Les prix du gaz en Europe repartent fortement à la hausse, atteignant leur plus haut niveau depuis janvier 2023, dans un marché sous pression à l'approche de l'hiver.
Les marchés européens du gaz renouent avec les tensions. Les prix ont atteint ce mercredi, 2 septembre 2026, leur plus haut niveau depuis janvier 2023.
Le contrat de référence néerlandais TTF a progressé de 6,5% en début de séance, avant de réduire une partie de ses gains. Le mouvement intervient après une hausse de plus de 70% des prix européens du gaz depuis début juillet.
La principale raison de cette flambée est la reprise des frappes entre les États-Unis et l'Iran, qui ravive les tensions autour du détroit d'Ormuz. L'enjeu est d'autant plus important que l'Europe entre dans une période décisive pour la constitution de ses réserves avant l'hiver.
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Les stocks européens étaient remplis à environ 65% au début du mois de septembre, un niveau nettement inférieur aux moyennes saisonnières et parmi les plus faibles observés pour cette période depuis le début des séries disponibles.
Une course contre la montre avant l'hiver
Avec l'hiver qui approche, l'Europe doit encore accélérer le remplissage de ses stocks. Selon les estimations de Montel, plus de 140 cargaisons de GNL par mois seraient nécessaires en août, septembre et octobre pour porter les stocks à seulement 80% d'ici novembre. Le déficit est estimé à environ 72 cargaisons.
La concurrence avec l'Asie complique davantage l'équation. La demande asiatique pour le GNL se renforce, tandis que les perturbations des flux via le détroit d'Ormuz réduisent les volumes disponibles sur le marché mondial.
Une prolongation de ces perturbations pourrait ainsi maintenir la pression sur les prix européens et rendre plus difficile le remplissage des stocks avant l'hiver.
Un marché européen de nouveau exposé
La flambée actuelle rappelle une situation déjà vécue par l'Europe après l'invasion de l'Ukraine en 2022, lorsque la réduction des livraisons russes avait provoqué une forte tension sur le marché gazier.
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Depuis, l'Union européenne a profondément diversifié ses approvisionnements : la part du gaz russe dans ses importations est passée de 45% en 2021 à 12% en 2025, tandis que le GNL représente désormais 45% des importations de gaz européennes.
Cette nouvelle dépendance au marché mondial du GNL expose toutefois l'Europe aux perturbations des flux et à la concurrence entre acheteurs.
Pour les consommateurs comme pour les industriels européens, le risque est désormais celui d'une nouvelle période de volatilité des prix du gaz à l'approche de l'hiver.
Jihen Mkehli
Publié le 02/09/26 11:52




