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Le Brent repasse au-dessus des 100 dollars

Après une nuit de fortes tensions au Moyen-Orient, marquée notamment par des attaques contre des infrastructures énergétiques de Saudi Aramco en Arabie saoudite, les cours du pétrole repartent fortement à la hausse. Le Brent a franchi la barre des 100 dollars le baril pour la première fois depuis juillet.

 

 

Le prix du Brent a franchi à nouveau la barre symbolique des 100 dollars le baril, mercredi 9 septembre, pour la première fois depuis le 24 juillet. Le baril de référence européen a atteint 100,19 dollars en séance, avant de revenir autour de 99,93 dollars. 

De son côté, le WTI, référence américaine, progressait de 1,49 dollar, soit 1,60%, à 94,52 dollars le baril.

Cette nouvelle progression intervient alors que les risques pesant sur l'offre mondiale de pétrole se multiplient. Hier soir, les houthis ont lancé une importante série d'attaques de drones et de missiles contre plusieurs villes du sud de l'Arabie saoudite, dont Jizan, Abha, Najran et Khamis Mushait. Des infrastructures énergétiques ont été touchées et plusieurs incendies se sont déclarés.

L'attaque a notamment affecté des installations liées au secteur pétrolier à Jizan, où se trouve une importante raffinerie de Saudi Aramco. Certaines opérations énergétiques ont été temporairement interrompues.

Une prime géopolitique de nouveau intégrée par le marché

Le Brent a ainsi progressé d'environ 25% depuis le début du mois d'août, alors que les espoirs d'un règlement durable du conflit entre les États-Unis et l'Iran se sont progressivement éloignés. La reprise des affrontements et leur extension à de nouvelles infrastructures énergétiques renforcent la perspective de perturbations prolongées des approvisionnements.

 

Lire aussi : Le Brent frôle les 100 dollars après de nouvelles attaques en Arabie saoudite

 

Le détroit d'Ormuz constitue le principal point de vigilance. Selon les données citées par Reuters, les volumes de pétrole qui y transitaient avaient atteint 8 à 9 millions de barils par jour avant la reprise des combats, contre moins de 2 millions de barils par jour récemment. Cette contraction des flux accentue directement la prime de risque intégrée dans les cours.

Des perspectives de prix revues à la hausse

Face à cette dégradation du contexte géopolitique, plusieurs grandes banques ont commencé à relever leurs prévisions de prix du pétrole. Goldman Sachs, Bank of America et HSBC ont notamment ajusté leurs projections à la hausse, alors que les marchés commencent à intégrer le risque d'une perturbation prolongée des approvisionnements au Moyen-Orient.

Goldman Sachs estime notamment que le Brent pourrait dépasser 120 dollars le baril en 2027 dans un scénario de forte réduction de la production du Golfe.

Parallèlement, la remontée des cours accentue les inquiétudes sur l'inflation. Un pétrole durablement élevé pourrait augmenter les coûts du transport et de l'énergie, accentuer les pressions sur les prix et compliquer davantage la tâche des banques centrales, à un moment particulièrement sensible de leur calendrier monétaire.

La Banque centrale européenne se réunit ces 9 et 10 septembre, tandis que la Réserve fédérale américaine doit se prononcer les 15 et 16 septembre. La persistance d'un choc énergétique pourrait ainsi peser sur leurs arbitrages entre la maîtrise de l'inflation et le soutien à l'activité.

Jihen Mkehli 

 

Publié le 09/09/26 07:39

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