Après les nouvelles frappes américaines contre l'Iran, le Brent a franchi à nouveau la barre des 90 dollars, alors que le trafic maritime dans cette importante voie d'approvisionnement reste fortement perturbé.

Les prix du pétrole ont bondi de plus de 2% ce lundi 31 août 2026, après l'attaque menée par les États-Unis contre l'île iranienne de Larak, située dans le détroit d'Ormuz.
Le Brent a ainsi dépassé le seuil des 90 dollars le baril au cours des échanges matinaux. Il progressait de 2,51 dollars, soit 2,85%, à 90,61 dollars le baril. De son côté, le baril de West Texas Intermediate (WTI) gagnait 2,13 dollars, soit 2,55%, pour atteindre 85,53 dollars.
Cette hausse s'explique principalement par la nouvelle escalade militaire autour du détroit d'Ormuz, l'un des principaux passages maritimes mondiaux pour les exportations de pétrole.
Les États-Unis ont indiqué que leurs forces avaient ciblé dimanche deux rampes de lancement sur l'île iranienne de Larak, lors des premières frappes américaines connues contre cette île depuis la fin du mois de juillet.
En réponse, l'Iran a attaqué deux bases aériennes américaines situées en Jordanie, selon les médias iraniens. Pour les analystes, ces nouveaux affrontements marquent l'entrée du conflit dans une " nouvelle phase d'escalade ".
La durée de cette nouvelle séquence reste toutefois incertaine, alors que le marché redoute désormais une perturbation plus durable du trafic maritime et des flux pétroliers dans la région.
Le risque d'un nouveau choc pétrolier
Les nouvelles tensions militaires interviennent alors que le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz reste fortement perturbé. Les passages de navires ont chuté à une poignée par jour, très loin des niveaux observés avant le conflit.
Selon les données de suivi maritime, environ cinq navires par jour seulement traversent actuellement le détroit, contre plus d'une centaine quotidiennement avant la guerre, soit une baisse d'environ 95%.
Sept navires transportant des matières premières avaient franchi le détroit jeudi 27 août, contre 17 la veille et une moyenne de 15 sur les dix jours précédents. Le vendredi suivant, 14 navires ont toutefois transité, dont un très grand pétrolier transportant environ 2 millions de barils de pétrole qatari. Le navire aurait quitté le détroit avec son transpondeur désactivé.
Après les frappes américaines sur Larak, les investisseurs redoutent désormais une nouvelle détérioration de la situation dans le détroit. L'enjeu n'est plus seulement la baisse actuelle des flux, mais surtout le risque d'une fermeture plus durable ou d'une multiplication des attaques contre les navires.
Dans ce scénario, la pression sur les prix du pétrole pourrait s'accentuer rapidement. Les marchés avaient déjà intégré une importante prime de risque liée à la crise d'Ormuz. En avril, HSBC avait relevé sa prévision de prix moyen du Brent pour 2026 à 95 dollars le baril, en raison d'une fermeture effective du détroit plus longue que prévu.
Les prévisions restent toutefois très dépendantes de l'évolution du conflit. Une reprise durable de la circulation maritime pourrait détendre rapidement les cours, tandis qu'une nouvelle interruption des exportations pourrait pousser le Brent bien au-delà des niveaux actuels.
Jihen Mkehli
Publié le 31/08/26 10:38




