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La BRVM Ferme dans 3h31min

pourquoi les reglementations UEMOA sont faites pour ralentir l'investi

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Posté le 04/06/2026 13:05:04

Bonjour,


Je pense qu’il y a également plusieurs sujets fondamentaux qui méritent d’être abordés lorsque l’on parle de l’évolution de la BRVM.


Le premier concerne les limites de variation journalière fixées à +7,5 % et -7,5 %. Ce mécanisme avait probablement du sens pour protéger un marché encore peu liquide, mais il ralentit aujourd’hui fortement la découverte des prix. Lorsqu’une information majeure tombe, le marché peut mettre plusieurs séances à intégrer totalement cette nouvelle. Cela réduit parfois l’efficacité du marché et peut même encourager certaines stratégies spéculatives autour des limites de variation.


Ensuite, il faut parler franchement de l’infrastructure informationnelle de la BRVM.


Le site officiel paraît aujourd’hui archaïque pour une place financière régionale qui ambitionne d’attirer davantage d’investisseurs institutionnels et internationaux. Retrouver un avis de marché, une publication financière ou un Bulletin Officiel de la Côte devient souvent un véritable parcours du combattant. Même le BOC arrive à des heures variables, alors que la régularité et la standardisation de l’information sont essentielles dans les marchés modernes.


Mais selon moi, le point le plus important — et étonnamment peu évoqué — reste l’absence d’un véritable calendrier officiel des publications financières des sociétés cotées.


Sur les grands marchés, les investisseurs connaissent à l’avance les dates de publication des résultats trimestriels, semestriels et annuels. Cela permet à tous les acteurs d’anticiper les annonces dans des conditions équitables.


À la BRVM, cette visibilité est quasiment inexistante. Résultat : certains institutionnels ou acteurs proches de l’information réduisent parfois leurs positions avant certaines annonces attendues, tandis que le reste du marché navigue dans l’incertitude.


La mise en place d’un calendrier centralisé et obligatoire des publications financières serait pourtant une réforme simple, peu coûteuse et extrêmement bénéfique pour :


- renforcer la transparence ;

- réduire les soupçons de délits d’initié ;

- améliorer la confiance des investisseurs ;

- et rendre le marché beaucoup plus crédible à l’échelle internationale.


Avant même de parler de produits dérivés ou de vente à découvert, la BRVM doit d’abord devenir un marché plus transparent, plus prévisible et technologiquement plus moderne.


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Posté le 30/05/2026 16:32:01

@Gnago, J'ai serieusement aime votre analyse des deux marches c'est a dire NASDAQ / NYSE vs BRVM. Vous avez une effective connaissance des deux marches. Bravo. Je me demande si vous n'etes pas un participant ou investisseur des deux marches. Comparer les deux marches ferait une injustice a la BRVM. Cependant, il faut reconnaitre que la BRVM traine les pas pour innover. Je trouve aussi que le Directeur de la BRVM souffre d'une fatigue. Il est temps d'amener de nouveau sang (leadership) dans l'organisation.

Les short selling et les derivatives sont des instruments trop avances pour la BRVM. Si et si seulement il pouvait ameliorer la liquidite et la transparence, le marche serait tres dynamique et les investisseurs seront emervelles. En moins de 5 minutes, depuis abidjan j'achete les actions sur la plateforme Webull, mes actions sont disponibles et visibles sur mon compte. Quel merveille!

Presque 9 a 10 ans de leadership, nous devrions avoir 100 compagnies listes sur la BRVM. Comme l' africain dit : Dieu va nous aider, ohhhh!


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Posté le 29/05/2026 06:00:15

Bonjour Monsieur,

Je te remercie de la formulation du sujet. Je pense que tu as raisons sur la plupart des points et c'est surtout des observations que personne ne peut réfuter complètement sur pas mal de perspective.

Mais j'ai une perspective qui pourrait être simpliste sur la BRVM : son environnement économique. Je pense que la comparaison se porte sur deux objects (les deux marchés, la BRVM et les marchés américains, il est important de le préciser car les marchés sont très nombreux chez eux) très differents. L'environnement économique des Etats-Unis n'est pas comparable à l'UEMOA. En restant dans les aspects généraux, il semble assez clair que le système actuel a eu une histoire très riche, une construction structurée à l'échelle du monde car étant la plus grande économie du monde attirant tous les acteurs du monde (investisseurs, travailleurs, touristes, le rayonnement), la geographie également du pays compte, les attitudes des agents économiques. La difference de la structure et des acteurs sur les deux marchés ne devrait pas étonner.


Mes propos ne seraient probablement pas très clair; mais je pense qu'un aspect qui semble plus important est que le marché est un outil au service de l'économie. Je pense que notre économie a tout simplement à ce stade le marché financier qu'il lui faut. Quand elle changera, elle choisira un autre type de marché financier.


Juste pour continuer le sujet, il semble que la discussion devrait plus se porter sur les innovations suivantes (dans un mois, un trimestre, une année) à apporter au marché de la BRVM pour que le marché financier soit au service de l'économie.


