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La Libye lance un mégaprojet sidérurgique de 2,5 milliards de dollars

À Benghazi, le projet porté par la coentreprise turco-libyenne Tosyalı-SULB doit atteindre, à terme, une capacité de 8,1 millions de tonnes de fer réduit directement par an, dont près de 90% destinées à l'exportation.



 

À l'Est de la Libye, un important projet sidérurgique se prépare à Benghazi. Selon Reuters, le complexe développé par la coentreprise Tosyalı-SULB devrait mobiliser environ 2,5 milliards de dollars d'investissements et atteindre, à terme, une capacité de production de 8,1 millions de tonnes de fer réduit directement (DRI) par an.

Le projet associe Tosyalı Holding, l'un des principaux producteurs d'acier de Turquie, et la Libya United Steel Company for Iron and Steel Industry (SULB), société libyenne. Les deux partenaires ont créé Tosyalı-SULB pour développer ce complexe industriel à Benghazi.

Le projet sera réalisé en plusieurs phases. La première, d'une capacité de 2,7 millions de tonnes par an, devrait entrer en production commerciale au début de 2028, selon Reuters. À terme, les trois phases doivent porter la capacité totale à 8,1 millions de tonnes de DRI par an.

Un complexe destiné à l'export

Le débouché international constitue l'un des principaux axes du projet. Selon Ahmed Gadalla, président de Tosyalı-SULB, environ 90% de la production devraient être destinés à l'exportation, notamment vers les marchés européens et africains, tandis qu'une partie sera écoulée sur le marché libyen.

 

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Le complexe doit également produire différents produits sidérurgiques destinés au marché local, notamment des barres d'acier et des tubes. Sa localisation à Benghazi, sur la façade méditerranéenne, doit par ailleurs faciliter l'acheminement des matières premières et l'accès aux marchés extérieurs.

Une technologie orientée vers le DRI

Le complexe sera principalement consacré à la production de fer réduit directement (DRI), un produit intermédiaire utilisé dans la fabrication de l'acier. Le projet avait été annoncé en 2024 par Tosyalı et SULB, qui avaient alors indiqué leur intention d'utiliser la technologie MIDREX Flexi DRI.

Cette technologie permet notamment d'intégrer progressivement l'hydrogène dans le processus de production, une évolution qui pourrait réduire l'empreinte carbone de la production de fer à mesure que la disponibilité de l'hydrogène se développe.

Le site, implanté à Ras Al-Mangar, à l'est de Benghazi, s'étend sur environ 380 hectares. Pour la première phase, des accords d'approvisionnement en gaz ont été finalisés et une centrale électrique dédiée est également prévue afin de répondre aux besoins énergétiques du complexe.

Un nouvel axe industriel pour la Libye

Pour la Libye, l'enjeu dépasse la seule construction d'une nouvelle capacité sidérurgique. Le projet doit contribuer à développer une filière industrielle autour du fer et de l'acier, alors que l'économie du pays reste fortement dépendante des hydrocarbures.

Le complexe doit également renforcer les capacités locales de production de matériaux destinés notamment à la construction et aux infrastructures.

Pour Tosyalı, cette implantation prolonge par ailleurs sa stratégie d'expansion en Afrique et dans le bassin méditerranéen. Déjà présent dans plusieurs pays, dont l'Algérie, le Sénégal et l'Angola, le groupe turc entend renforcer, avec cet investissement en Libye, sa position sur le marché du fer réduit directement (DRI) et du fer briqueté à chaud (HBI), utilisé comme matière première dans la production d'acier.

Jihen Mkehli

 

Publié le 11/09/26 14:13

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