque

Le champ d'intervention de la Banque africaine de l'énergie couvre plusieurs segments de la chaîne de valeur énergétique. Il comprend l'exploration et la production de pétrole et de gaz, le transport, le traitement, le raffinage ainsi que la distribution.

L'objectif est de renforcer les capacités de transformation locales, de réduire les importations de produits pétroliers et de développer les échanges énergétiques entre pays africains.

Le défi est de taille. Selon les données présentées lors de la réunion constitutive à Abuja par le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, l'Afrique importe environ 70 % des produits pétroliers qu'elle consomme, alors qu'elle exporte près de 75 % de sa production de pétrole brut. 

La nouvelle institution entend ainsi contribuer au financement des infrastructures nécessaires pour conserver davantage de valeur ajoutée en Afrique, au lieu d'exporter les matières premières et de réimporter les produits raffinés. Elle devra également soutenir les infrastructures énergétiques domestiques et les échanges transfrontaliers.

Lors de sa première assemblée générale, tenue à Abuja, l'institution a nommé l'Égyptien Helmy Ghazi à sa présidence et constitué son premier conseil d'administration. Le ministre ivoirien Mamadou Sangafowa-Coulibaly, président en exercice de l'APPO, a également été élu à la tête de l'Assemblée générale pour un mandat d'un an.

La création de cette banque concrétise un processus engagé en 2022 entre Afreximbank et l'APPO. Son installation à Abuja, au Nigeria, avait été décidée en juillet 2024. Reste désormais à transformer cette nouvelle capacité de financement en projets concrets, dans un continent où les besoins énergétiques demeurent considérables.

Jihen Mkehli 

 

Publié le 02/11/26 11:29

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