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Posté le 28/05/2026 23:38:36

De Wall Street à la BRVM : Ce que les crises américaines doivent nous enseigner sur l'avenir de la finance ouest-africaine

Bonjour à tous,


En tant que passionnés et acteurs des marchés financiers, nous passons beaucoup de temps à observer les graphiques au jour le jour. Mais si l'on prend un peu de hauteur macroéconomique, on réalise que la puissance actuelle des marchés américains n'est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat d'une résilience fascinante : à chaque crise majeure, Wall Street a su innover pour se réinventer.


Si nous voulons voir la BRVM (Bourse Régionale des Valeurs Mobilières) franchir un cap et devenir un véritable moteur de croissance pour la zone UMOA, nous devons analyser ces mécanismes d'évolution et regarder nos propres freins en face.


🇺🇸 USA : L'histoire d'un marché forgé dans le feu des crises

Les États-Unis n'ont pas construit le marché le plus liquide du monde en restant dans leur zone de confort. Chaque crash a été le catalyseur d'une innovation technologique ou réglementaire majeure :


La Crise de 1929 & la Grande Dépression : Elle a donné naissance à la SEC (le régulateur américain) et à l'obligation de transparence financière. C'est ce qui a créé la confiance, base absolue de l'investissement de masse.


Le Krach de 1987 (Black Monday) : Face à la panique, le marché a inventé les "Circuit Breakers" (coupe-circuits) pour stopper automatiquement les cotations en cas de chute trop brutale, mais il a surtout accéléré l'omniprésence de l'informatique et de la centralisation des ordres.


La Bulle Internet (2000) et la Crise des Subprimes (2008) : Ces crises ont poussé à l'explosion des algorithmes de couverture, à l'accès massif aux données de microstructure (Order Flow, carnet d'ordres profond) et à la création de produits dérivés ultra-complexes pour titriser et transférer le risque.


Résultat : Aujourd'hui, les USA dominent parce qu'ils offrent de la liquidité, de la transparence et des outils pour gagner de l'argent (ou se couvrir) peu importe la direction du marché.


🌍 Le parallèle avec la BRVM : Les 4 grands freins qui bloquent notre évolution

La BRVM regorge d'opportunités, avec des champions industriels et bancaires régionaux exceptionnels. Pourtant, le marché reste structurellement illiquide et souvent perçu comme "endormi". Pourquoi ? Parce que nous maintenons des barrières qui empêchent l'émergence d'une culture financière moderne.


Voici les 4 freins majeurs que nous devons lever :


1. Le manque de données graphiques claires et accessibles

Pour qu'un marché vive, il faut des traders. Pour qu'il y ait des traders, il faut de la donnée. À l'ère où le monde entier analyse les marchés à la milliseconde via des plateformes avancées, l'accès à des flux de données graphiques en temps réel, propres et intégrables sur la BRVM reste un parcours du combattant pour le retail. Sans visibilité technique, on navigue à vue.


2. L'absence cruciale de Market Makers (Animateurs de marché)

C'est le cœur du problème de la liquidité. Aux USA, des institutions financières ont pour rôle d'assurer en permanence une contrepartie (acheter quand tout le monde vend, vendre quand tout le monde achète). À la BRVM, si vous voulez sortir d'une position importante sur une action de second plan, vous pouvez rester bloqué des jours, voire des semaines, faute de contrepartie. Le manque de Market Making institutionnel décourage les grands capitaux.


3. La pauvreté des outils de spéculation et de couverture

Le marché ouest-africain est quasi exclusivement un marché "Long-Only" (on achète en espérant que ça monte pour toucher un dividende). Où sont les mécanismes de vente à découvert (Short Selling) ? Où sont les marchés de dérivés (options, futures) permettant aux entreprises locales de se couvrir contre les risques ? La spéculation s'exprime à court terme, et c'est elle qui crée le volume dont les investisseurs de long terme ont besoin pour entrer et sortir.


4. L'interdiction faite aux fonds locaux de spéculer à l'international

C'est une frustration majeure pour la gestion d'actifs locale. Les fonds de placement, compagnies d'assurance et family offices basés dans notre zone sont hyper-restreints (voire bloqués par les règles de change et réglementaires) lorsqu'ils souhaitent allouer une partie de leur capital pour spéculer ou se couvrir sur les marchés internationaux (CME, ICE, etc.). En bloquant cette ouverture, on empêche nos gestionnaires locaux d'engranger de l'expérience globale, de diversifier les risques et de rapatrier de la performance de haute voltige au pays.


🎯 Conclusion : Quel horizon pour notre écosystème ?

Le constat est simple : on ne peut pas développer une finance de grade institutionnel avec des outils d'épargnants du siècle dernier.


Si nous voulons que la BRVM soit attractive, elle doit s'inspirer de l'histoire américaine. Elle doit ouvrir ses vannes à la technologie, autoriser de vrais instruments de spéculation, imposer le Market Making et permettre une plus grande liberté de mouvement des capitaux pour la recherche de performance globale.


Qu'en pensez-vous ? Quels sont, selon vous, les leviers prioritaires que le régulateur et les SGI devraient activer pour libérer le potentiel de notre marché régional ?


Au plaisir de lire vos analyses en commentaires !

Mr GNAGO RALPH


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