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3S Technology City : Quand la technologie et les énergies renouvelables font bon ménage

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Conscient de l’importance de l’adaptation aux innovations technologiques et le poids des investissements dans les énergies renouvelables dans le monde, le Groupe 3S de son fondateur Nasr Ali Chakroun, a organisé le jeudi 02 février 2017 un panel sous le thème «Investir dans les énergies renouvelables», et ce dans le cadre de l’événement 3S Technology City.

Efficacité énergétique et l’énergie renouvelable : au cœur de l’engagement national 

Dans son allocution, la ministre de l’Energie, des Mines et des Energies renouvelables, Mme Hela Chikhrouhou, s’est intéressée aux projets relatifs aux énergies renouvelables et l’efficacité énergétique ainsi qu’aux différentes réformes législatives et financières mises en place afin d’accélérer le  déploiement de solutions permettant d’être plus intelligent, "Smart", et plus efficace dans l’utilisation de l’énergie. « Nous avons estimé dans notre stratégie, qui a été soumise aux Nations Unies, que la Tunisie a besoin de 15 milliards de dollars pour passer de l’actuel 3% en énergie renouvelable à 30% à l’horizon de 2030», a-t-elle expliqué.

Dans le même cadre, le gouvernement s’est engagé à améliorer la sobriété en termes de consommation d’électricité et d’énergie de l’ordre de 3% par an entre 2016 et 2030. «La Tunisie, un pays en voie de développement , brule 2 fois plus d’énergie que les pays de l’OCDE pour produire un dinars de PIB», a-t-elle confirmé.

La ministre a ajouté que la Tunisie possède les ressources  nécessaires  qui lui permettront de développer sa production en énergie renouvelable, à savoir  l’ensoleillement, le facteur  vent indispensable pour des fermes éoliennes, et la valorisation énergétique des déchets .

«Les cadre législatif, institutionnel et réglementaire ont été finalisés sous l’égide des gouvernements qui ont précédé celui de l’union nationale. Nous avons défini aujourd’hui le schéma de la première vague des projets», souligne Mme. Chikhrouhou.

Les projets vont totaliser 1.000 Mega Watt, dont 200 Mega Watt seront sous forme de projets d’auto production dédiés aux gros consommateurs industriels qui peuvent faire des propositions pour installer des parcs solaires ou éoliens afin de répondre à leurs besoins et vendre l’excédent au réseau. La deuxième catégorie de projets seront dans le cadre du régime des autorisations qui consistent à offrir l’opportunité aux  développeurs pour s’investir dans les énergies renouvelables, et finalement la troisième catégorie, sous forme de  projets de concession dont le cahier des charges relatif aux appels d’offre sera défini d’ici l’été.

«La bonne nouvelle c’est qu’au niveau de la mobilisation des financements multilatéraux ou bilatéraux, tous les bailleurs de fonds tels que la Banque mondiale, la BIRD, la BAD ou l’Agence Française de Développement, sont extrêmement intéressés d’accompagner les développeurs et les investisseurs dans l’exécution des projets », a annoncé la ministre en soulignant que la concrétisation de ses projets est directement liée à leur sériosité et leur bancabilité .

La ministre a rappelé aussi  le rôle du  nouveau fond de transition énergétique géré par l’ANME  en tant que moyen d’appui pour les investisseurs à travers les subventions, la mobilisation de la dette, des fonds propres et de garanties. Elle a indiqué que le renforcement de la capacité de l’ANME en tant qu’agence partenaire des investisseurs est une priorité grâce à son expérience significative et ses réussites récentes dans la co-génération, en ajoutant que cette agence est en train de se mettre en diapason avec les outils intelligents de contrôle à distance de la consommation d’énergie.

Toujours dans le thème de l’efficacité énergétique et la maitrise de la quantité de l’énergie consommée, Mme. Chikhrouhou a indiqué que le recours au smart grid (réseau électrique intelligent) permettra, d'une part, à la STEG de baisser sa perte technique et non technique qui s’élève actuellement à 15% et, d'autre part, aux consommateurs et opérateurs de mieux gérer leur consommation énergétique.

«Nous favorisons à travers diverses mécanismes les solutions et les investissements qui créeront de l’emploi en Tunisie», a-t-elle conclu, en insistant sur la priorité de créer des emplois dans le cadre des choix stratégiques du gouvernement.

