se connecter recherche

Un an après Tunisia 2020, les promesses restent des vœux

ISIN : TN0009050014 - Ticker : PX1
La bourse de Tunis ouvre dans 6h11min

« Dima Hakka », (c’est toujours comme ça) présumaient les Tunisiens qui avaient un peu le tournis à l’annonce des sommes promises par les bailleurs de fonds au terme de la Conférence internationale Tunisia 2020. Un an après ce "téléthon de l'investissement", on réalise qu'ils avaient raison.

Le 30 novembre 2016, le Chef du gouvernement Youssef Chahed annonçait 15 milliards de dinars d’accords signés et 19 milliards de promesses enregistrés au cours de Tunisia 2020. Un an jour pour jour après ce rendez-vous, les promesses n’ont pas encore été honorées.

Nous n’allons pas ici disséquer les raisons de ce résultat, encore moins distribuer les mauvais points, nous nous bornerons à faire le constat qui s’impose puis que les contribuables ont le droit de tout savoir surtout sur le retour sur investissement de ce fameux rendez-vous.

Sur les 5 milliards de la BAD, les 4,4 milliards de la BID, les 2,8 milliards du Qatar et les 2 milliards de l'Arabie Saoudite, pour ne citer qu'eux, la Tunisie n'a toujours rien encaissé de ces promesses. Ce ne sont là que quelques exemples, les plus médiatisés. Et il y a des raisons objectives à cela…

Les mêmes tares qui ont valu à la Tunisie la chute spectaculaire dans plusieurs classements au niveau mondial depuis 2011 en sont les causes. Des problèmes structurels lourds que le gouvernement est loin d’avoir résolu avant d’aller à la pêche aux investisseurs. Le problème des autorités, c’est plutôt de donner corps aux projets à cause de plusieurs obstacles et freins aux investissements et d'un climat d'affaires non encore assaini.

D'ailleurs, tout ce bruit suscité par le projet de la loi de finances 2018 est du plus mauvais effet chez les investisseurs, et encore plus chez les étrangers. Et puis, il y a le problème de l’instabilité fiscale, un des motifs du rejet par l’UTICA (Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat) du projet de la loi de finances.

Il y a aussi et surtout le gros écueil de cette administration mortifère. Des lourdeurs et complexités que même l’ex-ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkefi, n’a cessé de dénoncer. Mais, les choses n'ont guère évolué.

Ce qui est certain, c’est que quasiment rien n'a changé en termes d'investissement en Tunisie. Il est vrai que les Tunisiens présents à la conférence l'année dernière semblaient avoir envie d’y croire et de s’investir, malgré tout, mais sous les coups de boutoir de problèmes structurels lourds cet enthousiasme s'est davantage flétri. C'est la meilleure illustration de cette Tunisie improductive, qui va mal.

Pour finir, il convient de vous rappeler des principaux pays et organismes internationaux qui ont promis à la Tunisie plusieurs centaines de millions de dinars. Sur les 19 milliards de dinars annoncés le 30 novembre 2016, on note les promesses suivantes :

  • BAD : 5 milliards de dinars
  • Banque islamique de développement (BID) : 4,4 milliards de dinars
  • Qatar : 2,8 milliards de dinars
  • Banque mondiale : 2,2 milliards de dinars.
  • Arabie Saoudite : 2 milliards de dinars
  • Koweït : 1,1 milliard de dinars

Omar El Oudi

Publié le 30/11/17 13:00

TUNINDEX
6178,31  -0,45%
bourse TUNINDEX
ACTUALITES RELATIVES
SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE
Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.