Le pétrole décroche sous les 77 dollars, sous l'effet de la détente géopolitique et de la reprise des flux, dans le cadre d'un accord de transition de 60 jours.

Les prix du pétrole ont poursuivi leur repli mardi 23 juin 2026, repassant sous le seuil des 77 dollars le baril, un niveau qui n'avait plus été observé depuis plusieurs mois.
Le Brent a reculé de 1,09 dollar, soit 1,4 %, pour s'établir à 76,81 dollars le baril. De son côté, le West Texas Intermediate (WTI) américain a perdu 87 cents, soit 1,2 %, à 72,99 dollars.
Ce mouvement prolonge la baisse commencée en début de semaine. Lundi, les cours avaient déjà chuté de plus de 3 %, après l'annonce par les États-Unis d'une dérogation de 60 jours aux sanctions visant l'Iran, à la suite de négociations préliminaires. Dans le même temps, les autorités ont signalé un recul des combats au Liban, dans le cadre d'un apaisement plus large des tensions régionales.
Sur le marché, les analystes soulignent surtout l'effet des flux pétroliers à travers le détroit d'Ormuz, point stratégique pour l'approvisionnement mondial. Deux pétroliers, totalisant un peu moins de deux millions de barils, ont franchi le détroit lundi, ce que les marchés voient comme un signe de reprise progressive du trafic, après le ralentissement observé dimanche, lié aux inquiétudes sur la sécurité du passage maritime.
Un accord renvoyé aux négociations finales
Les États-Unis et l'Iran ont signé un mémorandum d'entente ouvrant une période de transition de 60 jours destinée à mettre fin aux hostilités et à négocier un accord final plus large. Selon le texte révélé par les autorités américaines, cet accord prévoit une reprise progressive des flux pétroliers via le détroit d'Ormuz.
Le document établit d'abord un cessez-le-feu et le lancement immédiat de négociations formelles sur une durée de 60 jours, renouvelable d'un commun accord. Durant cette période, le détroit d'Ormuz est rouvert à la navigation commerciale avec un principe de libre passage temporaire. Certaines dispositions évoquent un transit sans frais pendant cette phase, tandis que la question d'éventuels mécanismes de tarification ou de gestion maritime reste ouverte aux discussions finales.
Sur le plan économique, l'accord prévoit également un assouplissement temporaire des sanctions américaines, permettant à l'Iran de reprendre ses exportations de pétrole. Des licences et dérogations sont délivrées par le Trésor américain pour les ventes de brut, les services associés (transport, assurance, transactions bancaires), ainsi que la réintégration partielle du pétrole iranien sur le marché mondial.
Le texte comprend aussi un plan de reconstruction et de développement de l'Iran estimé à environ 300 milliards de dollars, à élaborer avec des partenaires régionaux. Par ailleurs, les États-Unis s'engagent à organiser un cadre de levée progressive des sanctions, y compris celles liées aux Nations unies, sous réserve d'un accord final.
Enfin, sur le dossier nucléaire, l'Iran réaffirme son engagement à ne pas développer d'armes nucléaires et accepte un mécanisme de supervision internationale, notamment via l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Jihen Mkehli
Publié le 23/06/26 10:18




