
Le gouvernement tunisien prévoit de faire son grand retour sur le marché financier international en 2026, selon un document budgétaire dont ilboursa a obtenu copie.
Ce retour, le premier depuis 2019, s'inscrit dans une stratégie de diversification des sources de financement pour couvrir les besoins croissants du budget de l'État.
D'après les projections officielles, les ressources d'emprunt nécessaires au financement du budget pour l'exercice 2026 sont estimées à 25.864 millions de dinars. Ce montant sera mobilisé à travers une combinaison d'emprunts intérieurs et extérieurs, répartis de manière à équilibrer les contraintes de liquidité et de coût.
Une forte dépendance à l'endettement intérieur
Les emprunts intérieurs devraient représenter près des deux tiers du total, soit 19.056 millions de dinars. Parmi ceux-ci figurent :
- 2.500 millions de dinars via les bons du Trésor à 52 semaines,
- 4.840 millions à travers les Bons du Trésor Assimilables (BTA),
- 716 millions d'emprunts intérieurs libellés en devises,
- et 11 milliards de dinars sous forme de facilités auprès de la Banque Centrale de Tunisie (BCT).
Cette prédominance des financements domestiques traduit les difficultés persistantes d'accès de la Tunisie aux marchés internationaux à des conditions soutenables, dans un contexte marqué par la dégradation de la note souveraine et l'absence d'accord formel avec le Fonds monétaire international (FMI).
Un retour prudent sur les marchés internationaux
Le gouvernement table néanmoins sur une levée de 1.375 millions de dinars, équivalente à 400 millions d'euros, sur le marché financier international, marquant ainsi la première émission depuis 2019.
Cette opération, encore à préciser dans sa structure, pourrait se faire sous la forme d'un eurobond ou via un placement privé, selon les conditions de marché et les garanties disponibles.
Parallèlement, la Tunisie prévoit de mobiliser 2.983 millions de dinars d'emprunts extérieurs à titre d'appui budgétaire, auprès de plusieurs bailleurs multilatéraux et régionaux. Le détail de ces appuis inclut :
- 68 millions d'euros du Fonds Monétaire Arabe,
- 58 millions d'euros de la Banque mondiale,
- 22,5 millions d'euros de la Banque africaine de développement (BAD),
- 500 millions d'euros d'Afreximbank,
- 10 millions d'euros de l'Agence française de développement (AFD),
- et 300 millions d'euros d'autres partenaires financiers.
S'y ajoutent 2,25 milliards de dinars d'emprunts destinés au financement de projets publics et 200 millions d'emprunts rétrocédés.
Avec un volume total d'endettement dépassant les 25 milliards de dinars, la Tunisie s'apprête à vivre une année 2026 encore sous le signe de la contrainte budgétaire. Le recours massif aux ressources intérieures et la tentative de retour sur le marché international témoignent de la volonté des autorités de maintenir la continuité de financement tout en diversifiant les sources de liquidité.
Ce retour sur les marchés étrangers, s'il se concrétise, constituera un test majeur pour la crédibilité financière du pays et sa capacité à restaurer la confiance des investisseurs internationaux, dans un contexte économique encore fragile.
Omar El Oudi
Publié le 21/10/25 11:38




