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Le FIAD se penche sur le projet de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine

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Plus de 2.000 opérateurs économiques et institutionnels issus de 34 pays à travers le monde ont assisté à la 6è édition du Forum Afrique Développement (FIAD) qui s’est penché cette année sur l'intégration régionale entre les différents pays du continent africain.

Organisée par le groupe Attijariwafa bank, la 6ème édition du Forum International Afrique Développement, a eu lieu les 14 et 15 mars à Casablanca (Maroc). Cette édition, organisée sous l'angle de la rencontre Est-Ouest, a réuni plus de 2.000 opérateurs économiques et institutionnels issus de 34 pays d’Afrique et d’autres continents.

Plus de 5.000 rendez-vous B to B ont eu lieu dont 43% entre des acteurs du secteur agro-alimentaire, 26% du secteur du BTP, 18% du secteur de la négoce et distribution, 8% concernaient le secteur de l’énergie et 8% et 5% respectivement pour les secteurs des transports et de la logistique.

Cette édition a accueilli comme invité d’honneur le Président de la République de Sierra Leone, Julius Maada Bio, accompagné d'une importante délégation du pays incluant le ministre des Finances et celui du Commerce et de l’Industrie, entre autres.

Prenant en considération les reconfigurations économiques mondiales actuelles, les enjeux et opportunités de développement du continent ainsi que le projet de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine, ont été les principales thématiques de cette édition du FIAD.

Dans ce contexte d’incertitude, il faut dire que l’Afrique demeure un espoir pour la croissance mondiale. La croissance attendue devrait y connaître en effet une accélération en passant de 3,5% en 2018 à 4% en 2019. Les pressions inflationnistes se sont atténuées avec un taux d’inflation moyen qui est passé de 12,6% en 2017 à 10,9% en 2018 et devrait encore diminuer pour atteindre 8,1% en 2020.

Par ailleurs, les situations budgétaires s’améliorent progressivement, plusieurs pays étant parvenus à assainir leurs budgets en augmentant leurs recettes fiscales et parfois en réduisant leurs dépenses.

Il reste toutefois des points de vigilance à surveiller, comme le taux d’endettement qui représente 53% du PIB global en Afrique ou encore la détérioration régulière depuis les années 2000 des déséquilibres extérieurs liés aux balances commerciales et courantes, et qui doivent impérativement être maîtrisés, afin de ne pas menacer la viabilité de la dette extérieure.

"Cette combinaison d’opportunités et de menaces, auxquelles fait face notre continent, souligne plus que jamais l’impératif des réformes structurelles et de l’approfondissement de l’intégration économique afin de libérer davantage les énergies créatrices de richesse et de valeur", a indiqué Mohamed El Kettani, PDG du groupe Attijariwafa bank, lors de son allocution d’ouverture du Forum.

Un big-bang africain imminent

Mohcine Jazouli, ministre marocain délégué chargé de la Coopération africaine, estime pour sa part que le continent est sur le point d’assister à un véritable big-bang. « Pour récolter les fruits de ce big-bang, il nous appartient de nous recentrer sur notre potentiel. L’Afrique a entamé son cours irréversible vers le futur. Je vous le dis comme je le pense : l’émergence de notre continent va bouleverser la hiérarchie des puissances économiques mondiales », développe le ministre.

Ce dernier souligne, par ailleurs, l’urgence de surmonter les paradoxes et adopter un modèle de développement donnant une large place à la transformation industrielle selon les caractéristiques spécifiques des différentes économies du continent.

« L’immensité de la tâche appelle bien entendu à une action concertée, collective et avant tout intra-africaine », prévient le ministre. Il juge que la future entrée en vigueur de la zone de libre-échange africaine va bouleverser la donne sur le continent. « C’est l’une des forces de ce big-bang africain puisqu’elle abolira les frontières et fera tomber les barrières tarifaires et non tarifaires en plus d’accélérer la mobilité de la main-d’œuvre et des capitaux et changer le visage de l’économie africaine », assure-t-il. 

