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Fret pétrolier : Les revenus des superpétroliers frôlent les 510 000 dollars par jour

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À mesure que les risques s'accumulent autour du détroit d'Ormuz, le transport du pétrole vers l'Asie devient de plus en plus coûteux. Les revenus des superpétroliers sur la route du Golfe vers la Chine frôlent désormais les 510 000 dollars par jour.

 

 

Les risques liés au détroit d'Ormuz font grimper les tarifs du transport pétrolier, avec des revenus proches de 510 000 dollars par jour pour les superpétroliers reliant le Moyen-Orient à la Chine.

Il s'agit de leur plus haut niveau depuis fin juin, selon les données du Baltic Exchange compilées par Bloomberg.

Cette flambée s'explique avant tout par la raréfaction des navires prêts à emprunter la route du Golfe, dans un contexte où les risques liés au détroit d'Ormuz poussent certains armateurs à éviter la zone. La baisse du nombre de pétroliers disponibles fait ainsi monter les coûts d'affrètement pour les cargaisons qui doivent malgré tout être acheminées vers l'Asie.

La demande reste par ailleurs soutenue, les exportateurs du Golfe cherchant à sécuriser des navires pour honorer les cargaisons de brut déjà promises à leurs clients asiatiques. L'Arabie saoudite propose notamment des livraisons rapides depuis le Golfe, tandis que l'Irak s'appuie sur l'exportateur national des Émirats arabes unis pour acheminer une partie de ses cargaisons.

Le trafic pétrolier au ralenti dans le détroit

La flambée des taux de fret reflète surtout la forte réduction du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. Alors que cette voie assure habituellement le passage d'une importante partie des exportations mondiales de pétrole, les risques sécuritaires incitent de nombreux armateurs à limiter, voire à suspendre, leurs traversées.

Cela réduit le nombre de navires disponibles pour transporter les cargaisons du Golfe vers les marchés asiatiques et pousse mécaniquement les tarifs à la hausse.

Le 18 août, seuls six navires transportant des matières premières ont franchi le détroit, contre une moyenne de 11 au cours des dix jours précédents. Plus révélateur encore, aucun VLCC, ces superpétroliers capables de transporter jusqu'à environ 2 millions de barils de brut, ni aucun méthanier n'a été recensé parmi ces passages.

La prudence des armateurs reste d'ailleurs visible dans les jours suivants. Le 19 août, trois superpétroliers liés à la Chine ont fait demi-tour dans le détroit, illustrant les difficultés rencontrées par les compagnies pour maintenir leurs itinéraires habituels.

Face à ces risques, les transporteurs chinois cherchent eux aussi à réduire leur exposition. COSCO Shipping Energy Transportation et China Merchants Energy Shipping ont suspendu depuis fin juillet leurs opérations à travers Ormuz et Bab el-Mandeb, privilégiant notamment des transferts de cargaisons entre navires au large des Émirats arabes unis et d'Oman.

Un choc qui se transmet à l'Afrique

Tant que les perturbations autour du détroit d'Ormuz se poursuivront, les taux de fret des superpétroliers devraient rester élevés, maintenant la pression sur le coût d'acheminement du brut vers les marchés asiatiques. Mais les répercussions dépassent désormais le seul axe entre le Golfe et la Chine.

Pour les économies africaines importatrices de pétrole, la hausse des coûts de transport et des primes d'assurance constitue un risque supplémentaire, alors que l'envolée des cours du brut alourdit déjà leurs factures énergétiques.

L'impact reste toutefois différent selon les pays. Les producteurs et exportateurs africains peuvent, à l'inverse, bénéficier de cours du pétrole plus élevés et d'une forte demande pour leurs cargaisons.

Alors que les perturbations dans le Golfe poussent les acheteurs asiatiques à diversifier leurs sources d'approvisionnement, les producteurs d'Afrique de l'Ouest pourraient notamment voir leur brut gagner en attractivité sur les marchés asiatiques.

Jihen Mkehli

 

Publié le 21/08/26 12:48

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