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Crise d’Ormuz : L’Europe face à une facture énergétique de 67 milliards d’euros

L'Europe paie cher les perturbations du trafic dans le détroit d'Ormuz. La facture supplémentaire de ses importations de combustibles fossiles a atteint 67 milliards d'euros entre mars et août 2026.

 

 

La crise autour du détroit d'Ormuz a fortement alourdi la facture énergétique de l'Union européenne. Entre mars et août 2026, les Vingt-Sept ont payé 67 milliards d'euros supplémentaires pour leurs importations de combustibles fossiles par rapport aux anticipations des marchés avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, selon une analyse du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA).

L'Union européenne apparaît ainsi comme la région la plus exposée au choc énergétique provoqué par les perturbations du trafic dans le détroit. La hausse concerne principalement le pétrole brut, les produits pétroliers et le gaz naturel liquéfié (GNL) transportés par voie maritime.

À l'échelle mondiale, le surcoût brut des importations de combustibles fossiles atteint 283 milliards d'euros sur la même période.

Une facture européenne particulièrement lourde

En valeur absolue, l'Union européenne devance largement les autres grands importateurs. La Chine a enregistré environ 30 milliards d'euros de dépenses supplémentaires, suivie de l'Inde avec 19 milliards d'euros.

 

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Mais le choc apparaît encore plus clairement lorsque les recettes supplémentaires tirées des exportations de combustibles fossiles sont prises en compte. Le coût net supporté par l'UE atteint ainsi 46 milliards d'euros, contre 49 milliards de dollars pour l'Asie de l'Est selon les calculs du CREA.

L'Europe reste fortement dépendante des importations de combustibles fossiles. La Commission européenne estime qu'ils représentent encore 57% de l'énergie consommée dans l'UE et que le bloc avait importé pour environ 340 milliards d'euros de combustibles fossiles en 2025.

La France, l'Italie et l'Espagne parmi les plus touchées

Le choc n'est toutefois pas uniforme entre les États membres. Plusieurs grandes économies européennes figurent parmi les pays ayant subi les coûts nets supplémentaires les plus élevés.

La France arrive au quatrième rang mondial, avec près de 9 milliards d'euros de surcoût net entre mars et août, soit environ 0,32% de son PIB. Elle est suivie par l'Italie, avec 8,6 milliards d'euros, l'Espagne avec 6,8 milliards, les Pays-Bas avec 5,4 milliards, la Pologne avec 4,6 milliards et l'Allemagne avec 3,6 milliards d'euros.

Les produits pétroliers constituent une part importante de cette facture. L'Italie affiche le coût net supplémentaire le plus élevé de l'UE pour le pétrole brut, avec environ 7 milliards d'euros. La France est, de son côté, particulièrement exposée sur le diesel et le gazole, avec près de 2 milliards d'euros de surcoût, ainsi que sur le kérosène et le GNL.

Le pétrole et le gaz au cœur du choc

La crise d'Ormuz ne s'est pas traduite uniquement par une hausse du prix du pétrole brut. Au cours des six premiers mois du conflit, les prix du GNL en Europe ont été en moyenne 60% supérieurs aux niveaux anticipés avant la guerre. Le diesel et le gazole ont enregistré une hausse de 59%, tandis que le pétrole brut affichait un écart de 35% par rapport aux prévisions d'avant-guerre.

Cette envolée des prix se transmet progressivement au reste de l'économie. Le diesel joue notamment un rôle central dans le transport routier, l'agriculture et une partie de l'activité industrielle. Sa hausse renchérit ainsi le transport des marchandises et finit par peser sur les coûts de production et les prix à la consommation.

La situation est d'autant plus sensible que les perturbations du trafic dans le détroit d'Ormuz ont obligé les importateurs européens à réorganiser leurs approvisionnements. Entre mars et mai, les importations européennes de GNL en provenance du Qatar ont diminué, tandis que celles en provenance des États-Unis, de l'Algérie, de la Russie et de la Norvège ont progressé. Les États-Unis ont ainsi représenté 60% des importations européennes de GNL sur cette période.

Selon le CREA, les capacités de production d'énergie propre installées depuis 2020 ont permis aux pays importateurs d'économiser près de 31 milliards d'euros d'importations de pétrole, de gaz et de charbon entre mars et juillet 2026. Pour l'Union européenne, ces capacités constituent donc un amortisseur face à la volatilité des marchés internationaux.

Jihen Mkehli

 

Publié le 31/08/26 08:08

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