La croissance des 41 économies suivies par la BERD devrait ralentir à 3,1 % en 2026, soit un demi-point de moins que prévu en février.
La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a revu à la baisse ses perspectives de croissance pour les économies émergentes et en développement où elle intervient.
Dans ses dernières prévisions, l'institution estime que les 41 pays couverts par son mandat devraient afficher une croissance moyenne de 3,1 % en 2026, soit une révision à la baisse de 0,5 point de pourcentage par rapport aux projections publiées en février.
La BERD attribue principalement cette révision à la baisse à la hausse des coûts de l'énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Selon l'institution, les tensions géopolitiques ont pesé sur les perspectives économiques de nombreuses économies importatrices d'énergie, contribuant à la dégradation des prévisions de croissance.
Les pays les plus touchés
La BERD signale également un ralentissement de l'activité dans plusieurs économies de sa zone d'intervention, notamment en Turquie, en Ukraine et en Égypte. Les révisions les plus marquées par rapport aux prévisions publiées en février concernent toutefois le Liban et l'Irak. Les perspectives de croissance de ces deux pays ont été abaissées respectivement de 6 et 5,1 points de pourcentage.
La BERD anticipe désormais une contraction de l'activité économique dans les deux pays en 2026. Le PIB du Liban devrait reculer de 2 %, tandis que celui de l'Irak est attendu en baisse de 1,5 %.
▐ Lire aussi : L'OCDE abaisse à 2,8 % ses prévisions de croissance économique mondiale en 2026
L'institution rappelle toutefois que les économies de sa région ont fait preuve d'une résilience notable en 2025. Leur croissance avait atteint 3,4 %, un niveau supérieur aux attentes initiales, grâce notamment à leur capacité d'adaptation face aux perturbations du commerce mondial et aux tensions tarifaires.
En ce qui concerne l'inflation, entre février et avril, l'inflation moyenne dans les pays couverts par la BERD a progressé de 1,2 point de pourcentage pour atteindre 6,4 %. La banque met en garde contre le risque de nouvelles hausses des prix alimentaires, qui pourraient affecter plus sévèrement les économies à faible revenu et accentuer les tensions sociales dans plusieurs pays.
La BERD souligne également que le contexte financier est devenu moins favorable. La hausse des coûts d'emprunt et le maintien de taux d'intérêt élevés limitent désormais les effets bénéfiques de l'inflation sur la réduction des ratios dette/PIB, contrairement à ce qui avait été observé au lendemain de la pandémie de COVID-19. Ce qui complique davantage la gestion des finances publiques dans de nombreux pays émergents.
Jihen Mkehli
Publié le 04/06/26 12:32




