La Fed maintient le statu quo sur ses taux directeurs, dans un contexte de désaccords internes et de fin de mandat de son président.

La Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé de maintenir son taux directeur inchangé, une orientation qui a toutefois révélé un niveau de dissension inhabituellement élevé au sein de l'institution.
Le taux de référence reste ainsi compris entre 3,5 % et 3,75 %, conformément aux anticipations des marchés financiers. Cette réunion a surtout été marquée par un désaccord important entre les membres du Comité fédéral de l'open market (FOMC), avec un vote de 8 contre 4, le plus élevé depuis 1992.
Les membres dissidents plaident principalement en faveur d'un ajustement plus rapide de la politique monétaire, exprimant des inquiétudes liées à l'évolution des perspectives économiques et au rythme futur des baisses de taux.
En d'autres termes, ces responsables estiment qu'un assouplissement monétaire plus rapide pourrait être nécessaire afin de soutenir l'activité économique, alors que d'autres jugent encore prématurée toute baisse supplémentaire dans un contexte d'inflation toujours surveillée.
Jerome Powell en fin de mandat
Cette décision marque la troisième réunion consécutive au cours de laquelle la Réserve fédérale maintient le statu quo, après une série de baisses de taux enregistrées l'année précédente.
La trajectoire de la Fed reste néanmoins graduelle. L'institution n'envisage plus qu'une seule baisse de taux en 2026, suivie d'une autre en 2027, avec l'objectif à plus long terme d'atteindre un taux dit “neutre” autour de 3,1 %, un niveau considéré comme équilibrant croissance économique et stabilité des prix.
Dans ses dernières projections publiées en mars, la Fed continue de tabler sur une croissance économique de 2,4 % cette année, ainsi que sur un taux de chômage de 4,4 % en fin d'année, un niveau globalement stable par rapport aux prévisions précédentes.
Sur le plan institutionnel, cette réunion intervient dans un contexte particulier, puisqu'elle pourrait être la dernière présidée par Jerome Powell, dont le mandat arrive à échéance le 15 mai, après plus de huit années à la tête de la banque centrale américaine.
Son successeur pressenti, Kevin Warsh, apparaît comme un candidat en bonne position pour être confirmé par le Sénat, dans un environnement politique de plus en plus polarisé.
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a régulièrement critiqué Jerome Powell, l'accusant de maintenir des taux trop élevés et de ne pas assouplir suffisamment la politique monétaire. À l'inverse, il affiche sa confiance dans Kevin Warsh, qu'il considère comme plus favorable à une politique monétaire plus accommodante.
Jihen Mkehli
Publié le 30/04/26 14:09




