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La Banque du Caire réalise la plus grande introduction en Bourse de l’histoire de l'Égypte

Près de 75 ans après sa création, la Banque du Caire fait son entrée en Bourse à l'occasion de la plus importante introduction jamais réalisée sur le marché égyptien, valorisée à 36,37 milliards de livres égyptiennes.

 

 

Le 2 novembre 2026, l'introduction en Bourse de la Banque du Caire, pour un montant de 36,37 milliards de livres égyptiennes, soit environ 658 millions de dollars, a constitué la plus importante opération de ce type jamais réalisée sur le marché égyptien.

Elle marque également une nouvelle étape dans le programme de cession d'actifs publics engagé par Le Caire.

L'opération porte sur la vente de 45 % du capital de la banque, soit plus de 6,86 milliards d'actions, au prix unitaire de 5,30 livres égyptiennes. À ce niveau, la valorisation boursière de l'établissement atteint environ 80,8 milliards de livres, l'équivalent de près de 1,5 milliard de dollars.

La transaction a été réalisée par Banque Misr, actionnaire public de la Banque du Caire, qui a cédé une partie de sa participation. Il ne s'agit donc pas d'une augmentation de capital destinée à injecter de nouveaux fonds dans la banque, mais d'une ouverture de son actionnariat à de nouveaux investisseurs. À l'issue de l'opération, Banque Misr conserve une participation majoritaire de 55 %.

Une demande largement supérieure à l'offre

L'opération a suscité un intérêt marqué auprès des investisseurs institutionnels et des particuliers. Le compartiment réservé au public a enregistré des demandes portant sur près de 9,29 milliards d'actions, soit une souscription 27,08 fois supérieure au volume initialement proposé.

Du côté des investisseurs institutionnels, le compartiment privé a également été largement couvert. Les ordres ont atteint près de 205,8 milliards de livres égyptiennes, soit une demande équivalant à environ six fois le volume proposé.

Hors investisseurs qualifiés ayant bénéficié d'allocations préalablement définies, le taux de couverture est monté à près de 19,8 fois.

 

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La forte demande a notamment conduit à porter la part mise en vente de 30 % à 45 % du capital, après l'approbation de l'Autorité égyptienne de régulation financière. Le prix définitif de 5,30 livres a, par ailleurs, été fixé au plafond de la fourchette indicative initiale, comprise entre 4,82 et 5,30 livres.

Selon la Bourse égyptienne, l'opération a également attiré plus de 500 millions de dollars de capitaux transférés depuis l'étranger. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, ont chacune participé à hauteur de 100 millions de dollars.

Un établissement bancaire de 74 ans ouvre son capital

Fondée en 1952, la Banque du Caire figure parmi les établissements historiques du secteur bancaire égyptien. Son entrée effective en Bourse intervient dans le cadre d'une démarche plus large visant à élargir la participation du secteur privé dans l'économie et à réduire progressivement le poids de l'État dans certaines activités.

Sur le plan financier, la banque affichait des actifs de 533 milliards de livres égyptiennes à fin 2025, pour des prêts de 258 milliards et des dépôts de clientèle de 401 milliards. Son bénéfice net avait atteint 16,1 milliards de livres sur l'année, en progression de 30 % sur un an. Son ratio de solvabilité s'établissait à 22,06 %.

Pour les autorités égyptiennes, cette cotation doit également contribuer à approfondir le marché financier local et à élargir sa base d'investisseurs. Le président de l'Autorité de régulation financière, Islam Azzam, a notamment souligné que l'opération ajoutait près de 80,8 milliards de livres à la capitalisation de la Bourse égyptienne, soit environ 2,1 % de sa valeur totale avant l'introduction.

Cette opération constitue ainsi un test important pour le programme de privatisation partielle de l'Égypte. Le pays cherche à attirer davantage de capitaux privés, notamment étrangers, et à céder des participations dans plusieurs entreprises publiques dans le cadre de sa politique de propriété de l'État et de ses engagements de réforme économique.

Jihen Mkehli

 

Publié le 03/11/26 08:28

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