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Croissance, déficits, dette : Ce que prévoit la Banque mondiale pour la Tunisie

L'économie tunisienne devrait croître de 2,3 % en 2026, un chiffre revu à la baisse par rapport aux prévisions initiales, en raison des répercussions du conflit au Moyen-Orient sur la demande extérieure.

 

 

C'est ce qui ressort du dernier Bulletin de Conjoncture Économique pour la Tunisie publié par la Banque mondiale. Après la reprise enregistrée en 2025, l'institution tablait initialement sur une croissance de 2,5 % pour 2026, portée par le rebond attendu de la production agricole, notamment l'huile d'olive et les céréales, ainsi que par le dynamisme des industries mécaniques et électriques.

Une révision liée au contexte géopolitique

Les tensions au Moyen-Orient ont conduit la Banque mondiale à revoir ses estimations à la baisse, à 2,3 %. Si le secteur touristique devrait continuer à soutenir la croissance, l'incertitude mondiale accrue risque de peser sur la demande extérieure, en particulier celle provenant de l'Union européenne, principal partenaire commercial de la Tunisie.

À moyen terme, la tendance ne s'améliore guère : la croissance devrait ralentir pour s'établir en moyenne à 2,1 % sur 2027-2028, freinée par des contraintes de financement et des obstacles à l'accès aux marchés.

 

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La Banque mondiale souligne toutefois qu'une amélioration sensible des perspectives reste possible, à condition que la Tunisie engage des réformes structurelles : assainissement des finances publiques, modernisation des entreprises publiques et renforcement de la concurrence.

Un déficit courant en légère résorption

Le déficit du compte courant devrait atteindre 4,1 % du PIB en 2026, sous l'effet d'un déficit commercial en expansion, partiellement compensé par une croissance modérée des recettes touristiques. Une décrue progressive est attendue à moyen terme, avec un déficit ramené à 3,1 % du PIB en 2028.

Face à des investissements directs étrangers qui devraient rester stables et à des entrées de capitaux de portefeuille limitées, les pressions sur le financement extérieur resteront fortes. Dans ce contexte de marges de manœuvre restreintes, les autorités pourraient être amenées à recourir à des emprunts en devises auprès de la Banque centrale.

Des finances publiques sous tension

Le déficit budgétaire devrait se creuser pour atteindre 6,0 % du PIB en 2026, contre 5,3 % en 2025, sous l'effet de la hausse des subventions énergétiques liée au conflit au Moyen-Orient. Un reflux est anticipé à moyen terme, avec un déficit ramené à 4,7 % du PIB en 2028, grâce à la maîtrise de la masse salariale publique et à la réduction des subventions.

Du côté de l'endettement, la dette publique devrait légèrement diminuer, passant de 84,2 % du PIB en 2026 à 81,9 % en 2028. Les besoins bruts de financement demeurent néanmoins élevés, 27,3 milliards de dinars en 2026, puis 26,2 milliards en 2027, en raison de l'alourdissement des remboursements de dette, ce qui accentue le recours aux emprunts souverains.

Le financement intérieur, une solution à double tranchant

La stratégie tunisienne visant à limiter l'endettement extérieur complique le financement du déficit public. Le recours accru au marché intérieur, s'il permet de réduire l'exposition aux risques externes, n'est pas sans danger.

La Banque mondiale met en garde contre un possible effet d'éviction du crédit au secteur privé, des pressions inflationnistes et des vulnérabilités accrues au sein du système bancaire.

 

 

Publié le 23/09/26 09:46

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