Les entreprises africaines ont levé 13,3 milliards de dollars sur les marchés obligataires internationaux entre janvier et septembre 2026. Un niveau record depuis cinq ans, malgré des coûts de financement encore élevés.
Entre janvier et septembre 2026, les entreprises africaines ont levé 13,3 milliards de dollars sur les marchés obligataires en devises étrangères, selon une note de recherche de Bank of America (BofA) publiée le 19 octobre.
Ce montant comprend 3,25 milliards de dollars de placements privés et rapproche les émissions du niveau annuel de 17 milliards de dollars atteint en 2021.
Le rythme des émissions retrouve ainsi son plus haut niveau depuis cinq ans. Le marché s'étend également à davantage de pays africains : 11 pays comptent des émetteurs en 2026, contre huit en 2021.
Parmi les principales opérations de l'année, Azule Energy, coentreprise du britannique BP et de l'italien Eni active en Angola, a levé 1,5 milliard de dollars en janvier à travers deux émissions obligataires, assorties de coupons de 8,25 % et de 8,625 %.
Une amélioration du crédit, mais des financements toujours coûteux
Le retour des entreprises africaines sur le marché obligataire s'accompagne d'une amélioration de leurs conditions de crédit. Selon l'analyse de Bank of America, les relèvements de notation sont désormais plus nombreux que les dégradations.
Le volume des obligations notées CCC, correspondant à l'une des catégories de crédit les plus risquées, est également passé de 3,2 milliards de dollars il y a cinq ans à 2,1 milliards.
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Pour les entreprises, le recours au marché international reste donc un arbitrage entre l'accès à des montants importants, la durée du financement et le coût de la dette.
Dans ces conditions, certaines pourraient privilégier les prêts bancaires, les marchés obligataires domestiques ou les investisseurs du Golfe plutôt que de solliciter systématiquement les marchés internationaux.
Bank of America anticipe néanmoins un volume annuel d'émissions compris entre 8 et 12 milliards de dollars au cours des prochaines années, à mesure que les primes de risque pourraient se resserrer et que les émetteurs réguliers retrouveraient leur place auprès des investisseurs.
Le défi du refinancement se profile pour 2027 et 2028
La reprise des émissions intervient alors que les échéances de remboursement augmentent. Après 300 millions de dollars dus en novembre 2026 par la banque nigériane United Bank for Africa, les remboursements obligataires des entreprises africaines devraient atteindre 2,2 milliards de dollars en 2027, avant de grimper à près de 7 milliards en 2028.
Cette dernière échéance comprend notamment 1,5 milliard de dollars pour l'électricien sud-africain Eskom, 1,2 milliard pour le groupe pétrolier Tullow Oil et 1 milliard pour l'entreprise de logistique Transnet, également sud-africaine.
Le rapport souligne le défi du refinancement des dettes arrivant à échéance, sans alourdir les charges financières. Si les conditions de marché se dégradent, les entreprises risquent de devoir emprunter à des coûts plus élevés, voire de rencontrer des difficultés à trouver de nouveaux financements.
Le risque de change constitue une autre contrainte. Les obligations en devises permettent de lever des dollars ou des euros, mais leur remboursement devient plus coûteux lorsque la monnaie locale se déprécie, notamment pour les entreprises dont les revenus sont principalement libellés dans cette monnaie.
Jihen Mkehli
Publié le 23/10/26 08:00




