Face aux menaces de perturbation du trafic dans le détroit d'Ormuz, les cours du pétrole repartent à la hausse, et les marchés intégrant de nouveau une prime de risque géopolitique.

Les prix du pétrole ont poursuivi leur envolée ce jeudi lors des échanges asiatiques, progressant de plus de 4 % et atteignant leur plus haut niveau depuis plus de six semaines.
Le Brent, référence internationale, a gagné 4,58 dollars, soit 4,88 %, pour atteindre 98,66 dollars le baril à 12h27 GMT, son niveau le plus élevé depuis le 8 juin. Le brut avait déjà clôturé la séance précédente en hausse de plus de 3 dollars, à 94,07 dollars le baril.
Les tensions se sont intensifiées après que l'Iran a affirmé qu'un pétrolier avait pris feu à la suite d'une explosion alors qu'il tentait de traverser une zone maritime décrite comme " minée " au sud du détroit.
Deux autres pétroliers auraient également fait demi-tour, selon les informations communiquées par les autorités iraniennes. Téhéran a par ailleurs déclaré que le détroit d'Ormuz était désormais " sous son contrôle " et " complètement fermé " tant que les opérations américaines se poursuivent dans la région, ajoutant qu'aucun navire pétrolier ne serait autorisé à entrer ou sortir sans coordination avec l'Iran.
La prime de risque géopolitique revient sur le marché pétrolier
Si les tensions autour du détroit d'Ormuz ont immédiatement provoqué une réaction des marchés, les analystes soulignent toutefois que la hausse actuelle repose principalement sur une prime de risque géopolitique. Cela désigne le supplément de prix que les opérateurs intègrent dans les cours du pétrole lorsqu'ils anticipent un risque de perturbation de l'offre, même si aucune interruption majeure de production n'a encore été constatée.
Autrement dit, les marchés ne réagissent pas uniquement aux volumes effectivement retirés du marché, mais aussi à la possibilité qu'un événement géopolitique perturbe les approvisionnements futurs. Plus le risque de blocage d'une route stratégique comme le détroit d'Ormuz augmente, plus cette prime se renforce, poussant les prix à la hausse.
Pour l'instant, les marchés intègrent davantage une menace potentielle qu'une perte durable de barils sur le marché mondial. Le scénario d'un franchissement du seuil symbolique des 100 dollars le baril reste néanmoins possible si les tensions venaient à s'aggraver.
Plusieurs analystes estiment que le Brent pourrait atteindre ce niveau en cas de prolongation des perturbations dans le détroit d'Ormuz ou d'une extension du conflit affectant les flux énergétiques.
La question centrale pour les marchés reste donc celle de la durée. Une fermeture prolongée du détroit, par lequel transite une part importante du commerce mondial d'hydrocarbures, pourrait provoquer une nouvelle accélération des cours.
Jihen Mkehli
Publié le 23/07/26 12:40




