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Tunisie : Comment les banques dégagent-elles de la croissance ?

Par Moez Hadidane, le 24/08/2016
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Moez Hadidane

En dépit d’une conjoncture économique morose, les banques tunisiennes arrivent à dégager de la croissance aussi bien en 2015 qu’en 2016.

Plusieurs variables économiques agissent sur l’activité des banques dont principalement la croissance économique ; la demande de crédits et la qualité de signature des emprunteurs ; le besoin de financement du Trésor ; la collecte des dépôts ou la fuite de la liquidité en dehors du système bancaire et enfin l’Intervention de la BCT et son influence sur la politique monétaire et le niveau des taux d’intérêts.

A travers la gestion de leurs actifs et passifs, les banques tunisiennes ont pu s’adapter au nouveau contexte et se sont ruées vers l’acquisition des BTA assurant en même temps le financement du Trésor et leur propre refinancement au moyen de ces Bons du Trésor acquis.

1- Comment les banques dégagent-elles de la croissance ?

Evolution des emplois du système financier

Créances sur l’extérieur

Le solde des opérations courantes a poursuivi sa détérioration au cours du premier semestre 2016 et s’est fortement accablé du solde déficitaire de la balance des services. Le déficit courant s’est établi à 4,7 Mrds de dinars ou 5,1% du PIB contre 3,9 Mrds de dinars ou 4,6% du PIB au cours de la même période de 2015.

On se dirige ainsi vers un déficit courant pour l’ensemble de l’année 2016 à plus de 10% du PIB contre des prévisions initiales de 7,7%. Rappelons que le déficit courant s’est établi en 2014 et 2015 respectivement à 9,1% et 8,9%.

La poursuite de la dégradation de la balance courante et les difficultés rencontrées pour la mobilisation des ressources extérieures nécessaires pour combler le gap de financement, ont remarquablement impacté le solde générale de la balance des paiements qui revire en négatif. Les avoirs en devises de la BCT se sont établies à 12.076 MDT à fin juin, soit l’équivalent de 110 jours d’importations, contre 14.102 MDT et 128 jours, respectivement, à fin 2015.

En conséquence, les créances nettes sur l’extérieur du système financier résident accusent une baisse de  2.794 MDT entre décembre 2015 et juin 2016 pour se situer à un niveau négatif de -1.108 MDT.

Le solde des créances nettes sur l’extérieur (avoirs, net des engagements) a viré dans le négatif depuis Avril 2016.

Concours à l’économie

Au cours des six premiers mois de l’année 2016, les crédits à l’économie, accordés par le système financier résident, ont atteint 66,2 Milliards de dinars en croissance de 3,5 Milliards de dinars soit de 5,5% par rapport à leur niveau au 31/12/2015, contre un accroissement de 3,1% la même période de l’année précédente.

Malgré une conjoncture économique morose, l’accélération du rythme de progression des crédits à l’économie comparé à la même période de l’année précédente est imputable à l’empressement des crédits octroyés au professionnel en relation avec l’attribution des crédits, au mois de Mars 2016, aux opérateurs de Télécommunication pour financer l’acquisition des licences de téléphonie mobile de 4ème génération pour une enveloppe globale de 0,5 Milliard de dinars.

L’évolution des crédits a profité dans un moindre degré aux particuliers, grâce aux crédits à la consommation reflétant, vraisemblablement, l’amélioration de la capacité d’endettement des ménages suite aux augmentations salariales enregistrées depuis fin 2015. Dans son rapport de juillet 2016 «  Evolution Monétaires et Conjoncturelles et Perspectives à Moyen Terme», la BCT estime que cette évolution ne serait pas inquiétante si elle permettait de booster la demande adressée au marché domestique, tout en notant qu’elle mérite un suivi rapproché.

Globalement les crédits aux professionnels représentent 70% contre 30% pour les particuliers.

Pour les banques cotées (hors Wifack IB), les crédits nets à la clientèle ont progressé entre décembre 2015 et juin 2016 de 5,1% totalisant un encours de 49,8 Milliards de dinars contre 47,4 Milliards de dinars fin 2015. Attijari Bank a réalisé le plus fort taux de croissance des crédits avec un taux de 10,3% suivie de l’UBCI avec un taux de 8,7% et de la BH avec une croissance de 8,4%.

