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Amen Invest publie son analyse sur le secteur de l'Automobile en Tunisie

ISIN : TN0009050014 - Ticker : PX1
La bourse de Tunis ouvre dans 7h57min

L'intermédiaire en Bourse Amen Invest a publié une analyse consacrée au secteur de l'Automobile en Tunisie. Un secteur qui reste encadré par un système de quotas pour l’importation de véhicules, conduisant ainsi à un marché parallèle dommageable pour les revenus de l’Etat et pour le développement de la filière. Analyse.

Le secteur de l’automobile en Tunisie est un secteur stratégique qui pèse près de 6 milliards de dinars en 2016, soit 4% du PIB, avec une lourde facture en devises engendrée par l’importation de l’ensemble du matériel roulant. Au cours des dernières années, l’automobile s’est imposé comme le principal moyen de transport en Tunisie. Ceci s’explique par plusieurs facteurs socio-économiques notamment l’accroissement démographique et l’augmentation du niveau de vie ainsi que les facilités d’accès au crédit auto.

Ces dernières années, le secteur a connu une croissance annuelle moyenne de 6,4% même si la Tunisie présente un faible taux d’équipement automobile des ménages (27% en 2014). Le nombre des immatriculations évolue de manière déconnectée de la demande avec des listes d’attente chez la plupart des concessionnaires et des ruptures de stock fréquentes de certains modèles. En effet, la distribution automobile se caractérise par une réglementation très contraignante et des droits de douane (et taxes à effets équivalents) très élevés.

Evolution des immatriculations

Le parc automobile léger est constitué de l’ensemble de véhicules particuliers et utilitaires. D’après les dernières statistiques de l’Agence Technique des Transports Terrestres (ATTT), ce parc est estimé à fin 2016, à près de 2 millions véhicules et continue de croître de 70 à 80 mille véhicules supplémentaires par an, soit une croissance annuelle moyenne de 6,4%. Ce parc a une moyenne d’âge élevée. Une situation qui est due aux taux élevés des droits et taxes et à une offre inférieure à la demande (système de licences d’importation).

En 2017, le nombre de véhicules neufs (les premières immatriculations) écoulés par les concessionnaires s’est établi à 63.685 véhicules, soit plus de 3.054 qu’en 2016, ce qui représente une hausse de +5%. Rappelons que suite à la décision du ministère du Commerce, 10% du quota d’importation restant, dont devaient bénéficier initialement les concessionnaires, ont été supprimés, alors que le nombre de véhicules du marché informel (des ré-immatriculation) introduits en Tunisie s’est élevé à 20.385 véhicules contre 23.640 une année auparavant.

Globalement, le Marché des véhicules légers en Tunisie a enregistré à fin 2017 l’immatriculation de 84.070 véhicules contre 84.271 une année auparavant. Un chiffre en légère baisse de -0.24% par rapport à 2016, ceci est dû en partie au glissement du dinar qui a assurément impacté le pouvoir d’achat des ménages dans un contexte macroéconomique morose : aggravation de la balance commerciale, baisse des réserves en devises et rationalisation des importations.

Taux de motorisation

Le taux de motorisation en Tunisie est très faible, avec 91 véhicules particuliers pour 1.000 habitants (ce qui confirme le potentiel du marché), quatre fois moins qu’en Europe. En comparaison avec nos voisins de l’Afrique du Nord, ce taux est de 130 véhicules pour 1.000 habitants en Algérie et 80 véhicules pour 1.000 habitants au Maroc.

Les défis du marché

Les constructeurs automobiles étrangers présents sur le marché tunisien ne disposent que d’une marge de manœuvre très faible quant à la gestion de leurs gammes. De plus, leurs positions sur le marché ne reflètent pas leurs réelles politiques commerciales. Par conséquent, les constructeurs étrangers considèrent davantage le marché tunisien comme un marché limité sur lequel il est possible d’écouler des volumes préétablis, mais qui ne mettait pas en concurrence, à l’image d’autres marchés, toutes les firmes internationales.

Le secteur reste encadré par un système de quotas pour l’importation de véhicules, conduisant ainsi à un « marché parallèle » dommageable pour les revenus de l’Etat et pour le développement de la filière. Face à une forte demande, l’offre demeure contrainte par la réglementation qui régit le secteur. La dépréciation du dinar tunisien face aux principales devises a entraîné une hausse mécanique moyenne des prix à la vente de 26% face à l’euro et de 22% par rapport au dollar entre 2016 et 2017.

Les nouvelles dispositions de la loi de finances 2018 qui prévoit une augmentation moyenne de 25% de la taxe à la consommation et de 10 à 15% des droits de douane frappant l’importation des voitures particulières et de véhicules utilitaires, des pièces de rechange et des composants destinés à l’industrie automobile locale, sans compter l’augmentation de la TVA de 1%. Ainsi que le relèvement du taux d’imposition de 25% à 35% et ce, à partir de l’exercice 2018.

Conclusion

2018 s’annonce difficile pour les concessionnaires, résultat inéluctable de :

- la réduction des quotas des voitures importées ce qui profite directement au marché parallèle;

- la poursuite de la dépréciation du dinar face aux principales devises ;

- l’augmentation de l’impôt sur les sociétés (IS) pour les concessionnaires à partir de 2019 (exercice 2018) de 25 à 35% ;

- la forte pression fiscale annoncée dans les nouvelles mesures de la loi des finances 2018 qui prévoit une augmentation moyenne de 25% des droits de consommation et de 10 à 15% des droits de douane pour l’importation respectivement des VP et des VU, des pièces de rechange et des composants destinés à l’industrie automobile locale, sans compter l’augmentation de 1% de la TVA ;

- l’accélération des ventes sur le marché parallèle qui reste en totale franchise d’impôt, bien que dans le cadre de la lutte contre le marché parallèle, les autorités ont mis en place des nouvelles dispositions réglementaires pour le régime FCR. En effet, un nouveau décret de l’année 2018 régissant la vente des véhicules sous régime FCR a interdit la vente des voitures importées de l’étranger avant le passage d’un an de la date de son entrée en Tunisie ;

- les hausses prévues des prix du carburant ainsi que la hausse des polices d’assurances.

Cette situation aura un impact sur les performances des titres sur le marché boursier. L’indice sectoriel « Automobile et équipements » s’est adjugé la meilleure performance à la clôture de 2017 avec une croissance de 33,72% contre 2,04% en 2016. Néanmoins, cette évolution générale cache une hétérogénéité considérable des évolutions des cours des titres des concessionnaires avec l’affaissement de ARTES (-14%), ENNAKL (-9%), City cars(-25,7%) et UADH (-6,82%).

Cependant, les valeurs du secteur automobile parviennent à atténuer leurs tendances baissières enclenchées en 2017 et réalisent des performances globalement positives au 1er trimestre 2018 suite à la publication de résultats provisoires 2017 mieux orientés que prévu et le secteur demeure correctement valorisée à 8,9x au 02/04/2018.

Tenant compte de l’ensemble de ces éléments, le secteur automobile devrait connaître, en 2018, une année relativement difficile. Afin d’y faire face, certains concessionnaires ont commencé à diversifier leurs activités (location, ouvrir des filiales à l’étranger…).

Néanmoins, les autorités semblent enfin décidées à lutter contre le marché parallèle, principal concurrent du secteur en commençant à y instaurer les mesures nécessaires, ce qui permettrait de faire face aux difficultés actuelles.

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Télécharger l'analyse d'Amen Invest

O.E.O

Publié le 16/05/18 14:48

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