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Indice de la Gouvernance en Afrique 2026 : La Tunisie recule à la 11e place

La Tunisie quitte le cercle des dix pays africains les mieux classés en matière de gouvernance. Son score a diminué de 3 points en dix ans, pour s'établir à 60,9 sur 100 en 2025.

 

 

En Afrique, les progrès économiques ne se traduisent pas nécessairement par une meilleure gouvernance. La dernière décennie a été marquée par des avancées dans le développement humain et les opportunités économiques, mais aussi par un recul de la sécurité, de l'État de droit et des libertés.

C'est ce que met en évidence l'Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) 2026, publié le 31 octobre par la Fondation Mo Ibrahim.

L'indice évalue les 54 pays du continent à partir de 96 indicateurs répartis en quatre grandes catégories : sécurité et État de droit, participation, droits et inclusion, fondements des opportunités économiques, et développement humain.

Ces indicateurs s'appuient sur 51 sources de données et permettent d'attribuer à chaque pays une note sur 100.

 

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Sur la période 2015-2025, les fondements des opportunités économiques affichent la progression la plus importante, avec un gain de 3,7 points. Le développement humain avance également de 2,5 points. En revanche, la sécurité et l'État de droit reculent de 1,7 point, tandis que la participation, les droits et l'inclusion perdent un point.

La Tunisie sort du top 10 

Pour la Tunisie, l'Indice Ibrahim consacre une fiche détaillée à l'évolution de la gouvernance dans le pays, à travers ses quatre grandes composantes. Sur les 54 États africains évalués, la Tunisie occupe la 11e place, avec un score de 60,9 sur 100 en 2025. Elle quitte ainsi le top 10 continental, après avoir perdu 3 points en dix ans, selon les données de la Fondation Mo Ibrahim.

Les fondements des opportunités économiques et le développement humain sont les deux catégories les mieux notées, avec respectivement 65,9 points (7e rang africain) et 67,5 points (6e). La première gagne 2,7 points en dix ans, grâce notamment aux performances en matière de diversification économique (96,7 points, 1er rang africain) et d'accès à l'énergie (100 points).

Le développement humain progresse, lui, de 1,3 point, porté entre autres par les bons résultats en matière d'accès à l'eau et à l'assainissement (97,1 points) et de sécurité alimentaire (92,2 points). La protection sociale enregistre également une nette amélioration, avec un gain de 20,9 points, à 71,2.

À l'inverse, les indicateurs liés aux institutions et aux libertés affichent un recul beaucoup plus marqué. La catégorie " Participation, droits et inclusion " enregistre la plus forte dégradation sur dix ans, avec une perte de 11,1 points, pour s'établir à 54,4 points, soit le 21e rang africain.

Le score relatif à la participation politique chute notamment de 29,4 points, à 41,7. L'indice relève, dans ce domaine, un recul du pluralisme politique, de l'espace accordé à la société civile et des élections démocratiques.

La catégorie " Sécurité et État de droit " suit également une trajectoire négative. Avec 55,9 points, la Tunisie se classe 18e en Afrique, en baisse de 4 points sur la décennie. Si le pays obtient de bons résultats en matière de sécurité et de sûreté, avec 81,7 points et une 6e place continentale, les indicateurs relatifs à l'État de droit et à la justice (50,7 points) ainsi qu'à la redevabilité et à la transparence (34,7 points) pèsent sur le résultat.

La fiche fait notamment ressortir une forte dégradation de l'impartialité du système judiciaire, dont le score a chuté de 41,9 points en dix ans, à 37,2.

Les pays qui progressent et ceux qui reculent

Avec un score de 78,6 sur 100, les Seychelles dominent le classement africain de la gouvernance en 2025. L'archipel conserve sa première place et affiche également la plus forte progression du continent sur dix ans, avec un gain de 8,4 points.

Il devance Maurice, deuxième avec 75 points, et le Cap-Vert, troisième avec 70,3 points. Le Botswana (69,8 points) et l'Afrique du Sud (68,9 points) complètent le top 5, suivis de la Namibie.

Le Maroc se distingue parmi les pays ayant le plus amélioré leur gouvernance au cours de la décennie. Avec une hausse de 6,4 points, il atteint la 7e place, ex æquo avec le Sénégal, et intègre ainsi le top 10 africain. Son score le place devant le Ghana, neuvième, et le Kenya, dixième avec une progression de 0,9 point sur dix ans. 

Le Gabon, classé 24e, enregistre une progression de 7 points, tandis que la Gambie, 21e, gagne 6,9 points et l'Angola, 37e, améliore son score de 6,1 points. À l'inverse, le Burkina Faso (26e) accuse le recul le plus important du continent, avec une perte de 6,9 points sur dix ans.

Le Nigeria, 38e, suit avec une baisse de 5,2 points. Le Soudan (52e), la Somalie (53e) et le Soudan du Sud (54e) ferment le classement, avec ce dernier à la dernière place des 54 pays évalués.

Jihen Mkehli 

 

Publié le 02/11/26 09:51

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