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La Tunisie demande officiellement au FMI d'arrêter la 6ème revue

La situation économique actuelle à laquelle fait face la Tunisie a été le sujet de l'interview mené par Anis Morai avec le ministre des Finances, Nizar Yaïche, dans son émission Dans le vif du sujet sur les ondes de RTCI, ce matin.  

Interrogé sur le versement des salaires dans la fonction publique pour le mois d'avril, le ministre des Finances a rassuré les auditeurs en indiquant qu'un plan de trésorerie est en cours. " Il permettra de payer les salaires à temps sans aucun jour de retard ". A cela s'ajoutent les discussions en cours avec des bailleurs de fonds internationaux notamment avec le Fonds Monétaire International (FMI) qui va au-delà des 400 millions de dollars prévus.

" Nous avons demandé officiellement au FMI d'arrêter la 6e revue étant donné que nous aurons la possibilité d'avoir, à peu près, le même montant immédiatement dans le cadre du nouveau mécanisme d'aide mis en place par le FMI suite à la propagation de la pandémie de Coronavirus. Finalement, on gagne du temps par rapport à la renégociation du nouveau programme, ce qui reflète plus et mieux la vision du nouveau gouvernement notamment sur les aspects sociaux et de relance économique ", a-t-il déclaré.

Cependant, le ministre a itéré que " le message transmis ne devra pas être perçu comme optimiste par rapport à la situation actuelle " avant d'avertir encore une fois sur la gravité de la situation.

Le ministre des Finances a appuyé sur le caractère salvateur du secteur privé qui sera générateur de croissance à court terme. Actuellement, les réallocations budgétaires sont en cours pour alléger l'impact du coronavirus, compte tenu de l'impact qui sera réalisé cette année et dans les années à venir sur le poste d'investissement de l'Etat. Ainsi, il ne s'agit pas d'une action unilatérale puisque " la relance économique que nous construirons ensemble passera via le secteur privé mais aussi par l'État qui facilitera le travail de ce secteur ", a-t-il expliqué.

Nizar Yaïche a également souligné que les autorités seront attentives aux aspects sociaux dont la protection des emplois. Pour lui, ce sont les actes concrets qui importent, à l'instar des 23 mesures exceptionnelles prises en ce temps pandémique puisqu'il s'agit d'initiatives porteuses de " messages très forts qui touchent au tourisme, les transports, l'artisanat, la culture, les entreprises sinistrées, les entreprises pharmaceutiques ainsi que l'ensemble des entreprises par le biais de la revalorisation de leurs actifs immobiliers. ". Les nouvelles règles mises en place permettront à l'ensemble des entreprises une revalorisation de leur bilan mais également la garantie d'une meilleure position pour les renégociations.

M. Yaiche a également insisté à mettre de côté les calculs politiques et de " se focaliser dans le même sens collectivement pour pouvoir s'en sortir ". Dans la même continuité, l'application de l'article 70 de la constitution la permettra au gouvernement d'intervenir au niveau " d'une liste très précise de domaines y compris la relance économique et les aspects fiscaux ". Il a rappelé que l'heure n'est pas " aux calculs politiques " avant de signaler les urgences en cours qui sont la sauvegarde de l'économie et la protection des populations les plus vulnérables.

Quant aux hommes d'affaires qui voudront apporter leur aide par le biais d'acquisition de biens matériels, Nizar Yaïche a indiqué qu'il y a une possibilité " d'acheter directement certains produits qui seront commandés et dont leur coût s'élèverait à 300 millions de dinars ".

Pour l'heure, le gouvernement préconise pour un meilleur repositionnement d'un certain nombre de postes budgétaires, tandis que de nouvelles mesures seront annoncées dans les prochains jours dont un nouveau mécanisme de fixation des prix à la pompe.

Myriem Ben Yahia

Publié le 26/03/2020 16:26:44

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