L'inflation en Turquie a reculé pour le troisième mois consécutif en août, s'établissant à 31,5% sur un an, contre 31,8% en juillet.

Selon les données de l'Institut turc de statistique (TÜİK), l'inflation annuelle a ainsi reculé pour le troisième mois consécutif, après 32,11% en juin. Elle atteint désormais son niveau le plus faible depuis mars. Sur une base mensuelle, en revanche, la hausse des prix s'est légèrement accélérée, passant de 1,78% en juillet à 1,84% en août.
Le chiffre ressort légèrement inférieur aux attentes des économistes, qui tablaient sur une inflation annuelle de 31,62% et une progression mensuelle de 1,86%. Depuis le début de l'année, les prix à la consommation ont augmenté de 22,07%, tandis que l'inflation moyenne sur douze mois s'est établie à 31,79%.
Une baisse encore insuffisante
Malgré cette amélioration, le niveau de l'inflation reste particulièrement élevé. La progression mensuelle de 1,84% montre que les pressions sur les prix restent importantes et que le processus de désinflation demeure fragile.
Cette situation intervient alors que la banque centrale turque maintient une politique monétaire restrictive. Son taux directeur est fixé à 37%, niveau auquel il a été maintenu lors de sa dernière réunion de juillet, pour le quatrième rendez-vous consécutif.
La Banque centrale de la République de Turquie (CBRT) a par ailleurs relevé en août sa prévision d'inflation pour la fin de 2026 à 28%, contre 26% auparavant, tout en conservant son objectif intermédiaire à 24%. Pour 2027, elle vise une inflation de 15%, puis 9% en 2028.
La croissance commence à payer le prix du resserrement
Le recul de l'inflation s'accompagne toutefois d'un ralentissement de l'activité économique. Au deuxième trimestre 2026, le PIB turc a progressé de 2,3% sur un an, en dessous des 2,9% anticipés par les économistes.
La demande intérieure a notamment diminué de 1,3% sur un trimestre. Le gouvernement turc devra désormais poursuivre la désinflation sans accentuer davantage le ralentissement de l'économie. Les tensions géopolitiques et l'évolution des prix de l'énergie constituent également des risques pour cette trajectoire.
Jihen Mkehli
Publié le 04/09/26 10:19




