Longtemps dominé par quelques producteurs historiques, le marché africain du gaz naturel liquéfié connaît une nouvelle phase d'expansion, avec l'entrée progressive de pays comme la Mauritanie et le Mozambique dans le cercle des exportateurs.
Entre janvier et juin 2026, les pays africains ont exporté 22,8 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) contre 18,6 millions de tonnes durant la même période en 2025, soit une progression d'environ 23 %, selon les données du suivi des marchés mondial et arabe du GNL.
Cette croissance est notamment le résultat de la hausse des volumes en provenance des principaux producteurs africains, mais aussi de l'émergence de nouveaux pôles gaziers sur le continent.
Le Nigeria reste largement en tête du classement avec 9,8 millions de tonnes exportées, enregistrant une progression de 34,5 % sur un an.
Le Nigeria domine, l'Algérie conserve la deuxième place
Avec près de 10 millions de tonnes expédiées en six mois, le Nigeria confirme son statut de premier exportateur africain de GNL. Le pays bénéficie notamment de la montée en puissance de ses infrastructures de liquéfaction et de son important potentiel gazier.
Derrière lui, l'Algérie occupe la deuxième position avec 4,47 millions de tonnes exportées. Le pays reste un acteur historique du marché africain du GNL, même si ses volumes ont diminué de 6,5 % sur un an, passant de 4,78 millions de tonnes au premier semestre 2025 à 4,47 millions de tonnes en 2026.
L'Angola complète le podium avec 2,55 millions de tonnes, suivi du Mozambique, dont les exportations atteignent 1,87 million de tonnes grâce au développement progressif de ses projets gaziers.
La Mauritanie s'impose parmi les nouveaux producteurs
La principale évolution du classement vient de la Mauritanie, qui figure désormais parmi les cinq premiers exportateurs africains de GNL avec 1,37 million de tonnes exportées au premier semestre 2026.
Cette progression est liée au démarrage du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), situé au large de la frontière maritime entre la Mauritanie et le Sénégal. Ce projet marque l'entrée de ces deux pays dans le cercle des producteurs africains de GNL et illustre l'élargissement de la carte énergétique du continent.
D'autres pays participent également aux exportations africaines de GNL. La Guinée équatoriale a exporté 1,36 million de tonnes, devant la République du Congo avec 670 000 tonnes, le Cameroun avec 610 000 tonnes et l'Égypte avec environ 160 000 tonnes.
Une recomposition progressive du marché africain
La progression des exportations africaines est liée à un contexte de forte demande mondiale en gaz, notamment en Europe, qui cherche à diversifier ses sources d'approvisionnement depuis la crise énergétique liée au conflit russo-ukrainien.
Si les producteurs historiques comme le Nigeria et l'Algérie continuent de concentrer l'essentiel des volumes exportés, la montée en puissance du Mozambique et de la Mauritanie traduit une recomposition progressive du secteur gazier africain.
Le continent dispose encore d'importantes réserves de gaz naturel, mais leur transformation en capacités d'exportation dépendra de plusieurs facteurs : investissements dans les infrastructures, stabilité réglementaire, accès aux financements et développement des chaînes de liquéfaction.
À moyen terme, plusieurs projets pourraient renforcer le poids de l'Afrique sur le marché mondial du GNL et permettre au continent de mieux valoriser ses ressources gazières.
Jihen Mkehli
Publié le 29/07/26 13:11