Avec une croissance des crédits nets à la clientèle de 7,5%, la BIAT détrône la BNA en termes de taille des crédits et devient ainsi première banque tunisienne sur les quatre principaux indicateurs bancaires de taille (Fonds propres, Crédits, dépôts et PNB).

Créance nette sur l’Etat : forte croissance de l’encours des Bons du Trésor en portefeuille des banques.

Compte tenu du ralentissement de la croissance économique et corollairement de la collecte des impôts (aux cinq premiers mois de l’année 2016, les recettes fiscales n’ont progressé que modérément : 1,4% à comparer au taux de 11,4% prévu dans la Loi de Finances de 2016), le financement du déficit budgétaire a été, principalement, assuré par un recours intensif au financement intérieur.

Au terme du premier semestre 2016, le trésor a levé 1.638 MDT contre 784 MDT la même période l’année précédente. Cette levée représente 91% de son besoin annuel annoncé initialement (1.800 MDT).  

Le système financier résident a nettement renforcé sa part de marché dans la dette de l’Etat. Sur un total de 11.199 MDT d’encours de valeurs mobilières du Trésor, le système financier résident détient 8.071 MDT en accroissement de 839 MDT soit de 11,6% par rapport à ce qu’il détient fin décembre 2015.

Au 30 juin 2016, l’encours total du portefeuille titre commercial et investissement des banques cotées a progressé de 10,8% par rapport à son niveau de décembre 2015. En termes de taille, Amen Bank, BIAT et ATB détiennent les plus grands portefeuilles. En revanche et en matière de croissance, les trois banques publiques réalisent les plus forts taux d’accroissement de la taille de leurs Portefeuilles titres à hauteur de 20% chacune derrière l’UBCI.

Evolution des ressources des banques

 La masse monétaire, au sens de M3, a poursuivi sa reprise observée depuis le mois de mars 2016. Sur les six premiers mois de l’année en cours, la masse monétaire, a atteint  63,96 Milliards de dinars en croissance de 2,06 Milliards de dinars soit de 3,3% par rapport à son niveau au 31/12/2015, contre un accroissement de 0,84% la même période de l’année précédente.

Cette évolution est attribuée, à la fois, au regain de dynamisme des crédits à l’économie grâce en partie au financement de la licence 4G et à l’accélération des créances nettes sur l’Etat.

Dépôts auprès des banques

Principale composante de la masse monétaire (à hauteur de 67%), les dépôts auprès des banques (Dépôts à vue, DAT, CD et comptes d’épargnes) n’ont augmenté que de 1,4% sur les six premiers mois de l’année en cours contre une croissance de 9,5% de la monnaie fiduciaire (pièces et billets en circulation) ce qui dénote du besoin accru des banques en liquidité.

En ce qui concerne les banques cotées, les dépôts ont évolué à un rythme meilleur que celui de l’ensemble du secteur avec un taux de 2,4% entre décembre 2015 et juin 2016.

 

L’UBCI a réalisé la plus forte croissance de l’encours des dépôts suivie par la BT avec des taux respectivement de 15,2% et 7,8%. Toutefois, en volume, c’est Attijari Bank qui décroche la plus forte collecte avec un accroissement de ses dépôts entre décembre 2015 et juin 2016 de 350 MDT suivie par l’UBCI avec un accroissement de 298 MDT. Au 30 juin 2016, Attijari Bank franchit la barre des 5 Mrd de dinars de dépôts alors que la BT franchit le seuil des 3 Mrd de dinars.

Attijari Bank s’offre ainsi la 4ème position dans le classement de la taille des dépôts au détriment de l’Amen Bank. De son côté, la BIAT détient la part de lion des dépôts de la clientèle du système bancaire avec un encours au 30 juin 2016 de 8,3 Mrd de dinars suivie par la BNA et la STB.

Structure des dépôts

Contrairement à la transformation sensible de la structure des emplois des banques, la structure des dépôts au 30 juin 2016 des banques est restée quasiment la même comparée à celle du 31-12-2015. Les dépôts des banques cotées sont constitués, à hauteur de 36% de dépôts à vue, 30% de comptes d’épargne et 33% d’autres dépôts principalement sous forme de DAT et CD.

