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Etude : 66% des Tunisiens ont emprunté en dehors des banques en 2018

ISIN : TN0009050014 - Ticker : PX1
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ALTAI Consulting, un bureau d'étude et de conseil créé en Afghanistan en 2003, a réalisé une étude sur l'inclusion financière en Tunisie au profit du Ministère des Finances, des autorités de contrôle et de l'Observatoire de l'Inclusion Financière relevant de la Banque Centrale de Tunisie

Cette étude réalisée grâce à des financements du Fonds fiduciaire de la FEMIP, sous la gestion de la Banque Européenne d'Investissement (BEI), et à la contribution exceptionnelle du Ministère des Affaires Etrangères du Grand-Duché de Luxembourg, est la première étude de référence sur l'inclusion financière en Tunisie élaborée sur la base d'indicateurs consensuels adaptés au contexte tunisien.

L'enquête, réalisée de mars à mai 2018, comporte deux échantillons distincts avec un questionnaire spécifique pour chacun : un échantillon individus qui vise à visiter 6 250 ménages et un échantillon entreprises visant à contacter 1 502 microentreprises.

Résultats de l'enquête individus

L'étude révèle qu'un tiers des Tunisiens possède un compte bancaire. En incluant la Poste, les IMF (Institutions de Micro Finance) et les assurances, ce sont 61% des Tunisiens qui sont clients d'une institution financière formelle. En effet, 33% des Tunisiens disposent d'un compte bancaire, 32% ont un compte postal, 5% sont clients d'une IMF et 2% auprès des Assurances.

L'analyse par région montre le décalage entre le nord et les zones côtières d'une part, et l'ouest du pays d'autre part. En effet, les adultes faisant partie de la clientèle d'une institution financière formelle représentent 73% au Grand Tunis, 71% au Nord-Est, 58% au Nord-Ouest, 57% au Centre-Ouest, 57% au Sud-Ouest, 52% au Sud-Est et 50% au Centre-Est.

L'étude fait savoir que seules 51% des femmes sont clientes d'une institution formelle tandis que la Poste et les IMF sont particulièrement populaires chez les femmes. Par ailleurs, les ruraux sont proportionnellement plus nombreux à être clients de la Poste, tandis que les urbains privilégient les banques.

Par ailleurs, une différence très nette apparaît en fonction du revenu : les ménages aux revenus mensuels inférieurs à 500 dinars/mois sont une minorité à être clients d'une institution formelle. En effet, 12% seulement d'entre eux disposent d'un compte bancaire et 33% ont un compte postal.

L'étude révèle aussi que seuls 9% des Tunisiens sont clients actifs des institutions financières formelles, c'est-à-dire enregistrent au moins 3 transactions par mois sur leur compte-client. Les femmes (6%), les ruraux (5%) et les bas revenus (3%) sont beaucoup moins nombreux à être clients actifs des institutions financières formelles.

De même, les clients postaux sont très peu actifs : seuls 9% d'entre eux enregistrent au moins 3 transactions mensuelles, contre 19% des clients bancaires.

Quant à l'utilisation du cash, seuls 17% des Tunisiens utilisent au moins une fois par mois un moyen de paiement se substituant au cash, majoritairement des cartes bancaires (12%), cartes de poste (4%) et chéquier (4%). L'usage exclusif du cash pour les transactions financières dans la vie quotidienne est prépondérant au sein de toutes les catégories socio-démographiques, précise l'étude.

Les Tunisiens empruntent principalement en dehors des banques et IMF

Les résultats de l'étude révèlent que seuls 16% des Tunisiens ont eu recours au crédit formel l'année passée tandis que 66% ont eu un financement (crédit) en leur nom propre en dehors des solutions formelles (banque ou IMF).

Résultats de l'enquête microentreprises

S'agissant de l'enquête microentreprises, l'étude révèle que 55% des microentreprises sont clientes d'une institution financière formelle et 24% supplémentaires ont accès aux services financiers formels via le compte personnel du gérant.

Les microentreprises utilisent très peu leur compte-client dans les institutions financières formelles : seules 25% enregistrent au moins 3 transactions par mois. En effet, Les microentreprises privilégient le financement informel : 46% y ont eu recours l'année passée, contre 33% pour le crédit formel, qui nécessite la plupart du temps une sûreté.

Par ailleurs, les gérants de microentreprises ont une mauvaise perception des services financiers formels : seuls 32% considèrent leur coût accessibles et 49% les trouvent rapides tandis que 37% trouvent l'offre de services financiers formels adaptée à leurs besoins et 51% estiment qu'elle leur permet de développer leur activité.

O.E.O

Publié le 28/05/19 10:13

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