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Tunisie : Pourquoi la hausse des prix des carburants à la pompe est inévitable ?

ISIN : TN0009050014 - Ticker : PX1
La bourse de Tunis ferme dans 3h14min

Chaque augmentation d’un dollar du prix du pétrole provoque des dépenses supplémentaires estimées à près de 120 millions de dinars et chaque hausse de 0,010 dinar du taux de change du dollar par rapport au dinar se reflète sur le budget de l’Etat à hauteur de 30 millions de dinars.

A cet effet, la hausse du prix du pétrole fin 2017 a poussé l’Etat a révisé les prix à la pompe le 1er janvier 2018 des carburants de 0,050 dinar, en plus d’une augmentation du prix des bouteilles de gaz à usage ménager de 0,300 dinar.

Pour 2018, le budget de l’Etat a fixé les dépenses de subvention des carburants à 1,5 milliard de dinars sur la base d’une hypothèse de prix du baril du Brent de 54 dollars. La hausse continue des prix du pétrole autour de 70 dollars fin mars 2018, a contraint l’Etat à effectuer une deuxième révision du prix de vente au public le 1er avril 2018 de 0,050 dinar le litre appliquée sur l'Essence, du Gasoil et du Gasoil Super et ce, dans le cadre du mécanisme d’ajustement périodique des prix de pétrole.

Rappelons que le mécanisme d’ajustement automatique des prix des hydrocarbures a été adopté en 2016 et doit être appliqué chaque trimestre après l’examen des prix des hydrocarbures en vue de décider d’une baisse ou d’une hausse des prix.

Actuellement, le Brent cote autour de 75 dollars le Baril. Le prix moyen mensuel sur le marché international s’est élevé en avril 2018 à 71,8 dollars le baril contre 65,9 dollars en mars 2018.

Une poursuite de la hausse du baril de pétrole risque une autre activation début juillet 2018 du mécanisme d’ajustement automatique des prix, à moins que l’Etat supporte la charge supplémentaire ce qui aura des répercussions négatives sur le budget de l’Etat 2018, dont l’enveloppe totale de subvention a été fixée à 1,5 milliard de dinars

Selon les données de l’Institut National de la Statistique (INS), le déficit de la balance énergétique de la Tunisie a augmenté de 22% au terme du mois d’avril 2018 en comparaison avec la même période de 2017, pour atteindre un niveau de 1,7 milliard de dinars, et ce après une hausse de 37% aux quatre premiers mois de 2017 comparé à 2016 au niveau de 1,4 milliard de dinars.

Depuis 2017, l’énergie représente la deuxième source du déficit commercial de la Tunisie se substituant à la branche Industrie Mécanique et électrique. Toutefois, les exportations de cette dernière sont de l’ordre de 5,1 milliards de dinars au 30 avril 2018 contre des exportation de 0,7 milliard de la branche énergie.

Une recommandation réitérée du FMI

Il convient ainsi de rappeler que parmi les trois priorités saillantes à court terme recommandées par le Fonds monétaire international (FMI) dans sa toute dernière déclaration sur la Tunisie afin de réduire le déficit budgétaire, c'est de poursuivre les efforts visant à réduire les subventions à l'énergie qui favorisent de manière disproportionnée les plus aisés, et un resserrement supplémentaire des conditions monétaires.

Selon la loi des Finances 2018, le déficit budgétaire serait de 4,9% du PIB (5,2 milliards de dinars) cette année, contre 6,1% (6 milliards de dinars) en 2017. Ce déficit nécessite ainsi la mobilisation de crédits de l’ordre de 9,5 milliards de dinars dont 7,3 milliards seront mobilisés dans le cadre de l’endettement extérieur. Notons que durant les trois premiers mois de l’année 2018, l’Etat n'a levé que 680 millions d’emprunts extérieurs dont 357 millions de la BAD et 116 millions de la banque mondiale.

Vers le relèvement du taux directeur de la BCT ?

Sur un autre plan, l’obstination de l’inflation à un niveau élevé autour de 7,7% et la persistance des pressions sur la liquidité bancaires ne laissent pas beaucoup de choix à l’institut d’émission. Le relèvement du taux directeur de la Banque centrale, est nécessaire pour réduire au moins l'écart entre les taux d'intérêt nominaux et l'inflation.

Les autorités compétentes sont donc en train de négocier et d’étudier le niveau de ces augmentations qui doivent, en même temps, tenir compte de l'investissement, de la croissance et surtout de la situation financière difficile des PME. Des décisions qui ne devront tout de même pas trop tarder.

Omar El Oudi

Publié le 08/06/18 09:33

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