En Afrique, l'innovation reste encore peu représentée dans les grands pôles mondiaux. Le Caire est le seul cluster du continent à figurer dans le Top 100 de l'OMPI, à la 86ᵉ place, loin derrière les principaux écosystèmes mondiaux.

L'Indice mondial de l'innovation (GII) est un classement publié chaque année par l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) pour mesurer les performances des économies et identifier les principaux foyers d'innovation à travers le monde.
Son classement des pôles d'innovation s'intéresse plus précisément aux zones géographiques où se concentrent les inventeurs, les chercheurs et les investisseurs en capital-risque, en s'appuyant sur trois critères : les dépôts internationaux de brevets, les publications scientifiques et les opérations de capital-risque.
Pour son édition 2026, 89 des 100 premiers pôles se situent en Asie-Pacifique, en Europe et en Amérique du Nord. L'Asie arrive en tête avec 36 pôles, devant l'Europe (30) et l'Amérique du Nord (23), tandis que l'Afrique du Nord et l'Asie occidentale en comptent 3.
Le Caire, seul représentant de l'Afrique
L'Afrique reste quasiment absente du classement mondial des pôles d'innovation. L'Égypte est le seul pays du continent représenté dans le Top 100, avec Le Caire, qui se classe au 86ᵉ rang mondial en 2026.
Sur les cinq dernières années, le pôle cairote a concentré, selon l'OMPI, 179 demandes de brevets PCT, 26.673 publications scientifiques et 469 opérations de capital-risque.
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Le Caire figure également au 100ᵉ rang mondial en termes d'intensité d'innovation. Parmi les principaux déposants de brevets du pôle figurent notamment SI-WARE Systems, avec 13 demandes PCT, devant Dell et Valeo, avec 6 demandes chacun.
Dans la région MENA, outre Le Caire, on trouve également Riyad, qui se classe au 92ᵉ rang mondial. La capitale saoudienne fait son entrée pour la première fois dans ce classement.
Sur les cinq dernières années, le pôle de Riyad a concentré 162 demandes de brevets PCT, 25.033 publications scientifiques et 419 opérations de capital-risque. Il se classe également au 92ᵉ rang mondial en matière d'intensité d'innovation.
La faible présence de l'Afrique s'explique surtout par le manque de concentration de l'innovation dans de grands écosystèmes capables de réunir recherche, brevets et financement privé.
Le continent compte des startups innovantes et plusieurs pôles technologiques dynamiques, mais ceux-ci restent encore moins connectés aux grands réseaux de recherche, de propriété intellectuelle et de capital-risque internationaux.
La Chine, pays le mieux représenté dans le Top 100
Le Top 10 mondial des pôles d'innovation reste largement dominé par l'Asie et les États-Unis. En tête, Shenzhen-Hong Kong-Guangzhou s'impose comme le premier pôle d'innovation au monde, porté par une forte concentration de l'activité de recherche, des dépôts de brevets et des investissements en capital-risque. Le pôle devance Tokyo-Yokohama, suivi de San José-San Francisco, Séoul et Pékin.
Ensemble, ces cinq pôles représentent environ 32,9 % des demandes de brevets PCT mondiales déposées en 2026, soit près d'une demande sur trois dans le monde.
La Chine place à elle seule trois pôles dans les six premiers, avec également Shanghai-Suzhou en sixième position. Les États-Unis comptent trois pôles dans le Top 10, avec San José-San Francisco (3ᵉ), New York (7ᵉ) et Boston-Cambridge (9ᵉ). L'Europe est représentée par Londres (8ᵉ) et Paris (10ᵉ).
À l'échelle des pays, la Chine arrive également en tête avec 25 pôles dans le Top 100, soit un de plus qu'en 2025. Avec 20 pôles, les États-Unis arrivent en deuxième position. À eux deux, les deux pays concentrent ainsi près de la moitié des 100 premiers pôles d'innovation dans le monde.
Jihen Mkehli
Publié le 10/09/26 11:15




