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« Le Pacte » de Hichem Jouaber : 108 leviers pour passer enfin de la stratégie à l’action en Tunisie

Ce livre ne dit pas ce qui ne va pas en Tunisie. Il dit quoi faire, quand, combien ça coûte, combien ça rapporte et qui s'en charge. 108 fois.

 

 

Tout le monde connaît le diagnostic. Les rapports s'empilent depuis quinze ans, les colloques se succèdent, les stratégies s'annoncent. Et rien ne bouge sur le terrain.

Ce livre part de là : le problème de la Tunisie n'est pas le manque d'idées, c'est le passage à l'exécution. Il s'attaque donc à la question que les rapports laissent toujours en suspens : que fait-on lundi matin, qui le fait, et avec quel argent ?

Quelques repères publics qui situent l'enjeu, et qui ne doivent rien aux calculs du livre : 38,4% de chômage chez les jeunes selon l'INS, une dette publique à 84% du PIB fin 2025, un milliard de dollars d'investissement étranger quand le Maroc en attire 3,6 milliards, et une création d'entreprise qui prend une à deux semaines en Tunisie contre six heures au Rwanda.

Pourquoi maintenant

Les coupures d'électricité, les ruptures d'eau et les pénuries d'eau en bouteille occupent le pays depuis des semaines. Elles n'en sont que la partie visible : derrière, le chômage des jeunes, une économie parallèle qui gagne du terrain, des infrastructures délabrées, des entreprises qui renoncent à investir et des diplômés qui partent.

Le livre répond aux deux. Deux de ses chapitres portent sur l'eau et l'environnement, les onze autres sur ce qui mine le pays depuis quinze ans. Aucun ne se contente de commenter : chacun dit ce qu'il faut faire, ce que ça coûte et en combien de temps.

La méthode, qui fait l'originalité du livre

Chacun des 108 leviers est traité comme un dossier d'investissement, selon la même grille :

  • ce qu'il coûte, et qui paie, entre budget de l'État et financement privé ;
  • le calendrier de mise en œuvre, mois par mois ou année par année ;
  • les responsables désignés, ministère par ministère ;
  • les garde-fous, c'est-à-dire ce qui peut mal tourner et comment l'empêcher ;
  • le gain attendu pour le pays, en dinars et en emplois ;
  • les pays qui l'ont déjà mis en œuvre, et ce qu'il en reste chez eux aujourd'hui ;
  • un recalcul en hypothèse défavorable, gains amputés d'un quart et coûts majorés, pour éprouver ce qui résiste.

Pour chaque levier, le livre précise aussi s'il faut une décision administrative, un décret ou une loi. Certains n'exigent ni texte nouveau ni budget : seulement d'appliquer ce qui existe déjà.

181 sources référencées, et un modèle économique complet dont les hypothèses sont publiées en annexe et peuvent être contestées ligne à ligne.

Les treize chapitres

  • État : un État lent vous coûte plus cher qu'un État qui dépense.
  • Informel : quand le formel devient plus rentable que l'informel.
  • Infrastructures : le grand déblocage.
  • Industrie : une stratégie industrielle qui attire les investissements et fait émerger des champions.
  • École : reconstruire l'école et l'université tunisiennes.
  • Santé : des soins accessibles, dignes et finançables.
  • Sport : le domaine où la Tunisie a déjà été championne du monde.
  • Culture : ce moteur qu'on oublie.
  • Route : on enterre trop de jeunes.
  • Eau : elle ne tombe pas du ciel, il faut la capturer, la traiter et la gérer.
  • Environnement : fini les discours, on passe à l'action.
  • Diaspora : la servir et la mobiliser.
  • Exécution : comment piloter un plan à 108 leviers.

Les douze premiers chapitres couvrent chacun un domaine, et aucun n'est traité comme un sujet secondaire : le sport, la culture et la sécurité routière y sont chiffrés avec la même exigence que les ports ou la fiscalité, parce qu'ils pèsent eux aussi sur la santé publique, sur l'emploi des jeunes et sur l'image du pays.

Le treizième est d'une autre nature : il répond à la question qui vient toujours après les propositions, celle de savoir qui les met en œuvre et comment on vérifie qu'elles avancent.

Un livre mis à disposition

Ces 108 leviers n'appartiennent à personne. Ils sont mis à la disposition de tous ceux qui veulent que la Tunisie aille mieux et qui savent qu'il est temps de passer à la réalisation : décideurs publics, chefs d'entreprise et opérateurs économiques, syndicats, société civile, think tanks, chercheurs et étudiants, leaders d'opinion et journalistes, et tout courant politique qui s'y reconnaîtra.

À prendre en totalité ou par morceaux, à discuter, à corriger, à améliorer. L'essentiel n'est pas que ces propositions soient reprises telles quelles, mais qu'elles soient exécutées.

L'auteur

Hichem Jouaber est ingénieur des Ponts et Chaussées. Fort de plus de trente années d'expérience, il a consacré l'essentiel de sa carrière au conseil en stratégie, en transformation et en restructuration, et occupé des fonctions de direction dans de grands groupes internationaux.

Administrateur de sociétés, il a travaillé sur des programmes de réforme publique dans plusieurs pays : au Royaume-Uni, auprès de l'unité de pilotage de l'exécution créée par le Premier ministre, sur la stratégie de réindustrialisation ; en Pologne, sur le programme de privatisation et le passage à l'économie de marché ; à Singapour, auprès de l'agence de développement économique, sur l'attraction des investissements étrangers.

Franco-tunisien, originaire de la région de Gabès, il partage sa vie entre la France et la Tunisie.

Le préfacier

Hakim Ben Hammouda, économiste et ancien ministre des Finances, signe la préface. Il y inscrit le livre dans un débat qu'il connaît de près : celui de l'incapacité, en Tunisie comme ailleurs, à traduire de grandes orientations stratégiques en politiques publiques concrètes.

Il conclut ainsi : " Un livre à lire et à méditer. À lire du fait de la richesse de ses propositions, et à méditer sur la méthode pour transformer les utopies et les stratégies en politiques concrètes. "

 

 

Publié le 20/10/26 09:10

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