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La Banque des États de l’Afrique centrale prévoit une utilisation du yuan dans ses réserves

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À terme, les pays d'Afrique centrale pourraient intégrer le yuan dans leurs mécanismes de réserves et de règlements commerciaux, une orientation qui doit encore être formalisée.

 

 

La Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) envisage d'intégrer le yuan chinois dans la composition de ses réserves de change.

L'annonce a été faite le 3 juillet par le gouverneur de l'institution, Yvon Sana Bangui, qui a évoqué une piste encore à l'étude mais jugée stratégique dans un contexte de diversification des actifs en devises.

Réellement, cette orientation consisterait pour la banque centrale à détenir une partie de ses avoirs en yuan, au même titre que les réserves actuellement libellées en euro, en dollar américain ou encore en or. L'objectif est la diversification des réserves officielles, utilisées pour financer les échanges extérieurs, régler les engagements internationaux et intervenir sur le marché des changes.

La BEAC couvre les économies de la zone CEMAC, à savoir le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et le Tchad, auxquelles s'ajoutent les économies régionales fortement interconnectées sur le plan commercial.

À ce stade, aucune décision n'a été arrêtée concernant un calendrier ou les modalités de mise en œuvre. Le gouverneur de la BEAC a toutefois indiqué qu'une visite prochaine auprès de son homologue de la Banque populaire de Chine était envisagée, afin d'approfondir les discussions et d'examiner les conditions d'une éventuelle coopération renforcée entre les deux institutions.

Réduire les coûts et les frictions dans les échanges CEMAC–Chine

Pour la Banque des États de l'Afrique centrale, l'enjeu est avant tout opérationnel. La Chine est aujourd'hui le premier partenaire commercial de la sous-région, ce qui rend les flux financiers entre les deux espaces particulièrement importants.

Dans les conditions actuelles, une transaction entre une entreprise de la CEMAC et un fournisseur chinois passe souvent par plusieurs conversions successives : du franc CFA vers l'euro, puis vers le dollar américain, avant d'être finalement convertie en yuan. Ce circuit complexe entraîne des coûts de change supplémentaires et expose les opérateurs aux fluctuations des différentes devises intermédiaires.

L'introduction du yuan dans les réserves de la BEAC permettrait de contourner une partie de ces intermédiaires. En disposant directement de liquidités en monnaie chinoise, les institutions financières de la zone pourraient réduire les frais de conversion, raccourcir les délais de règlement et limiter leur exposition à la volatilité des marchés de change.

L'internationalisation du yuan

Pour la Chine, l'objectif est visiblement clair depuis plusieurs années : donner au yuan une place plus importante dans les échanges internationaux. Elle cherche à réduire progressivement la dépendance au dollar, en mettant en place des circuits de paiement alternatifs et en multipliant les accords permettant de régler directement les échanges en yuan.

Plus récemment, la Chine a autorisé des banques comme Standard Bank et l'ICBC à faciliter les paiements en yuan sur le continent africain, une étape supplémentaire pour installer sa monnaie dans les échanges avec l'Afrique.

Ainsi, le yuan devient progressivement plus qu'une simple monnaie d'échange : un outil d'influence économique, mais aussi un moyen de simplifier et réduire le coût des transactions avec ses partenaires commerciaux.

Jihen Mkehli

 

Publié le 06/07/26 13:30

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