Etant composé à hauteur de 53% de dépôts à vue (ressources les moins onéreuses), la structure des dépôts de l’UBCI  est la plus avantageuse, du secteur coté, relayée par la BIAT (49%) et Attijari Bank (43%).

Liquidité bancaire et taux d’intérêt

La liquidité structurelle, mesurée par le total des facteurs autonomes de la liquidité (FAL), s’est détériorée au cours du premier semestre 2016. Le besoin structurel des banques en liquidité s’est élevé à 5 915 MDT fin juin 2016 contre 4 742 MDT fin décembre 2015. Cette évolution porte la marque de l’effet restrictif exercé par les avoirs nets en devises en contraction de 2026 MDT durant le premier semestre 2016.  Les pressions sur la liquidité se sont accentuées en juin suite à l’aggravation de l’effet saisonnier provenant de la hausse des billets et monnaies en circulation (BMC) en relation avec les retraits importants effectués par les ménages pour faire face aux dépenses du mois de Ramadan, de l’Aid El Fitr et de la période estivale. 

L’accentuation du déficit de liquidité des banques a induit une intensification du recours des banques au financement auprès de la Banque centrale. Le volume global de refinancement moyen a atteint en juin son niveau historique le plus élevé de 6 313 MDT.

Le refinancement accordé par la Banque Centrale aux banques, effectué pour l’essentiel sous forme d’appels d’offres à 7 jours (souvent 1 point de base au-dessus du taux directeur), a permis de contenir les pressions sur le taux d’intérêt du marché monétaire (TMM). Le T4M (Taux Moyen Mensuel du Marché Monétaire) a fluctué, au cours du premier semestre 2016 entre 4,2 et 4,32% contre une moyenne annuelle 2015 de 4,71%.

Mutation sensible du Business Model des banques

Compte tenu de que qui a été exposé ci-haut, et tenant compte de l’évolution des principales variables agissant sur l’activité des banques dont principalement :

  1. Ralentissement de la croissance économique et de l’investissement ;
  2. Montée de l’aversion au risque des banques face à une dégradation de la qualité de signature des emprunteurs ;
  3. Besoin accru de financement du Trésor ;
  4. Ralentissement de la croissance des dépôts ;
  5. Fuite de la liquidité en dehors du système bancaire et expansion des Billets et monnaie en circulation ;
  6. Intervention massive de la BCT pour le refinancement court terme des banques afin de contenir le TMM à des niveaux proches du taux directeur.

Les banques tunisiennes ont pu (ou du) s’adapter au nouveau contexte économique en réorientant une bonne partie de leur ressources à l’élargissement de la taille de leurs portefeuilles titre commercial et d’investissement. Ce dernier a augmenté de 1 Mrd de dinars pour les banques cotées, soit de 10,8% entre décembre 2015 et juin 2016 contre une évolution des crédits de 5,1% seulement, qui rappelons le, ont été dopé, en partie, par les crédits consentis aux opérateurs téléphoniques. La hausse de la taille du portefeuille titres des banques a été orientée principalement pour l’acquisition de BTA, surtout que le Trésor a levé (en net de remboursement) au premier semestre 2016 plus de 620 MDT. 

Le besoin accru de financement du Trésor a profité aux banques résidentes, dans la mesure où les BTA offrentun rendement attractif dépassant les 7% pour les maturités longues, Tout en s’acquittant d’un rendement de plus ou moins 7%, les banques récupèrent la liquidité des sommes investies en BTA à travers leur remise à la BCT comme collatéral pour leur refinancement à un taux proche du taux directeur (4,26% pour l’Appel d’Offre à 7 jours).

A travers ces investissements sur le long terme et le refinancement itératif sur le court terme, les banques assurent ainsi un Spread de taux de plus 2,7% (en brut) sans supporter des coûts inhérents au risque émetteur. Les banques bénéficient ainsi d’un effet de levier Monétaro-budgétaire.

Croissance du PNB des banques cotées de 9,9%

La Banque Centrale de Tunisie s’est efforcé d’un côté de maintenir le taux directeur à des niveau bas dans l’espoir de relancer l’investissement et d’un autre coté compenser le déficit de liquidité des banques afin de maintenir le TMM proche du Taux directeur, au prix d’un volume global de refinancement qui frôle aujourd’hui les 8 Milliards de dinars.

