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Dévaluation de la Livre égyptienne : Le dinar tunisien pourrait-il sub

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Posté le 08/11/2016 17:40:59
HHHHHHHHHHHHHHHHHH
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Posté le 07/11/2016 13:35:44
Bonjour, svp est ce que quelq un peut m expliquer en cas d adoption de cet stratégie,quel sera l impact ???
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Posté le 07/11/2016 12:11:49

Depuis sa création en 1834, la livre égyptienne avait connu plusieurs péripéties, la dernière étant celle du 3 novembre 2016 avec la décision de la Banque Centrale d'Egypte (BCE) de laisser flotter sa devise. Quelles répercussions aurait cette décision sur l'économie égyptienne ? Le dinar tunisien pourrait-il subir le même sort ? 


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Depuis la chute du régime de Hosni Moubarek le 11 février 2011, l’économie égyptienne peine à se redresser. Une croissance faible et non-inclusive, une inflation à deux chiffres, un taux de chômage au-dessus de 13% qui touche principalement les jeunes, une baisse des recettes du tourisme de 60% et du canal de suez, en dépit des 8 milliards de dollars investis pour son élargissement, ce qui a fait chuter les réserves de la banque centrale de 40%. 


Depuis l’éviction de Mohamed Morsi par l'armée, l’Egypte a pu compter sur les milliards de dollars d'aide des monarchies du golfe. Ce soutien a diminué avec la baisse du prix du pétrole, incitant le gouvernement à se tourner vers le FMI. Les autorités égyptiennes et le FMI sont parvenus à un accord permettant à l’Egypte de bénéficier d'un prêt de 12 milliards de dollars sur 3 ans en contrepartie d’un programme de réformes parmi lesquelles la baisse du déficit public, la rationalisation des subventions énergétiques et la flexibilité des taux de change. 


L’adoption du nouveau régime de change a pour objectif d’une part de renforcer la compétitivité, soutenir les exportations et le tourisme et attirer les IDE (Investissements Directs Etrangers) ce qui boosterait la croissance et le marché de l’emploi, d’éliminer le marché noir et de faire face à la pénurie du dollar, celle-ci ayant freiné les importations et entraîné la pénurie des produits de base comme le sucre. Cette décision permettrait également d’alléger la pression sur la BCE.


A cet effet, la Bourse égyptienne a salué cette décision en grimpant de 8%, vu que cette dépréciation donnerait de l’appétit aux investisseurs étrangers pour les actifs libellés en livre égyptienne.


Cependant, ce régime monétaire entraînerait une hausse des coûts d’importation combinée avec la baisse des subventions au carburant. Il stimulerait l’inflation et par la suite frapperait le pouvoir d’achat des Egyptiens de plein fouet.


L'inflation pourrait, ainsi, être vivement ressentie compte tenu de la forte dépendance vis-à-vis des importations, étant donné que l’Egypte importe 60% de ses besoins alimentaires. Pour faire face à ces effets inflationnistes, la BCE a décidé d'augmenter de 3% les taux d’intérêts.


La transition s’annonce difficile pour l’Egypte


Suite à la décision de la BCE de laisser flotter sa monnaie, la livre égyptienne a perdu 32% de sa valeur pour s’échanger à une base de 13 £E pour 1 dollar, devenant ainsi la troisième monnaie la moins chère d’un pays émergent face au dollar. La descente aux enfers risque d’être longue puisque sur le marché à terme, le dollar s’échange contre 18 £E soit le double de la valeur officielle de la livre avant la décision de la Banque centrale.


Bien que les situations en Tunisie et en Egypte se ressemblent, avec une augmentation de la dette, une augmentation du déficit du compte courant, une baisse des recettes du tourisme et un climat social ébranlé, la situation au pays des pharaons est plus grave.


L’Egypte a une dette qui représente 98% de son PIB loin devant la Tunisie qui a une dette avoisinant les 63% de son PIB. La Tunisie a des réserves adéquates et l’inflation reste maîtrisée. Par contre, en Egypte les réserves en devises demeurent fragiles et l’inflation a dépassé les 10% en 2015. 


Vers une dépréciation forte du dinar tunisien


Pour être éligible au prêt de 2,9 milliards de dollars sollicité auprès du FMI, au mois de juin dernier, la Banque Centrale de Tunisie (BCT) s’est engagée à réduire ses interventions sur le marché des changes et à adopter une politique de change plus flexible.


En effet, le FMI considère que le taux de change effectif réel est surévalué de 6 à 13% et que la dépréciation du dinar permettrait d’alléger la pression sur les réserves de la BCT et renforcerait les réserves extérieures.


Dans le projet de loi de Finances 2017, le gouvernement table sur une croissance de 2,5%, jugé trop optimiste, dans un contexte économique difficile et d’austérité budgétaire. Une des hypothèses pour réaliser une telle performance est d’adopter une dépréciation forte du dinar avec une politique monétaire expansionniste. 


Le régime de parité mobile, adopté par la BCT, avec un range de 2% avec des interventions de moins en moins récurrentes permettrait non seulement d’obtenir une dépréciation graduelle du dinar et une réduction du déficit du compte courant, mais permettrait également de s’aligner sur les fondamentaux macroéconomiques. 


La dévaluation de la livre égyptienne ne serait pas la solution miracle


La livre égyptienne a de mauvais jours devant elle jusqu’à l’arrivée au point d’équilibre entre l’offre et la demande. Tant que la dépréciation ne s’est pas affaiblie, l’inflation en Egypte poursuivra son appréciation et le pouvoir d’achat aura du plomb dans l’aile.


Bien que la dévaluation de la monnaie égyptienne soit un développement positif à long terme, elle ne serait pas la solution miracle qui réglerait tous les maux économiques immédiatement, en attendant la nouvelle loi d’investissement en 2017 pour notamment créer un environnement plus propice. 


Salah Ayari


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