Pour sa part, Abdallah Boureima, président de la commission de l’Union économique et monétaire Ouest africaine (UEMOA), a souligné qu’il sera « de plus en plus difficile, voire impossible, pour les pays africains d’espérer se développer individuellement, pénalisés par la taille de leurs dimensions politiques et économiques à l’échelle internationale et les faiblesses structurelles qui constituent des véritables obstacles à leurs développement ».

Les infrastructures, clé de l’intégration

Pour Mamadou Traoré, Commissaire en charge de l'Industrie et de la Promotion du Secteur Privé à la CEDEAO, communauté prise comme exemple d'intégration, un des plus grands obstacles pour développer les échanges entre les pays de la région est l'infrastructure : "Le taux des échanges intra-communautaire à la CEDEAO frôle les 12%, ce qui reste encore très faible par rapport à ce que nous avons souhaité", a-t-il indiqué.

Mamadou Traoré évoque particulièrement la faiblesse de l’infrastructure énergétique et des transports, ainsi que des coûts de services qu’il juge comme étant les plus élevés du continent. Il évoque également la faible capacité de transformation des produits de la communauté : "La plupart des exportations de la CEDEAO sont des produits bruts. Aujourd’hui notre ambition est d’arriver à disposer d’une capacité industrielle pour assurer la transformation", indique-t-il.

Dans ce mouvement vers l’intégration économique et la transformation industrielle du continent, les infrastructures constituent donc la clef de la transition et de l’intégration.

Les recommandations

Au-delà de la problématique d’intégration, d’autres thématiques de discussion ont eu lieu lors de cette sixième édition du FIAD, notamment à travers des panels dédiés aux défis qui se posent aux femmes entrepreneures africaines, ou au Digital en tant que levier de croissance en Afrique.

A l’issue de ces panels regroupant différents experts du sujet, des recommandations ont été formulées et retranscrites dans un Livre Blanc destiné à l’ensemble des décideurs africains concernés.

Le Panel sur l’accélération de l’intégration régionale a mis en évidence les besoins de développer davantage les infrastructures sur le continent africain, notamment les infrastructures de connectivité qui constituent un levier essentiel de l’intégration, mais aussi, les « Soft infrastructures » digitales qui peuvent également contribuer efficacement à l’accélération de l’intégration en faveur des PME.

Le Panel « Stand up for African Women Entrepreneurs » a quant à lui, mis en évidence les initiatives et mécanismes de financement innovants en cours pour soutenir les femmes entrepreneurs, ainsi que la nécessité d’accélérer le déploiement et la communication autour de ces leviers en faveur de l’entrepreneuriat féminin.

Enfin, le Panel sur le digital en tant que levier de croissance en Afrique et la contribution des jeunes startuppers africains a également produit un riche faisceau de recommandations dans deux directions :

• Un soutien accru des pouvoirs publics pour créer des champions régionaux, à travers la mise en place d’une réglementation souple et évolutive, l’assouplissement des conditions de création des entreprises en abaissant le seuil minimum du capital de départ, ou encore, la facilitation de la mobilité des personnes ;

• Une meilleure synergie avec le secteur privé dans une démarche inclusive. Il a ainsi été notamment souligné qu’une startup a besoin non pas de financements, mais d’un carnet de commandes bien garni et de la confiance d’une grande entreprise afin de lui commander sa solution et la déployer

Le FIAD, un forum qui prend de l’ampleur

Lancé en 2010, et s’inscrivant depuis 2015 dans une cadence annuelle en faveur du dialogue, de la promotion des investissements et du commerce intra-africain, le FIAD a permis la concrétisation de nombreuses opportunités d’échanges et d’investissements entre opérateurs économiques du continent et ses partenaires. Depuis sa création, le Forum a rassemblé plus de 7.500 opérateurs de 36 pays et généré plus de 17.000 rendez-vous d’affaires.

Le Club Afrique Développement, qui constitue un prolongement du Forum, offre pour sa part à ses 3.000 membres tout au long de l’année ses services incluant rencontres d’affaires, missions sectorielles, plateformes de mise en relation et d’accès à l’information dans l’ensemble des pays de présence d’Attijariwafa bank et au-delà.

I.B.S

Publié le 15/03/19 15:56

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