Malgré la prolongation de la guerre au Moyen-Orient et le nouveau choc énergétique, le FMI table toujours sur une croissance mondiale d'environ 3% en 2026, soit la même prévision qu'en juillet, selon sa porte-parole Julie Kozack.
Le Fonds monétaire international (FMI) continue de tabler sur une croissance de l'économie mondiale d'environ 3% en 2026. Il ne s'agit toutefois pas d'une nouvelle prévision officielle. Cette projection avait été établie en juillet, lorsque le FMI avait ramené son estimation de 3,1% à 3%.
Interrogée jeudi 10 septembre sur l'impact de la guerre au Moyen-Orient, la porte-parole du FMI, Julie Kozack, a indiqué que l'économie mondiale restait " en bonne voie " pour enregistrer une croissance d'environ 3% cette année. L'institution n'a donc pas, à ce stade, révisé son scénario à la suite de l'aggravation des tensions géopolitiques.
La prochaine actualisation officielle des perspectives est attendue lors des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale, prévues du 12 au 18 octobre à Bangkok. Le Fonds pourrait alors intégrer dans ses projections l'impact plus durable du choc énergétique et des perturbations des échanges internationaux.
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Pour l'heure, le FMI considère que l'économie mondiale a fait preuve d'une résistance relativement importante face au choc énergétique. Les réserves de pétrole et de gaz, la diversification des sources d'approvisionnement et les ajustements de la demande ont permis à plusieurs économies d'absorber une partie des perturbations.
Cependant, le FMI souligne que les risques restent élevés, alors que la prolongation du conflit pourrait maintenir les prix de l'énergie à des niveaux élevés et compliquer davantage la trajectoire de désinflation.
Le choc énergétique reste le principal risque
La hausse des prix du pétrole et du gaz constitue désormais l'un des principaux facteurs susceptibles de peser sur les perspectives mondiales. L'approche de l'hiver dans l'hémisphère Nord pourrait notamment accentuer les tensions sur les marchés énergétiques, avec la reconstitution des stocks et une hausse saisonnière de la demande.
Le choc énergétique risque également de se transmettre à d'autres composantes des prix, notamment à travers les coûts de transport, les engrais et l'alimentation. Pour le FMI, cette situation pourrait ralentir le processus de désinflation observé depuis plusieurs années.
Les anticipations d'inflation ont ainsi augmenté à l'échelle mondiale, même si elles restent, selon le FMI, relativement bien ancrées à long terme. L'institution appelle dans ce contexte les banques centrales à maintenir leur priorité sur la stabilité des prix.
L'IA soutient encore l'investissement
À l'inverse, le développement rapide de l'intelligence artificielle constitue actuellement un facteur de soutien pour l'économie mondiale. Le FMI observe ainsi deux forces contradictoires : d'un côté, le choc énergétique et les tensions géopolitiques pèsent sur l'activité ; de l'autre, les investissements massifs dans l'IA et les technologies associées continuent de soutenir la demande.
Cela contribue, selon le FMI, à expliquer pourquoi la croissance mondiale résiste jusqu'à présent mieux que ne le laissait penser la multiplication des risques géopolitiques.
Le FMI reste néanmoins attentif au risque d'une correction des valorisations liées à l'IA. Un retournement marqué des investissements dans ce secteur pourrait peser sur l'activité et accentuer les fragilités financières.
La dette mondiale frôle 100% du PIB
À ces risques conjoncturels s'ajoute la question de la dette publique. Selon la porte-parole du FMI, Julie Kozack, la dette publique mondiale est désormais proche de 100% du PIB, son niveau le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale, et devrait continuer à augmenter.
Les économies avancées affichent notamment des ratios de dette particulièrement élevés, tandis que plusieurs pays en développement font face à des problèmes croissants de liquidité.
Face à cette situation, le FMI appelle les autorités budgétaires à préparer des plans de consolidation à moyen terme. Julie Kozack a toutefois souligné qu'il ne s'agissait pas de procéder à un ajustement budgétaire " du jour au lendemain ", mais plutôt de disposer d'une trajectoire claire indiquant comment les déficits et la dette doivent progressivement diminuer.
L'institution encourage également les gouvernements à engager des réformes structurelles et à supprimer les obstacles qui freinent les perspectives de croissance.
Jihen Mkehli
Publié le 11/09/26 11:09




