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Zouhair Ouakaa, DG de la Banque Tuniso-Libyenne, dévoile ses ambitions

ISIN : TN0009050014 - Ticker : PX1
La bourse de Tunis ferme dans 2h23min

Tout commence par un rêve. Déterminé, talentueux et ambitieux, il quitte son poste au sein de la BIAT, qu'il considère jusqu'à nos jours la meilleure école en termes de formation en Tunisie, pour partir aux États-Unis et confronter un système qui va l'emmener au bout de ses rêves.

En 1994, Zouhair Ouakaa, actuel Directeur Général de la Banque Tuniso-libyenne (BTL), croyait en ce rêve bien que ses collègues à la BIAT aient essayé de l'en dissuader. Avec la Chase Manhattan Bank il a commencé son aventure avec le système financier américain. Un système, dit-il, qui permet le rêve, qui ne bloque pas et qui favorise l'esprit entrepreneurial.

Quelques années plus tard, il a été accepté par la banque d'investissement JP Morgan qui a payé les frais de son MBA, le JP Morgan Executive Management Program, l'un des meilleurs au monde. En 1999 et vu ses compétences linguistiques, il a été transféré à Londres, la plateforme financière de la City, en tant que Vice-Président Stratégie et Développement au sein de JP Morgan, pour couvrir la région Europe, Moyen-Orient et Afrique.

Huit ans après, il retourne aux Etats-Unis en tant que Senior Vice-Président chargé du Moyen-Orient à Gilford Securities, une banque d'investissement basée à New York offrant une large palette de produits financiers à des investisseurs institutionnels et particuliers. En 2014, il a été débauché par Qatar National Bank Tunisie en tant que Chief Business Officer (CBO), poste qu'il a occupé jusqu'à mi juin 2017.

A la BTL, "review or disappear" (revoir ou disparaître)

Avec les carences structurelles et les accumulations de plusieurs années, il s'avère que plusieurs choix stratégiques n'ont pas donné les résultats escomptés et la banque manque toujours d'agressivité commerciale. Zouhair Ouakaa en est pleinement convaincu.

"Structurellement, la création de la BTL s'inscrivait dans le cadre d'un accord politique entre la Tunisie et la Libye pour financer le commerce extérieur des deux pays. Ce n'était pas une banque universelle au vrai sens du terme mais plutôt une banque niche spécialisée dans certains segments", a fait savoir le DG lors d'une interview accordée à ilBoursa.

En 2005, la banque a changé de cap en devenant une banque universelle à part entière, c'est-à-dire une banque qui fait le travail des banques de la place comme la BIAT, la STB, … "Toutes les banques mixtes de la place connaissent le même problème parce qu'elles ont changé leur ADN de banque de développement et d'investissement en portant une nouvelle casquette, celle d'une banque universelle. Elles ont ainsi perdu leur identité et n'arrivent pas à se hisser aux rangs des banques commerciales. C'est un handicap naturel et objectif", a-t-il expliqué.

Par ailleurs, poursuit M. Ouakaa, des choix ont été faits auparavant, à tort ou à raison, pour affirmer que les banques universelles ne doivent pas s'adosser à un grand nombre d'agences d'où le manque de rentabilité, de politique de retail, de dépôts, etc…

"Il y a des raisons exogènes dans la mesure où la banque a été créée dans un but qui n'est pas du tout celui d'une banque universelle et il y a des facteurs objectifs dans le sens où certains choix qui ont été faits n'ont pas pu faciliter l'éclosion de la BTL", affirme le DG.

Des ambitions réelles pour la banque

"Nous sommes aujourd'hui dans l'obligation de rentabiliser nos investissements. Nous avons la chance d'avoir la Libye comme allié stratégique via le Libyan Foreign Bank qui est bel et bien prêt à investir pourvu qu'on se rattrape sur les mauvais choix qu'on a fait et qu'on leur démontre que nous avons un bon business plan, chose qui a été faite notamment lors de la dernière réunion du Conseil d'administration tenue le jour de l'inauguration du nouveau siège de la BTL", indique M. Ouakaa.

Le dernier Conseil d'administration constitue ainsi un véritable tournant dans l'histoire de la BTL. "On va injecter de l'argent, ouvrir en moyenne 7 agences par an pour atteindre 30 agences afin d'avoir plus de visibilité, se positionner en Libye pour faciliter l'accès des Tunisiens au marché libyen mais aussi pour tisser les liens entre les opérateurs des deux pays", a-t-il annoncé.

Et d'ajouter que la BTL va essayer d'être parmi les pionniers dans le remote banking (la banque à distance). "Nous sommes en train d'investir dans tout ce qui est IT vu que dans les prochaines années on s'attend à un changement radical dans la physionomie du banking en Tunisie. Il y aura beaucoup moins d'agences et un service très virtuel", estime M. Ouakaa, qui se demande pourquoi concurrencer les mastodontes de la place en termes de nombre d'agences et pourquoi ainsi "ne pas s'investir dans un créneau que nous maîtrisons et sur lequel on pourrait être compétitif.

Propos recueillis par Omar El Oudi et Ismail Ben Sassi

Publié le 12/03/18 12:59

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