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Fitch maintient la note de la France à ''A+'' malgré l’envolée de la dette

La France échappe pour l'instant à une nouvelle dégradation de sa note souveraine. Fitch Ratings a maintenu la note du pays à A+, avec une perspective stable.

 

 

L'agence de notation Fitch Ratings a décidé de maintenir la note souveraine de la France à A+, assortie d'une perspective stable, malgré les déséquilibres budgétaires et le ralentissement de l'économie. Une décision qui écarte, à court terme, le risque d'une nouvelle dégradation, mais qui laisse les finances publiques françaises sous étroite surveillance.

Après avoir abaissé la note de la France en septembre 2025 en raison de la dégradation de sa situation budgétaire, Fitch a choisi de ne pas modifier son évaluation lors de sa dernière revue, publiée vendredi 28 août.

Une économie solide, mais des finances publiques fragiles

Pour justifier le maintien de la note, Fitch met notamment en avant les fondamentaux de l'économie française : une économie large, diversifiée et à revenu élevé, un secteur bancaire résilient ainsi qu'une base d'investisseurs diversifiée.

Mais ces atouts sont contrebalancés par plusieurs facteurs de risque. L'agence pointe notamment le niveau élevé et croissant de la dette publique, les difficultés politiques et sociales qui compliquent l'assainissement budgétaire, ainsi qu'une croissance potentielle jugée faible.

 

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Le principal point de préoccupation reste ainsi la trajectoire des finances publiques. Le déficit public, qui s'était réduit de 5,8% du PIB en 2024 à 5,1% en 2025, ne devrait pas poursuivre cette amélioration au cours des prochaines années. Fitch prévoit désormais un déficit de 5,2% du PIB en 2026, avant une aggravation à 5,5% en 2027, puis une légère amélioration à 5,2% en 2028.

Ces prévisions sont plus pessimistes que celles retenues précédemment par l'agence. Fitch explique cette révision notamment par une croissance moins dynamique, une hausse des charges d'intérêts et des dépenses supplémentaires liées à la défense.

La dette pourrait atteindre 122,7% du PIB en 2028

Malgré le maintien de la note, les perspectives concernant la dette publique sont nettement moins rassurantes.

Fitch prévoit que la dette publique française passera de 115,7% du PIB en 2025 à 122,7% en 2028. À ce niveau, elle représenterait plus du double de la médiane des pays bénéficiant d'une note comparable.

L'agence estime par ailleurs qu'il faudrait ramener le déficit autour de 3% du PIB actuellement pour stabiliser le ratio de dette, alors que le déficit attendu reste largement supérieur à ce niveau.

Plus préoccupant encore, dans un scénario où aucune nouvelle mesure ne serait adoptée, le déficit pourrait atteindre près de 7% du PIB à l'horizon 2030, ce qui accentuerait fortement la pression sur la dette.

2027, une année décisive

Pour Fitch, l'année 2027 constitue un point de tension majeur. L'élection présidentielle devrait limiter la capacité des autorités à engager un assainissement budgétaire significatif.

L'agence ne prévoit ainsi aucune amélioration du déficit primaire en 2027, avant seulement une réduction modeste au cours des années suivantes. Dans le même temps, la hausse des charges d'intérêts devrait absorber une partie des efforts réalisés sur le solde budgétaire.

La décision intervient alors que le gouvernement français doit déjà préparer un budget 2027 particulièrement difficile, dans un contexte de forte fragmentation politique. Les marchés obligataires reflètent eux aussi ces inquiétudes : le rendement de référence français à dix ans a atteint environ 4,09% le 28 août, signe d'un coût de financement qui reste élevé.

Le maintien de la perspective stable ne signifie donc pas que la pression est retombée. Fitch pourrait revoir la perspective à la baisse si la France ne réalise pas de progrès significatifs dans la réduction de son déficit. Une nouvelle hausse substantielle de la dette publique pourrait également entraîner une dégradation de la note.

À l'inverse, une trajectoire crédible de réduction de la dette, soutenue par des mesures durables de consolidation budgétaire ou par une amélioration de la croissance à moyen terme, pourrait favoriser une évolution positive de la notation.

Jihen Mkehli

 

Publié le 31/08/26 08:58

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