Bien qu'elle soit 6e en Afrique, la Tunisie reste dans la catégorie “lower middle”, ce qui reflète ses difficultés à attirer, développer et retenir les talents malgré certains atouts régionaux.
L'Institut européen d'administration des affaires (INSEAD), en partenariat avec l'Institut Portulans, vient de publier son dernier Global Talent Competitiveness Index (GTCI). Cet indice, devenu une référence mondiale, mesure la capacité de 135 pays, représentant 93 % de la population mondiale et 97 % du PIB global, à attirer, développer et retenir les talents.
Le GTCI repose sur 77 indicateurs quantitatifs et qualitatifs, couvrant un large éventail de facteurs économiques, sociaux et technologiques. Parmi eux : l'efficacité des gouvernements, la qualité de l'environnement réglementaire, l'accès à Internet dans les établissements éducatifs, les investissements en recherche et développement, la proportion d'étudiants étrangers dans le système éducatif, la tolérance envers les immigrés, ainsi que la protection sociale.
L'indice prend également en compte les compétences du XXIᵉ siècle, telles que la maîtrise des outils numériques, les compétences relationnelles, l'adoption de l'intelligence artificielle et le bien-être des employés.
La Tunisie peine à attirer et retenir les talents
Pour l'édition 2025 du Global Talent Competitiveness Index, la Tunisie se classe 88e sur 135 pays, avec un score de 38,54, la plaçant dans la catégorie “lower middle”, c'est‑à‑dire dans la tranche inférieure moyenne en termes de compétitivité des talents.
Concrètement, cela signifie que le pays rencontre encore des difficultés pour attirer des profils qualifiés, développer les compétences locales et retenir les talents face à la concurrence internationale.
Sur le continent africain, la Tunisie se hisse néanmoins à la 6ème place, derrière des pays comme l'Afrique du Sud et Maurice. Selon les auteurs du GTCI, la Tunisie doit renforcer ses politiques de gouvernance, stimuler la recherche et développement et améliorer les conditions de travail et le bien‑être des employés pour progresser dans le classement mondial.
Maurice domine l'Afrique
Dans le reste de l'Afrique, Maurice se distingue comme le leader en matière d'attractivité des talents, occupant le 4e rang mondial avec un score de 49,70, grâce à un environnement économique stable, des politiques favorables à l'investissement et une main-d'œuvre qualifiée. Les Seychelles suivent de près, à la 50ᵉ place mondiale, se classant ainsi deuxième en Afrique. Viennent ensuite l'Afrique du Sud (79ᵉ), le Cap-Vert (83ᵉ) et le Botswana (85ᵉ).
Après la Tunisie (88ᵉ), on retrouve la Namibie (90ᵉ), l'Égypte (94ᵉ) et l'Algérie (96ᵉ). Le Maroc, avec une 98ᵉ place mondiale, ferme le Top 10 africain.
Singapour brille à l'échelle mondiale
À l'échelle mondiale, Singapour reste le pays le plus attractif pour les talents en 2025, suivi de la Suisse, du Danemark, de la Finlande et de la Suède. Ces pays doivent leur performance à un ensemble de facteurs : gouvernance efficace, infrastructures modernes, excellentes institutions éducatives, protection sociale solide, forte innovation technologique et ouverture internationale.
Leur environnement favorable aux talents combine attractivité économique et qualité de vie, ce qui attire les meilleurs profils du monde entier.
Dans le monde arabe, c'est le Qatar qui se démarque, se classant 35ᵉ au niveau mondial et figurant dans la catégorie “high”. Ce positionnement s'explique par des investissements massifs dans l'éducation et la formation professionnelle, une stratégie claire de diversification économique et des conditions de travail attractives pour les expatriés, notamment dans le secteur des technologies et de l'énergie.
Jihen Mkehli
Publié le 28/11/25 12:12




