A fin septembre, le déficit commercial s'aggrave de plus de 4 milliards de dinars. La hausse des exportations, notamment d'huile d'olive, ne suffit pas à compenser l'augmentation de la facture énergétique et celle des importations en général.

Durant les neuf premiers mois de 2026, le déficit commercial de la Tunisie s'établit à 20.997 millions de dinars (MD), contre 16.727 MD l'an dernier, soit une dégradation d'environ 25 %.
Il était de 13.497 MD sur la même période de 2024. Le taux de couverture des importations par les exportations est passé ainsi de 77,5 % en 2024 à 73,5 % en 2025, puis à 70,6 % cette année.
Selon les chiffres publiés par l'Institut national de la statistique (INS), la Tunisie a exporté pour 50.400 MD de biens durant les neuf premiers mois de 2026, contre 46.419 MD un an plus tôt. Les importations, elles, ont atteint 71.397 MD, contre 63.146,7 MD en 2025.
À l'export, l'huile d'olive et l'énergie tirent la croissance
Parmi les secteurs exportateurs, les industries agro-alimentaires progressent de 20,3 %, portées par l'huile d'olive (4.005 MD de ventes, contre 2.915 MD un an plus tôt, soit une hausse d'environ 37 %). Les industries mécaniques et électriques gagnent 9,9 %.
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Les exportations du secteur de l'énergie bondissent de 43,1 %, grâce aux produits raffinés, passés de 610,4 MD à 1.396 MD.
À l'inverse, le secteur des mines, phosphates et dérivés recule de 16,5 % et celui du textile, de l'habillement et du cuir de 4,7 %.
Des importations en hausse dans tous les groupes
Côté importations, tous les groupes de produits sont en progression. Les produits énergétiques augmentent de 32 % et les produits alimentaires de 16,3 %. Les biens de consommation progressent de 9,5 %, les matières premières et demi-produits de 9,6 % et les biens d'équipement de 6,3 %.
L'Europe reste le premier partenaire
L'Union européenne absorbe 70,2 % des exportations tunisiennes, soit 35 386,3 MD (contre 32 622,6 MD en 2025). Les ventes augmentent vers la France (+5,4 %), l'Italie (+5 %) et l'Allemagne (+3,9 %), mais reculent vers l'Irlande (-7,1 %) et la Slovaquie (-0,7 %). La France (22,7 %), l'Italie (16,6 %) et l'Allemagne (14 %) restent les trois premiers clients du pays, devant l'Espagne (5,3 %) et la Libye (3,6 %).
Sur le marché arabe, les exportations vers l'Égypte (+78,6 %) et l'Arabie saoudite (+52,1 %) progressent fortement. Elles sont quasi stables vers la Libye (+0,03 %) et reculent vers le Maroc (-22,1 %) et l'Algérie (-11 %).
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L'Union européenne fournit aussi 44,8 % des importations, pour 32.000 MD, contre 27.305 MD un an plus tôt. Les achats augmentent auprès de la France (+18,1 %) et de l'Italie (+18,6 %), et baissent auprès de la Bulgarie (-1,8 %) et du Portugal (-7,7 %).
Hors UE, les importations en provenance de Turquie (+6,7 %), d'Inde (+3,2 %) et de Chine (+7,5 %) progressent, tandis que celles de Russie (-54 %) et du Royaume-Uni (-22,7 %) chutent. La Chine demeure le premier fournisseur (12,6 %), devant l'Italie (11,8 %), la France (11,4 %), l'Allemagne (7,9 %) et l'Algérie (7,1 %).
L'énergie pèse la moitié du déficit
Le déficit énergétique atteint 10.480 MD, contre 8.106,4 MD en 2025, et représente à lui seul la moitié du déficit global.
Hors énergie, le déficit s'établit à 10.517 MD. Les matières premières et demi-produits (-5.241 MD), les biens d'équipement (-3.422 MD) et les biens de consommation (-2.772 MD) sont également déficitaires. Seul le groupe alimentation dégage un excédent, de 919,8 MD.
Omar EL Oudi
Publié le 12/10/26 15:39




