Victime des perturbations logistiques dans le détroit d'Hormuz et de la flambée historique du cours du soufre, le spécialiste tunisien du fluorure d'aluminium enregistre un repli de 38,7 % de son chiffre d'affaires semestriel, mais amorce une reprise progressive au deuxième trimestre.

Le premier semestre de l'exercice 2026 aura été marqué par d'importantes turbulences opérationnelles pour la Société Les Industries Chimiques du Fluor (ICF).
Confrontée à la combinaison de contraintes de maintenance interne et de tensions géopolitiques majeures au Moyen-Orient, l'entreprise voit son chiffre d'affaires cumulé au 30 juin 2026 s'établir à 64,2 millions de dinars (MDT), contre 104,7 MDT sur la même période en 2025, soit une baisse de 38,7 %.
Cette contraction s'explique avant tout par la baisse des volumes vendus au cours des six premiers mois de l'année, directe conséquence des arrêts de production successifs. Au terme du semestre, la production globale d'ICF accuse un repli marqué de 61,5 % par rapport au premier semestre 2025.
Inflexion positive au second trimestre et flambée du prix des matières premières
Malgré ces chocs, les indicateurs du deuxième trimestre témoignent d'un début d'amélioration commerciale et opérationnelle. Le chiffre d'affaires du seul deuxième trimestre s'élève à 37,1 MDT (contre 27,1 MDT au T1), marquant la reprise progressive de l'exploitation dès début juin à la suite de la réorganisation des approvisionnements.
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Sur le marché mondial, si la bonne tenue des cours de l'aluminium continue de soutenir les prix de vente du fluorure d'aluminium, cette hausse est fortement absorbée par l'envolée des coûts des matières premières.
Le prix du soufre a en effet dépassé le seuil historique des 1 300 dollars la tonne (plus que triplé), poussant la direction d'ICF à intensifier ses mesures d'optimisation opérationnelle pour sauvegarder ses marges.
Cap sur la modernisation et la transition énergétique
Dans ce contexte exigeant, ICF poursuit la modernisation de son appareil industriel. Les investissements semestriels ont augmenté pour atteindre 1,9 MDT (contre 1,1 MDT un an plus tôt). Le programme s'articule autour de quatre axes prioritaires :
- Le développement de l'énergie photovoltaïque ;
- L'optimisation de la consommation d'eau ;
- La réalisation de projets environnementaux ;
- La modernisation des équipements pour renforcer la compétitivité à long terme.
Perspectives pour le second semestre 2026
Face à l'instabilité géopolitique persistante au Moyen-Orient et aux risques pesant sur les coûts logistiques et la disponibilité des clients régionaux, la société reste très prudente.
ICF concentre ses efforts sur la sécurisation de ses approvisionnements stratégiques et la maîtrise stricte de ses coûts de fonctionnement afin d'asseoir la reprise d'activité amorcée sur la deuxième moitié de l'année.
Omar EL Oudi
Publié le 21/07/26 08:23




