Si les pays importateurs d'hydrocarbures ont vu leur facture énergétique s'alourdir, les producteurs africains de pétrole et de gaz ont, à l'inverse, profité de la flambée des cours.
La crise au Moyen-Orient a profondément pesé sur les marchés de l'énergie et redistribué les coûts entre pays importateurs et exportateurs.
Selon une étude du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA les pays africains exportateurs de combustibles fossiles ont bénéficié de 21,6 milliards de dollars de recettes supplémentaires entre mars et août 2026, grâce à la flambée des prix provoquée par le conflit entre les États-Unis et l'Iran.
L'étude, intitulée " What the Hormuz crisis has cost fossil fuel importers - March to August 2026 ", évalue à 330 milliards de dollars le surcoût brut supporté par les importateurs de pétrole brut, de produits pétroliers et de GNL au cours des six mois ayant suivi les frappes américains contre l'Iran. Ce montant correspond à la différence entre les prix effectivement observés et ceux qu'anticipaient les marchés à terme avant le début du conflit.
L'Afrique, entre gains des exportateurs et facture des importateurs
Le choc énergétique a produit des effets très différents sur le continent africain. Sur les 41 pays africains couverts par l'étude, 32 ont enregistré une hausse de leurs dépenses liées aux importations de combustibles fossiles, pour un montant cumulé de 21,9 milliards de dollars.
À l'inverse, les neuf pays africains exportateurs ont bénéficié de la hausse des cours, avec 21,6 milliards de dollars de recettes supplémentaires sur la période. Le solde continental ressort ainsi à seulement 300 millions de dollars de gain net.
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En effet, Le Nigeria apparaît comme le principal bénéficiaire africain de l'envolée des prix. Le pays avait enregistré 7,5 milliards de dollars de recettes supplémentaires entre mars et août 2026.
Il devance ainsi plusieurs autres grands producteurs africains. L'Angola, la Libye et l'Algérie, combinés au Nigeria, représentent à eux seuls 18,1 milliards de dollars sur les 21,6 milliards de gains enregistrés par les exportateurs africains.
L'Égypte, premier pays africain à supporter le choc
À l'autre extrémité, les économies importatrices subissent de plein fouet la hausse des prix. L'Égypte est le pays africain ayant enregistré le coût supplémentaire le plus élevé, avec 5,2 milliards de dollars entre mars et août. Elle est suivie par l'Afrique du Sud, dont la facture énergétique s'est alourdie de 3,5 milliards de dollars, et le Maroc, avec 2,2 milliards de dollars supplémentaires.
Ces montants correspondent au coût additionnel lié à l'écart entre les prix observés après le début de la crise et ceux que les marchés anticipaient avant les frappes. Ils ne tiennent notamment pas compte de certains coûts liés au fret et aux primes de risque de guerre, ce qui signifie que l'impact réel pourrait être supérieur.
Un choc énergétique d'une ampleur exceptionnelle
À l'échelle mondiale, la crise d'Ormuz a provoqué le plus important choc pétrolier durable depuis la guerre du Golfe de 1990, selon le CREA. Entre mars et août, le prix du Brent a atteint en moyenne 93 dollars le baril, contre environ 69 dollars anticipés par les marchés à terme avant le conflit, soit une prime de 35%.
Le diesel a connu une hausse encore plus marquée, avec des prix moyens supérieurs de 59% aux anticipations d'avant-guerre. Les prix du GNL ont également fortement augmenté, de 75% en Asie et de 60% en Europe.
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Au total, le pétrole brut représente 164,1 milliards de dollars du surcoût mondial supporté par les importateurs. Le diesel et le gasoil comptent pour 73,8 milliards, l'essence pour 35,7 milliards, le GNL pour 38 milliards et le carburant aviation pour 20 milliards de dollars.
Les énergies renouvelables réduisent la facture
L'étude souligne toutefois que le développement des énergies renouvelables a permis à plusieurs pays de limiter l'impact de la crise. Au cours des cinq premiers mois de la crise, les capacités de production d'électricité propre installées depuis 2020 auraient permis aux pays importateurs d'éviter environ 36 milliards de dollars d'importations de charbon, de gaz et de pétrole. Sur ce montant, 22 milliards correspondent au gaz, 10 milliards au charbon et 5 milliards au pétrole.
Une partie de ces économies, soit 10,6 milliards de dollars, provient directement du fait que les prix ont été poussés au-dessus de leur niveau anticipé avant la guerre. Autrement dit, les capacités renouvelables déjà installées ont permis à ces pays de réduire leur exposition au choc des prix.
Le CREA estime que le coût mensuel supplémentaire lié à la hausse des prix du pétrole et du gaz transportés par voie maritime a atteint en moyenne 55,3 milliards de dollars. À titre de comparaison, les investissements mondiaux dans les capacités renouvelables ont représenté environ 700 milliards de dollars en 2025, soit près de 58 milliards de dollars par mois.
Jihen Mkehli
Publié le 31/08/26 12:30




