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Enquête sur l'état de la cohésion sociale à Médenine : Résultats et recommandations

Crédits photos : Siwar Lamari

 

La cohésion sociale fait référence au degré de confiance dans le gouvernement et au sein de la société, ainsi qu'à la volonté de participer collectivement à une vision partagée pour une paix durable et des objectifs de développement communs.

Le lancement par la Commission Nationale de Lutte contre le terrorisme (CNLCT) d'une enquête à Médenine, en partenariat avec le PNUD Tunisie, vise à permettre aux autorités publiques, aux opérateurs de développement et aux organisations de la société civile de la région de mieux comprendre les sources de cohésion et potentiels facteurs de tension spécifiques au Gouvernorat de Médenine.

L'enquête, éditée en octobre 2020, s'est basée sur un échantillon de 517 individus qui est représentatif de Médenine, Gouvernorat du Sud-Est tunisien à la frontière de la Libye voisine. Il ressort des résultats de cette enquête qu'en dépit d'un sentiment de marginalisation, les personnes sondées s'identifient aux valeurs d'unité nationale (83,7%) et aux libertés fondamentales (83,4% pour les libertés électorales par exemple) acquises par la transition démocratique en Tunisie. L'affiliation à la famille (93%) et à la tribu (65,7%) est également un important ciment social dans cette région.

La région reste toutefois fragilisée par des rapports de méfiance entre individus, mais surtout de manque de confiance vis-à-vis des corps constitués de l'Etat (11% des répondant.e.s ont confiance dans la douane, 23,3% pour la police et la Garde nationale) alors que, à contrario, la protection civile (43,9%) et l'armée jouissent d'un meilleur capital confiance (57,8%).

En parallèle, L'enquête révèle que la corruption est jugée importante au niveau de la douane (49,9%), des forces de sécurité (46,4%), de la justice (35,9%), et même 55,1% pour les domaines de la santé et 42,9% pour l'éducation.

Ce déficit de confiance englobe également les corps intermédiaires comme la société civile (17% des répondant.e.s ont confiance dans les associations), les syndicats (4,4%), les partis politiques (8,1% ) et les municipalités (21,4%), freinant la participation réelle de la population dans les politiques ou initiatives publiques. Pourtant, les citoyen.ne.s estiment à 58,3% qu'ils/elles disposent de la capacité, au niveau de leurs quartiers, d'organiser des actions collectives significatives.

Cette enquête formule une série de recommandations pratiques pour appuyer les décideur.se.s publics, locaux et nationaux :  

  • Capitaliser sur le potentiel de cohésion de l'unité nationale à travers des politiques de développement inclusif et de consolidation des droits et des libertés.
  • Renforcer le lien entre citoyen.ne.s et institutions, spécifiquement dans les secteurs de justice et sécurité, à travers des services publics de base livrés avec efficacité, respect et redevabilité.
  • Prêter écoute à la voix des citoyen.ne.s, même quand elle s'exprime de façon informelle, et en encourageant les espaces de dialogue et de collaboration.

La vision promue derrière ses recommandations est de consolider les relations de confiance et de collaboration entre les acteurs du public, du privé et de la société civile de la région pour favoriser, à terme, des politiques plus inclusives.

L'enquête sera reproduite prochainement dans deux autres gouvernorats du Sud tunisien (Gabès et Tataouine), ses résultats constituent une base de réflexion pour la révision de la Stratégie Nationale de Lutte Contre l'Extrémisme et le Terrorisme planifiée pour 2021 et appuyée par le projet Tarabot du PNUD Tunisie. Elle vise à s'adapter au mieux aux réalités locales, aux attentes, mais surtout aux besoins des citoyen.ne.s tunien.ne.s.

Pour en savoir plus vous pouvez télécharger l'intégralité de l'enquête en langue française sur ce lien.

Publié le 18/11/2020 15:11:11

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