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Indice d’opacité financière : La Tunisie se classe 78ème à l'échelle mondiale

L'indice d'opacité financière, "Financial Secrecy Index (FSI) 2020", établi par l'ONG Tax Justice Network, évalue dans quelle mesure les systèmes juridiques et financiers des pays permettent de cacher des richesses en vérifiant, par exemple, les lois sur le blanchiment d'argent, les contrôles et le volume de l'activité financière. Dans ce rapport, publié le mardi 18 février 2020, la Tunisie se positionne à la 78e place sur un total de 133 pays.  

La recherche intervient dans un nouveau débat autour de la réforme financière, à la suite de scandales en Europe impliquant de l'argent russe utilisant les pays baltes comme tremplin vers le monde occidental.

L'indice classe les pays sur la base de leurs lois fiscales et du niveau de secret financier sur une échelle de 0 à 10, (0) étant le système de droit fiscal le plus transparent. L'opacité financière crée des opportunités de fraude fiscale, d'échapper à la réglementation financière et à la corruption, qui peuvent nuire aux recettes publiques et, en fin de compte, affecter la capacité de dépense d'un État dans le secteur social.  

Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), les Émirats Arabes Unis enregistrent une mauvaise sortie dans l'indice d'opacité financière en se classant 10e au niveau mondial et premiers dans la région. Le Qatar (20e) et l'Algérie (23e) font également partie du Top 3 des pays de la région faisant le plus pour aider les citoyens les plus riches au monde à cacher et blanchir de l'argent. Le Liban (26e), le Koweït (28e), Israël (38e), la Jordanie (42e), l'Arabie Saoudite (45e) et l'Égypte (46e) leur emboîtent le pas.

La fiscalité tunisienne est également la moins opaque à l'échelle africaine puisque la première place revient au Kenya occupant la 24e position au monde et la 1ère au niveau du continent. Il est suivi du Nigéria (34e), l'Angola (35e), l'Île Maurice (51e), l'Afrique du Sud (58e) et le Maroc (72e). À eux seuls, les pays africains pauvres sont confrontés à la perte d'environ 1.000 milliards de dollars en raison de l'opacité financière, selon l'étude. Ce montant est cinq fois supérieur à celui des 200 milliards de dollars américains que ces pays doivent en tant que dette extérieure totale. 

Tax Justice Network a révélé que les Îles Caïman sont le " pire délinquant " en matière de transparence financière au monde. Cette première place attribuée au territoire britannique d'outre-mer surgit le même jour où l'Union européenne l'a ajouté à sa liste noire des paradis fiscaux. Le rapport place la Suisse à la troisième place de cette nomenclature derrière les États-Unis. Il a été également indiqué que la transparence bancaire étasunienne, traitant du partage des informations financières avec les autorités étrangères, s'appliquait principalement aux pays du Nord plutôt qu'aux pays du Sud.

Notons que le rapport souligne le fait que " les pays riches de l'OCDE et leurs satellites sont les principaux destinataires ou conducteurs de ces flux illicites ", ce qui a d'énormes implications pour la politique mondiale de l'énergie. Le rapport identifie également cela comme la principale raison de l'échec des "efforts de répression des paradis fiscaux", car "ce sont les destinataires de ces afflux gigantesques qui fixent les règles" des régimes financiers mondiaux.

Myriem Ben Yahia

Publié le 21/02/2020 12:54:13

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