La croissance de la demande mondiale de pétrole devrait quasiment marquer le pas en 2026. L'Opep a ramené sa prévision à 180 000 barils par jour supplémentaires, contre 1,4 million anticipé au début de la guerre au Moyen-Orient.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) réduit une nouvelle fois ses anticipations de consommation mondiale. Pour 2026, elle ne prévoit plus qu'une hausse de 180 000 barils par jour, contre 1,4 million au début de la guerre au Moyen-Orient. En parallèle, elle anticipe un net rebond de la demande en 2027, porté notamment par la reconstitution des stocks.
Dans son rapport mensuel d'octobre, publié mardi 13 octobre, l'Opep abaisse ainsi pour le sixième mois consécutif sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole.
L'organisation estime désormais que la consommation mondiale progressera de seulement 180 000 barils par jour en 2026 par rapport à 2025. Au début de la guerre, fin février, elle tablait encore sur une croissance de 1,4 million de barils par jour. Depuis, ses estimations ont été réduites chaque mois d'environ 200 000 barils par jour.
La Chine et les économies de l'OCDE pèsent sur les perspectives
Pour la première fois cette année, l'Opep prévoit une baisse de la consommation pétrolière chinoise en 2026, de l'ordre de 60 000 barils par jour par rapport à 2025. La demande des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) devrait également diminuer de 210 000 barils par jour sur un an.
Le ralentissement concerne aussi certains produits raffinés. L'Opep attribue notamment une partie de la révision à une baisse d'environ 190 000 barils par jour de la demande de gazole. Dans le même temps, les prix de gros du gazole à Rotterdam, référence européenne, ont plus que doublé depuis février, passant d'environ 95 dollars à près de 200 dollars le baril en septembre.
La baisse de l'offre de produits pétroliers russes, les faibles niveaux de stocks et la maintenance saisonnière des raffineries continuent de soutenir les prix, selon l'organisation. Le gazole est ainsi devenu l'un des segments les plus tendus du marché pétrolier, dans un contexte de préoccupations croissantes concernant les prix à la pompe.
Un rebond attendu en 2027
Malgré ces perspectives dégradées pour 2026, l'Opep anticipe une accélération de la demande mondiale l'année prochaine. Elle prévoit une hausse de 2,6 millions de barils par jour en 2027 par rapport à 2026, notamment sous l'effet des besoins de reconstitution des stocks après les prélèvements effectués pour amortir les perturbations de l'approvisionnement.
Du côté de l'offre, la production des pays de l'Opep a fortement rebondi en septembre. L'Arabie saoudite a notamment porté sa production à 8,372 millions de barils par jour, contre 6,24 millions en août, retrouvant son niveau mensuel le plus élevé depuis le début de la guerre.
L'évolution du marché dépendra donc autant de la reprise des flux d'approvisionnement que du redressement de la consommation. Pour l'Opep, le contraste entre une demande presque stagnante en 2026 et une croissance nettement plus forte en 2027 reflète notamment l'incertitude entourant les conséquences du conflit et le calendrier de reconstitution des stocks.
Jihen Mkehli
Publié le 14/10/26 07:35