Face aux changements de l’environnement économique et budgétaire et la politique de la BCT, les banques cotées ont profité de cette situation pour réaliser une croissance de leur PNB au premier semestre 2016 de 9,9% par rapport à la même période de l’année précédente.

Trois banques seulement réalisent une croissance positive de leur Marge d'Intermédiation Financière (MIF)

La BTE réalise la plus forte croissance du PNB (43,8%) dopée par la croissance de la MIF de 64,4% (effet taille et repositionnement de la banque) mais aussi de la marge sur commission de 24,8% et des revenus de portefeuille de 23%.

La BT réalise une croissance du PNB de 9,6% en ligne avec la croissance de l’activité cœur de métier, soit la Marge d’Intermédiation Financière, de 9,8%. Les revenus de portefeuille n’ont augmenté que de 4,7%.

L’ATB augmente son PNB de 6,4%, grâce aux revenus de commissions en hausse de 24,7% et de la MIF de 4%. Toutefois, les revenus de Portefeuille n’ont augmenté que de 1,1%, soit le taux le plus faible du secteur. Ceci est justifié par la forte exposition historique de l’ATB sur l’activité gestion de portefeuille. Au premier semestre 2015 : 47% du PNB provient des revenus de portefeuille de l’ATB, une part qui est ramené à 45% au premier semestre 2016.

Huit banques cotées enregistrent une croissance du PNB en dépit de la baisse de la MIF

A l’exception de la BTE qui s’est démarquée par une forte croissance et parallèle des trois composantes du PNB du fait d’une stratégie de croissance agressive et de repositionnement sur la place, toutes les autres banques qui ont vu leur MIF évolué négativement, ont enregistré une croissance de leurs revenus de portefeuille de plus de 20% et réaliser au passage les plus forts taux de croissance du PNB.

La BH s’est distinguée avec la réalisation d’une croissance de son PNB de 17,2% portée par la croissance de la marge sur commission de 31,2% mais surtout des revenus de portefeuille qui ont grimpé de 53,7%. Venue au bon moment, la levée de 110 MDT à l’occasion de l’augmentation de capital en numéraire réalisée en 2015 par la BH a permis à la banque d’assainir la qualité de ses actifs et de renforcer la taille de son portefeuille titre de 19%. 

Evolution des charges opératoires

Les charges opératoires des banques (hors dotations aux amortissements sur immobilisations) ont augmenté de 9,3% face à une montée du PNB de 9,9% au cours du premier semestre 2016. En harmonie avec l’accélération du rythme d’activité, la BTE affiche, en toute logique, la plus forte hausse des charges opératoires.

A l’opposé AMEN BANK, ATB, enregistrent une montée des charges à une cadence largement supérieur à celle du PNB. De même, mais à un degré moins prononcé : BNA et Attijari Bank ont vu leur charges opératoires augmenter plus rapidement que le PNB.

* Hors charges d'amortissements des immobilisations    

Croissance du RAIP : Résultat semestriel Avant Impôt, Provisions et Amortissements

L’effet combiné de l’évolution du Produit Net Bancaire et de celui des charges opératoires fait ressortir un taux de croissance du RAIP des banques cotées de 10,1% et un taux de rentabilité opérationnel (RAIP/PNB) de 56%. 

1.Concours à l’économie = Crédit à l’économie + PF titres

2.Ressources : dépôts de la clientèle + emprunts obligataires + ressources spéciales

Malgré une structure de capital handicapante (faible appui des actionnaires majoritaires), la BTE se repositionne progressivement sur la scène bancaire grâce à une stratégie commerciale et opérationnelle assez agressive.  Rappelons que la BTE, affaibli par sa taille, son Ex statut de banque de développement et la passivité de ses actionnaires, a beaucoup peiné entre 2011 et 2014.