La nécessité  de concordance entre le domaine de l’énergie et de la technologie 

Pour sa part, l’ancien ministre des TIC, Noomane Fehri , a déclaré qu’il existe une parfaite concordance entre le domaine de l’énergie et celui de la technologie. Le développement de 200 Mega Watt, qui permettra l’émergence de plusieurs PME, est considéré d’après lui comme un pas super positif. Le deuxième projet de l’efficacité énergétique, qui représente l’un des catalyseurs de l’écosystème, sera une excellente opportunité aux startuppers pour présenter leurs projets de développement des solutions et de création des applications de monitoring en collaboration avec Orange, Tunisie Telecom et 3S.

Au cours de son intervention, le vice-président d'Orange Tunisie a souligné aussi l’importance de l’harmonisation entre le domaine des énergies et de la technologie, en affirmant le recours de tous les opérateurs au développement des Grid-IT dans le but d’améliorer leur efficacité énergétique.

Cadre législatif et mise en place d’un fond de transition énergétique

Le président de la commission de l’industrie et de l’énergie à l’ARP, Ameur Laârayedh , s’est intéressé  au cadre réglementaire relatif à la production d’électricité à partir des énergies renouvelables et adopté par l’ARP. «La rectification de la loi de 2015 a causé une divergence dans la commission entre ceux qui veulent l’assouplir encore plus et ceux qui pensent qu’elle ne protège pas assez les intérêts de la STEG», précise-t-il

Le directeur général de l’ANME, Hamdi Harrouche, a confirmé que l’objectif de développement de 1.000 Mega Watt d’ici 2030 possède tous les ingrédients nécessaires pour être atteint. «Les programmes de l’ANME ont été développés spécifiquement, compte tenu des conditions locales, ce qui a permis leur réussite»,a -t-il souligné.

Et d'ajouter que la maitrise de l’efficacité énergétique dont la Tunisie représente l’un des pionniers dans la région MENA, est considérée comme un facteur primordial indissociable du projet de développement des énergies renouvelables. «La Tunisie est parmi les rares pays dans le continent qui a créé un fond national dédié à la maitrise de l’énergie », affirme-t-il.

Le vice président du fonds Swicorp, M. Iheb  Triki, a souligné l’importance d’établir des conditions favorables aux acteurs internationaux. Il a expliqué que l’attractivité des institutions internationales telles que l’EDF, passe tout d’abord par la mise en place d’une vision claire, d’un cadre législatif global et  bancable, et finalement par la concrétisation de ces projets, ce qui renforcera la crédibilité du gouvernement tunisien et enverra un message positif à ces acteurs internationaux.

Adaptation aux mutations du paysage énergétique : un passage indispensable par les Smart Grid

Le fondateur de mach and team et conseillé stratégique et opérationnel en Smart Energy, Eric Morel, a mis la lumière sur les Smart Grid, un moyen permettant l’optimisation de la production, la distribution et la consommation de l’énergie. Il a expliqué que les Etats unis, étaient les premiers à adopter les Smart Grid afin de se prémunir des blackouts causés essentiellement par le vieillissement du réseau.

Plusieurs pays européens ont ensuite fait recours à ces réseaux intelligents pour réduire leur consommation et intégrer les énergies renouvelables tels que l’Allemagne et le  Danemark. M. Morel  a indiqué que le marché mondial des Smart Grids connait une croissance extrêmement forte, en affirmant que les revenus atteindront 120 milliards de dollars à l’horizon de 2020 .

La Direction de maîtrise de la technologie de la STEG a été représentée par M. Radhouane Dakhli qui a exposé la stratégie adoptée par la STEG pour les Smart Grid. Il a indiqué que face à la parfaite synergie entre la technologie et l’énergie, l’adaptation aux innovations numériques s’avère indispensable.

L’intégration de la production de 30% en énergie renouvelable requiert une nouvelle démarche dans la gestion du réseau, qui va migrer d’un modèle basé sur la gestion de la production vers un nouveau modèle basé sur la gestion de la demande, nécessitant ainsi l’intégration des Smart Grid.

Ces réseaux intelligents permettront de répondre à quatre objectifs majeurs à savoir l’amélioration du système de facturation et la qualité de services, la localisation des foyers de pertes techniques, l’optimisation de l’équilibre production-demande, et finalement l’intégration des énergies renouvelables.

Marwa Souissi 

Publié le 06/02/17 09:37

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