Face à la hausse des coûts de l'énergie et du transport, le Maroc obtient 487 millions de dollars de la Banque africaine de développement.
La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un financement de 487 millions de dollars en faveur du Maroc, soit près de 4,8 milliards de dirhams, pour accompagner les réformes économiques du royaume et renforcer sa capacité à absorber les chocs extérieurs.
Approuvée le 21 octobre à Abidjan, cette enveloppe intervient dans un contexte de hausse des coûts de l'énergie et du transport liée aux tensions au Moyen-Orient.
Ce financement correspond à la troisième et dernière phase du Programme d'appui au renforcement de la gouvernance économique et de la résilience au changement climatique (PGRCC), lancé en 2024.
Il s'inscrit également dans le Cadre mondial de réponse à la crise de l'énergie et des engrais de la BAD, doté de 5,1 milliards de dollars, destiné à aider les pays membres à faire face aux répercussions des chocs extérieurs.
L'objectif est de permettre au Maroc de préserver ses dépenses prioritaires et ses marges de manœuvre budgétaires, tout en poursuivant les réformes engagées. La hausse des coûts énergétiques et du transport constitue en effet une source de pression supplémentaire pour les finances publiques et l'activité économique.
Les entreprises publiques, l'eau et l'électricité au cœur du programme
Le programme repose sur deux principaux volets. Le premier porte sur la gouvernance économique et l'amélioration du climat des affaires. Il prévoit notamment la restructuration du portefeuille des entreprises et établissements publics, la modernisation du cadre des partenariats public-privé et des mesures destinées à faciliter la mobilisation de l'investissement privé.
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Les petites et moyennes entreprises, l'innovation et l'intégration des entreprises marocaines aux chaînes de valeur mondiales figurent également parmi les priorités. À travers ces mesures, la BAD entend renforcer le rôle du secteur privé dans l'investissement et la création de valeur, tout en recentrant l'État sur ses fonctions stratégiques.
Le second volet concerne la résilience climatique et énergétique. Il prévoit une modernisation de la gouvernance des secteurs de l'eau et de l'électricité, ainsi qu'une meilleure intégration des enjeux climatiques dans les politiques publiques, afin d'accélérer la transition vers une économie bas-carbone.
Une enveloppe supérieure aux montants initialement prévus
Le montant approuvé marque une nette augmentation par rapport au calendrier financier initial du programme. En juin 2024, lors de la première phase, la BAD prévoyait un financement de 120 millions d'euros, assorti de deux tranches supplémentaires de 150 millions d'euros chacune. La deuxième phase, approuvée en juin 2025, avait déjà atteint 181,8 millions d'euros.
Cette troisième phase bénéficie du rattachement au cadre de réponse à la crise énergétique et des engrais, ce qui explique l'ampleur de l'enveloppe annoncée. La BAD n'a toutefois pas précisé, dans son communiqué, la devise effective du financement, sa maturité ni ses conditions financières.
Depuis 1978, le Groupe de la Banque africaine de développement indique avoir mobilisé près de 15 milliards d'euros pour plus de 150 projets au Maroc, notamment dans les transports, l'énergie, l'eau et l'assainissement, l'agriculture et la protection sociale.
Jihen Mkehli
Publié le 23/10/26 10:21