Toutefois, aujourd’hui l’exiguïté de sa taille joue en sa faveur pour afficher les meilleurs taux de croissance de résultats pour les années à venir après deux exercices 2013 et 2014 qui ont été fastidieux pour l’ex banque de développement suite à l’application des dispositions de la circulaire N° : 2013-21 relative aux provisions additionnelles. D’un autre côté, sa taille actuelle ne lui permet pas de profiter pleinement des économies d’échelles. Par conséquent, les ratios de rentabilité opérationnelles demeurent en dessous de la moyenne du secteur mais meilleurs que ceux de l’UBCI.

Loin derrière la BTE, la Banque de l’Habitat réalise le second meilleur taux de croissance du RAIP avec 21,6%. La force de la BH réside aujourd’hui dans sa capacité à réaliser les plus forts taux de croissance de ses résultats tout en affichant les meilleurs taux de rentabilité opérationnels. La BH est classée troisième banque plus rentable (moyenne du ratio RAIP rapporté aux emplois, aux ressources et au PNB) derrière la BT et AMEN BANK.

A l’opposé, AMEN BANK  enregistre la plus faible croissance du RAIP. Ceci est justifié par le changement du modèle d’affaire de la banque. Ayant longtemps opté pour un modèle de croissance agressif qui lui a permis de se positionner en quelques années au rang des trois premières banques du pays, AMEN BANK s’oriente désormais vers un modèle de croissance plus équilibrée. AMEN BANK demeure la deuxième banque plus rentable sur le plan opérationnel et première banque en termes de taille du portefeuille titre commercial et d’investissement.

Deuxième plus faible croissance du RAIP est attribuée à l’ATB, malgré la prépondérance de son portefeuille en BTA relativement à sa taille. Les revenus de son  portefeuille titre n’ont augmenté que de 1,1%. Ceci est justifié en partie par la taille historiquement importante de son portefeuille titre. Ce dernier n’a augmenté au 30 juin 2016 que de 1,5%.

2- Projections des résultats nets annuels 2016

L’estimation du résultat net 2016 est certes tributaire du résultat de l’exploitation mesuré par le RAIP mais aussi par la qualité des actifs et donc de l’effort requis des banques pour la couverture des créances classées par les provisions.

A l’image de l’évolution du RAIP, la BTE, la BH et la STB réaliseront les plus fortes croissances de bénéfices en 2016 comparativement à 2015. La 4ème position sera attribuée à la BNA. La croissance des bénéfices de la BTE, STB et BNA est justifié par l’important effort de provisionnement consentis en 2015.

Toutefois la BH, ayant déjà finalisé le programme d’assainissement de son portefeuille depuis 2014, inscrira une croissance autour de 40% pour la deuxième année de suite. La Banque de l’Habitat a concrétisé en 2015 un plan de recapitalisation réalisé en deux phases : Emission d’un Emprunt obligataire subordonné pour un montant de 90MDT au cours du mois d’avril 2015 et une  augmentation de capital pour un montant de 110 MDT clôturée au mois de septembre.

Ce programme a permis à la banque de se conformer aux exigences prudentielles de la BCT, soit un ratio de solvabilité au moins de 10% et un ratio Tier 1 de 7%. L’amélioration significative des ratios de couverture des risques et de solvabilité, ont hissé la BH aux standards des banques privées.

Par ailleurs, il est attendu que la BNA et la BH distribuent des dividendes en 2017 au titres de l’exercice 2016 respectivement de 0,400 et 1,000 Dinars par action ce qui représente un PaY Out respectivement de 40% et 33%. La BTE pourra également distribuer un dividende entre 0,700 et 1,000 Dinar par ADP au cas où la banque décide d’imputer les reports négatifs sur ses réserves. Pour les autres banques nous avons conservé le même Pay Out que l’année précédente.

En terme de ratios boursiers, la BH offre le niveau de valorisation le plus attractif. La croissance des bénéfices et l’amélioration des fondamentaux de la banque ont été plus rapide que la hausse du cours de 89% en 2015 et 41% en 2016. Au cours actuel, l’action BH s’échange à un multiple de ses bénéfices 2016 de 5,7 fois seulement.

En conclusion, la combinaison des ratios de rentabilité opérationnels, des ratios boursiers et de la rentabilité financière mesurée par le ROE, fait ressortir les titres BH, BIAT et Attijari Bank comme les meilleurs choix d’investissements des banques cotées avec un Up Side assez important pour la BH.

Moez Hadidane - Gestionnaire de Fonds

 



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