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Banque mondiale : L'économie tunisienne sera « concrètement » affectée par le conflit en Ukraine

ISIN : TN0009050014 - Ticker : PX1
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" Les répercussions de la guerre militaire en Ukraine vont concrètement affecter les économies de la région MENA, même si l'impact ne sera pas le même selon les pays ", estime la Banque mondiale (BM) dans son récent rapport sur l'impact de la guerre en Ukraine sur la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.

D'un point de vue économique, les répercussions de la guerre risquent d'aggraver plus encore l'insécurité alimentaire et la qualité de vie dans la région, déjà mises à mal par le COVID-19, les perturbations touchant la chaîne d'approvisionnement et les problèmes internes spécifiques à chaque État.

Schématiquement, la Banque mondiale résume les principaux types d'impact à travers cinq catégories : les chocs des prix des produits alimentaires (particulièrement le blé), la hausse du prix du pétrole et du gaz, l'aversion mondiale face au risque/le repli sécuritaire (ce qui pourrait affecter les flux de capitaux privés vers l'ensemble des marchés émergents), les transferts de fonds, et enfin le tourisme.

" Personne ne sortira gagnant d'une guerre aussi dévastatrice que celle en Ukraine, mais des pays tels que le Qatar, l'Arabie saoudite, le Koweït, la Libye et l'Algérie pourraient observer une certaine amélioration de leur équilibre budgétaire et de leur balance extérieure, ainsi que d'une croissance plus élevée ", affirme la BM.

Les pays exportateurs de gaz, notamment, sont aussi susceptibles de bénéficier d'une augmentation structurelle de la demande provenant d'Europe, les autorités de l'Union ayant annoncé leur volonté de diversifier leurs sources d'approvisionnement énergétique.

Toutefois, les producteurs hors secteur pétrolier vont devoir supporter les conséquences négatives, ce qui devrait renforcer encore plus des tensions au niveau social. Les transferts de fonds – particulièrement ceux émanant des expatriés basés dans les pays du Golfe – ne compenseront que très partiellement la hausse des prix due au choc des hydrocarbures (par exemple pour la Jordanie et l'Égypte).

D'autres pays, dont le secteur du tourisme est davantage exposé, comme par exemple l'Égypte (où les Russes et les Ukrainiens représentent au moins un tiers des arrivées de touristes), devraient selon les prévisions être en proie à la morosité, avec des répercussions négatives sur l'emploi et la balance des paiements.

Enfin, plusieurs économies MENA seront concrètement affectées par le conflit en Ukraine comme le Liban, la Syrie, la Tunisie et le Yémen. " Ce sont des pays qui dépendent principalement de l'Ukraine et/ou de la Russie pour leurs importations alimentaires, en particulier pour le blé et les céréales. La crise devrait perturber les chaînes d'approvisionnement des céréales et des oléagineux, augmenter les prix des aliments, et faire monter en flèche les coûts de la production agricole nationale ", prévoit la BM.

La hausse des coûts des intrants agricoles pour les céréales entraînera une diminution de leur utilisation, particulièrement pour les petits exploitants agricoles (en règle générale, la majorité des agriculteurs de la région MENA) et par conséquent une baisse du rendement et des revenus qui aura des conséquences préjudiciables sur leur subsistance, particulièrement pour les petits agriculteurs.

Elle risque d'affecter de manière disproportionnée ceux qui sont pauvres et vulnérables, et dépendent de l'agriculture pour leurs revenus. " Pour donner une idée de l'ampleur de la crise au niveau régional, considérez que l'an dernier la région MENA n'a représenté que 6% de la population mondiale totale, mais plus de 20% des personnes gravement frappées par l'insécurité alimentaire ".

La Banque mondiale souligne qu'elle est déjà prête à intensifier son soutien à la production et à la commercialisation agroalimentaire nationale, à la gestion du risque agricole et à la gestion des réserves alimentaires dans les pays subissant des chocs à ce niveau, que ce soit par une hausse des coûts de l'énergie et des engrais, ou une combinaison des deux, ou d'autres facteurs comme des tensions liées à la sécheresse/au climat, à savoir en Irak, au Yémen, en Tunisie, au Liban et en Égypte.

Omar El Oudi

Publié le 09/03/22 10:44

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