ilboursa arabic version ilboursa

Le Brent à son plus haut depuis mai

Après la prise du port stratégique de Mokha par les Houthis au Yémen, à quelque 80 kilomètres du détroit de Bab el-Mandeb, le Brent a bondi jeudi, dépassant les 107 dollars le baril. 



 

Le Brent a franchi les 106 dollars le baril à la clôture des échanges jeudi 10 septembre, atteignant son plus haut niveau depuis mai. Le brut de référence européen s'est même hissé ponctuellement au-dessus de 107 dollars au cours de la séance. 

Ce vendredi matin, il s'est stabilisé autour de 105,53 dollars, toujours porté par les inquiétudes concernant les approvisionnements mondiaux et la sécurité des principales routes d'exportation de pétrole. Le WTI américain évoluait, lui aussi, au-dessus de la barre des 100 dollars, à 100,94 dollars le baril.

 

Lire aussi : Le Brent repasse au-dessus des 100 dollars

 

Outre le détroit d'Ormuz, déjà au cœur des tensions régionales, les inquiétudes se sont renforcées autour de la mer Rouge. Au Yémen, les houthis ont pris jeudi le contrôle de la ville portuaire stratégique de Mokha, sur la côte de la mer Rouge. Située à environ 80 kilomètres du détroit de Bab el-Mandeb, cette ville constitue un point stratégique dans la progression des Houthis vers cette importante voie maritime.

Ce qui fait craindre une nouvelle dégradation de la sécurité maritime dans la région, alors que Bab el-Mandeb constitue un passage essentiel entre la mer Rouge et le golfe d'Aden. 

Le risque d'un nouveau choc énergétique

L'apparition d'un second point de tension à Bab el-Mandeb fait ainsi craindre une extension des perturbations à une autre route stratégique pour les exportations énergétiques.

Le détroit relie la mer Rouge au golfe d'Aden et constitue un passage clé pour les cargaisons reliant le Moyen-Orient à l'Europe et à l'Asie. Selon Reuters, environ 7% de la production mondiale de pétrole y transite.

Le contrôle de la côte yéménite par les Houthis leur donnerait ainsi une capacité accrue à perturber le trafic maritime et à exercer une pression supplémentaire sur les exportations de pétrole de la région.

La hausse des cours reflète dès lors moins une baisse immédiate de la production mondiale qu'une prime de risque géopolitique. Les opérateurs intègrent dans leurs prix la possibilité de nouvelles perturbations des routes maritimes, alors que les alternatives au détroit d'Ormuz restent limitées.

Cette situation pourrait également accentuer les pressions inflationnistes. Un pétrole durablement supérieur à 100 dollars augmenterait les coûts de transport, de production et, plus largement, ceux de nombreux biens et services. Les marchés surveillent donc désormais autant l'évolution du conflit que la capacité des pays producteurs et des infrastructures existantes à maintenir les approvisionnements.

Pour les marchés, la question est désormais de savoir combien de temps cette prime de risque restera intégrée dans les cours.

Jihen Mkehli



Publié le 11/09/26 07:35

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

ugEX2i32PXPb9Jr8punBC_ItZOq4haKgo-lUwnmQLKc False