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La Libye dépasse le Nigeria en tête des exportateurs africains de pétrole brut

La crise au Moyen-Orient aurait pu ouvrir un espace aux exportateurs africains. C'est pourtant l'inverse qui s'est produit : entre mars et août 2026, leurs exportations de brut par voie maritime ont diminué de 6% sur un an.

 

 

Alors que la guerre entre l'Iran et les Etats-Unis a profondément bouleversé les flux pétroliers mondiaux, les principaux exportateurs africains n'ont pas réussi à tirer pleinement parti de la situation.

Entre mars et août 2026, leurs exportations de brut transporté par voie maritime ont même reculé de 6% sur un an, selon les données de l'Energy Research Unit (ERU). 

Cette baisse représente environ 260.000 barils par jour, ramenant la moyenne des exportations des cinq principaux pays africains à près de 4 millions de barils par jour, contre 4,26 millions sur la même période de 2025.

La Libye et le Nigeria au coude-à-coude

La Libye arrive en tête avec une moyenne de 1,2 million de barils par jour exportés entre mars et août 2026. Ses expéditions ont progressé de 2% sur un an, soit environ 20.000 barils supplémentaires par jour.

Le Nigeria occupe la deuxième place, également avec près de 1,20 million de barils par jour. Mais contrairement à la Libye, ses exportations ont chuté de 15%, soit 210.000 barils par jour de moins qu'un an auparavant.

 

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L'Angola complète le podium avec 1,02 million de barils par jour, en hausse de 3% sur un an. Le pays est suivi par l'Algérie, avec environ 380.000 barils par jour, en baisse de 12%, puis par la République du Congo, dont les exportations ont atteint 260.000 barils par jour, en progression de 4%.

Bien que le Nigeria, la Libye et l'Algérie aient récemment apporté des améliorations notables aux termes de leurs contrats avec les entreprises étrangères, l'impact de ces mesures sur l'augmentation de la capacité de production de ces pays ne sera pas clairement visible avant la fin de la décennie, note la ERU.

Une capacité de production qui limite les exportations

Les exportations africaines ont ainsi évolué à contre-courant du décrochage enregistré au Moyen-Orient. Sur les six premiers mois de la guerre, les exportations de brut de la région ont diminué de 41%, soit 6,8 millions de barils par jour, pour tomber à 9,9 millions de barils par jour contre 16,7 millions un an auparavant.

Dans ce contexte, les producteurs africains auraient pu apparaître comme une source alternative pour une partie des volumes perturbés. Mais la plupart ne disposent pas d'une capacité de production suffisamment disponible pour augmenter rapidement leurs exportations.

Les contraintes sont notamment liées au déclin naturel de certains champs, au vieillissement des infrastructures, aux difficultés sécuritaires et au manque d'investissements. L'Agence internationale de l'énergie souligne ainsi que, malgré de nouvelles capacités attendues en Afrique, le déclin des champs existants continue de peser sur la production du continent. 

Pour les producteurs africains, la guerre a donc créé une fenêtre de marché sans pour autant déboucher sur une véritable redistribution des flux. Faute de capacités immédiatement mobilisables, le continent n'a pas pu compenser une part significative du déficit d'approvisionnement provoqué par la perturbation des exportations du Moyen-Orient.

Jihen Mkehli 

 

Publié le 22/09/26 11:15

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