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Les coupures d’électricité auraient coûté 1,2 milliard de dinars aux entreprises cet été

Une enquête de l'IACE chiffre l'impact des perturbations de juillet et août 2026 : 13 jours d'activité perdus en moyenne, des investissements repoussés et aucune indemnisation confirmée.

 

 

 

Presque aucune entreprise n'y a échappé. Selon l'enquête que l'Institut arabe des chefs d'entreprises (IACE) a rendue publique le 27 octobre, 96 % des sociétés sondées ont subi des coupures d'électricité durant l'été 2026, et plus d'une sur deux (58,3 %) en a connu plusieurs fois par jour.

Le bilan économique est lourd : la perte directe de valeur ajoutée liée aux arrêts d'activité est estimée à 1.269 millions de dinars.

Treize jours d'activité envolés

Sur les deux mois étudiés, les entreprises interrogées déclarent avoir perdu en moyenne 13 jours d'activité. Près de trois sur dix (29 %) en ont perdu au moins vingt, l'équivalent d'un mois ouvré complet.

Les équipements ont aussi souffert : près des deux tiers des répondants signalent des dommages matériels, d'abord sur les moteurs, les compresseurs et les machines de production, puis sur le matériel informatique et les serveurs.

 

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L'industrie manufacturière concentre l'essentiel des pertes avec 671,5 millions de dinars, devant les services marchands (316,1 millions) et le commerce (282,1 millions). L'IACE précise que cette estimation ne mesure que le manque à gagner lié aux interruptions : les dommages aux équipements, les clients perdus et les pénalités éventuelles viennent s'y ajouter.

Chiffre d'affaires en baisse, délais manqués

Les effets se font sentir jusque dans les comptes. Une baisse du chiffre d'affaires est déclarée par 63,5 % des entreprises, une proportion qui grimpe à 83 % dans l'industrie.

Chez les exportateurs, 29,4 % disent avoir manqué des délais de livraison, avec à la clé des pénalités ou la perte d'un client, tandis que 8,3 % ont dû recourir à la sous-traitance ou à l'importation pour compenser.

Par ailleurs, 30,5 % des entreprises constatent une hausse du coût de leurs intrants, alors que les hausses de prix de vente restent rares : les sociétés absorbent donc l'essentiel du choc sur leurs marges.

S'équiper au détriment de l'investissement productif

Avant l'été, 56 % des entreprises interrogées ne disposaient d'aucun équipement de secours. Après les coupures, 74 % envisagent d'investir dans les douze prochains mois pour sécuriser leur approvisionnement : 18 % ont déjà pris leur décision, 56 % étudient encore la question. Dans le même temps, 51,9 % déclarent reporter un projet d'investissement.

C'est le principal motif d'inquiétude de l'IACE. Groupes électrogènes, installations photovoltaïques, batteries : ces dépenses de protection risquent de mobiliser des ressources qui auraient servi à investir dans l'outil de production, avec un effet négatif sur la compétitivité.

Le think tank souligne que l'efficacité de ces solutions dépend des besoins électriques de chaque entreprise, des conditions techniques d'utilisation et de ses capacités de financement.

Les perspectives n'incitent pas à l'optimisme : toutes les entreprises qui se sont prononcées anticipent une récurrence des tensions sur le système électrique en 2027.

Indemnisation : le grand flou

Aucune entreprise interrogée n'a confirmé avoir été indemnisée. Seulement 1 % déclarent avoir des demandes en cours ou refusées.

L'IACE y voit une interrogation sur l'effectivité des mécanismes de prise en charge et appelle à clarifier les procédures, en distinguant les dommages déclarés, les demandes en cours, les refus et les indemnisations réellement versées.

Un échantillon à lire avec prudence

L'enquête repose sur les déclarations des entreprises. L'échantillon compte 55 % d'entreprises industrielles, 39 % de services marchands et seulement 6 % de commerces.

Par taille, les structures de 10 à 49 salariés et celles de 100 salariés ou plus pèsent chacune 34 %, loin devant les entreprises de moins de 10 salariés (14 %) et celles de 50 à 99 salariés (18 %).

Côté marchés, 37,5 % des sociétés sont totalement exportatrices, 37,5 % travaillent uniquement sur le marché local et 25 % sont partiellement exportatrices.

Le communiqué ne précise pas le nombre de répondants, ce qui invite à considérer les chiffres, notamment l'estimation globale des pertes, comme des ordres de grandeur.

Omar EL Oudi

 

Publié le 28/10/26 11:11

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