ilboursa arabic version ilboursa

Indice mondial du capitalisme : La Tunisie au 110e rang mondial et 18e en Afrique

Né en Europe et accéléré par la révolution industrielle britannique, le capitalisme s'est progressivement imposé comme un mode d'organisation économique.

En Tunisie, l'héritage de l'économie coloniale, puis les choix économiques opérés après l'indépendance, ont donné lieu à un système où coexistent intervention de l'État, entreprises publiques et initiative privée.

Mais la Tunisie est-elle réellement un pays capitaliste ? Le Global Capitalism Index (GCI) 2025 apporte des éléments de réponse à cette question.

 

 

Selon le Global Capitalism Index (GCI), être un État favorable au capitalisme ne se résume pas à laisser les marchés fonctionner librement. Cela suppose aussi de disposer d'institutions capables de protéger les droits de propriété, de garantir la concurrence, de faciliter l'accès au financement et de favoriser la création d'entreprises.

Publié en octobre 2026 par des chercheurs de l'Université de Virginie, aux États-Unis, cet indice évalue l'environnement institutionnel du capitalisme dans 161 pays. Il s'appuie sur plusieurs dimensions, notamment le fonctionnement des marchés, les marchés de capitaux, le système bancaire, l'entrepreneuriat et l'ouverture des échanges.

Le GCI cherche plutôt à déterminer dans quelle mesure les règles, les institutions et les conditions économiques permettent aux marchés et aux capitaux de fonctionner.

La Tunisie, un pays capitaliste ?

La Tunisie gagne deux places dans le Global Capitalism Index 2025, mais reste au 110e rang sur 161 pays, avec un score de 56,1 points.

Derrière cette légère remontée, les auteurs du classement précisent que le pays dispose d'un système bancaire relativement bien classé, mais peine davantage sur le terrain de la concurrence, de l'ouverture des marchés et des conditions d'exercice de l'activité économique. En afrique, elle se classe 18e.

 

▐ Lire aussi : La vraie révolution des établissements de paiement en Tunisie n'est pas celle qu'on croit

 

Le système bancaire arrive en tête des huit dimensions évaluées, avec 70,1 points et une 45e place mondiale. À l'autre bout du classement, la concurrence sur le marché se situe au 126e rang, tandis que les politiques de soutien au marché occupent la 124e place.

La Tunisie est également mal positionnée en matière de droits de propriété, au 113e rang, et d'ouverture du marché du travail, au 105e.

Entre ces deux extrêmes, la création et le développement des entreprises se placent au 86e rang, devant la sophistication des marchés financiers, classée 92e, et la libre circulation des biens et des capitaux, au 102e rang.

Pour les auteurs du GCI, le capitalisme repose sur la capacité à mobiliser des capitaux sur des marchés aussi ouverts que possible, en limitant les contraintes publiques et privées. Le classement mesure ainsi dans quelle mesure les institutions de chaque pays correspondent à cette conception du système économique.

Le Top 10 des pays les plus capitalistes d'Afrique

À l'échelle africaine, Maurice s'impose comme le pays le plus capitaliste du continent avec un score de 73,9. Le pays obtient ses meilleurs résultats dans la libre circulation des biens et des capitaux (32e rang mondial), les politiques de soutien au marché (36e) et la sophistication des marchés financiers (37e).

Les Seychelles (50e rang mondial) occupent la deuxième place, devant le Botswana (52e), la Namibie (59e), le Cap-Vert (66e), le Rwanda (74e), l'Afrique du Sud (78e), le Bénin (80e) et le Maroc (85e). L'Égypte, classée 86e, complète le Top 10 africain.

Longtemps marqué par des structures coloniales extraverties axées sur l'extraction, le continent a évolué, au lendemain des indépendances, entre dirigisme d'État et expériences socialistes.

 

▐ Lire aussi : Le groupe espagnol ARSAM prévoit d'étendre son investissement en Tunisie

 

L'ouverture progressive des marchés, impulsée dans les années 1980 et 1990, a ensuite laissé place à une appropriation locale des mécanismes de marché. Aujourd'hui, l'essor des places financières, le développement du secteur privé et les dynamiques d'intégration régionale constituent autant d'évolutions qui se reflètent dans les résultats du GCI.

Les pays les plus capitalistes au monde

À l'échelle mondiale, la Suisse domine le classement des pays les plus capitalistes en décrochant la première place avec un score de 96,9 au Global Capital Index (GCI).

Elle est suivie de près par les États-Unis (95,0, +1,5 point) et Hong Kong (94,5, +0,3 point). Le Canada (93,8, +1,3 point) et Singapour (93,3, +0,2 point) complètent le Top 5. Viennent ensuite le Luxembourg (92,5), le Danemark (91,9), l'Australie (91,6), la Suède (90,6) et la Norvège (90,3) qui ferme ce Top 10 mondial.

Si les économies anglo-saxonnes et nord-américaines ont fondé leur développement sur la libre entreprise et le libéralisme économique, après la révolution industrielle, Singapour, Hong Kong ou le Luxembourg ont tiré parti de leur position commerciale et de leur ouverture aux échanges internationaux pour s'imposer comme des places financières importantes.

Les pays nordiques, eux, ont suivi une autre voie, celle d'un modèle social-démocrate qui associe protection sociale, institutions solides et marchés du travail flexibles.

En bas du classement, le Tchad (159e, 24,1 points), la Libye (160e, 21,8 points) et le Venezuela (161e) ferment la marche. Ils font face à des contextes économiques difficiles, marqués notamment par l'instabilité politique en Libye, la faible diversification de l'économie tchadienne et la crise prolongée au Venezuela.

Jihen Mkehli

 

Publié le 13/10/26 11:14

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

GOifwihc8oGkYVJWX269BRYhL_IHUwTxuSEQlkoKXjc False